47e Session du Conseil des ministres de l’OCI : à Niamey, la lutte contre le terrorisme au cœur du conclave des chefs de la diplomatie des pays musulmans

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La capitale nigérienne abrite, du 27 au 28 novembre 2020, les assises de la 47e session du Conseil des ministres de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI) qui se tient sous le thème : « unis contre le terrorisme pour la paix et le développement ». Au menu du conclave des chefs de la diplomatie des pays membres qui ont fait massivement le déplacement, la lutte contre le terrorisme, la gouvernance mondiale dans le contexte actuelle marqué par l’amplification des crises de tout ordre ainsi que l’élection d’un nouveau secrétaire général de l’organisation.

C’est le Président de la République Issoufou Mahamadou qui a présidé la cérémonie d’ouverture officielle de cette 47e session du Conseil des ministres de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI) qui a débuté avec un hommage à la mémoire de l’ancien président nigérien Tandja Mamadou, rappelé à Dieu le mardi 24 novembre dernier. Dans le discours qu’il a prononcé en cette occasion (voir en intégralité sur actuniger.com), le chef de l’Etat a fait un rappel du processus ayant conduit à la création, à Rabat au Maroc en 1973, de l’OCI dont le Niger, « profondément attaché aux valeurs de l’Islam »,  est membre fondateur. « Si j’ai voulu rappeler certaines valeurs de l’Islam et ce que doivent être les vertus du croyant, c’est bien parce que je pense que cela est utile dans l’examen du thème de notre 47ème session du Conseil des Ministres des Affaires Etrangères de notre Organisation : « unis contre le terrorisme pour la paix et le développement », a indiqué le président Issoufou qui a saisi l’occasion pour lancer « un appel à tous pour une totale solidarité avec tous les pays qui luttent contre le terrorisme, en particulier avec ceux du Bassin du Lac Tchad et du Sahel ». Selon le chef de l’Etat, les pays musulmans ont le devoir de faire taire d’abord les crises qui secouent les différents Etats membres pour mieux lutter contre le terrorisme. Selon Mahamadou Issoufou, « les solutions aux crises politiques et conflits entre Etats membres passent par le renforcement de la médiation et de la conciliation ».

« Notre Oumah doit être unie et solidaire dans le combat contre l’hydre terroriste. Aujourd’hui, c’est dans ce combat que doit se manifester le plus notre solidarité. Le terrorisme est le plus grand ennemi de notre religion. Le terrorisme trahit l’Islam. La preuve est qu’il frappe les pays membres de la Oummah Islamique car 82% des victimes du terrorisme sans le monde sont des musulmans dont les pays sont par ailleurs économiquement et socialement dévastés. La Lutte contre le terrorisme est une lutte multiforme, idéologique, militaire et économique. Le rappel des valeurs de l’Islam démontre que nous sommes bien armés sur le plan idéologique. Sur le plan militaire, il est impératif de mutualiser nos capacités. Sur le plan économique, nous devons renforcer notre solidarité afin d’éradiquer la pauvreté qui constitue le principal terreau sur lequel prospère le terrorisme ». SANS Issoufou Mahamadou,

Poursuivant son allocution, le président nigérien a évoqué la pandémie du Covid-19 et ses conséquences dans tous les domaines de la vie de la communauté avec « une récession d’une ampleur inégalée ». « La COVID-19 a mis à nu les faiblesses de le gouvernance mondiale », a ajouté Mahamadou Issoufou qui a réitéré son souhait pour une réforme de la gouvernance politique et économique mondiale actuelle de manière à ce qu’elle intègre, « la nécessaire solidarité entre les humains, entre les générations actuelles et les générations futures, entre les nations riches et les nations pauvres, et les questions de sécurité qui sont indispensables à la prospérité humaine ». Le chef de l’Etat a aussi plaidé pour le renforcement des relations économiques et la promotion des investissements entre les pays membres avant de rappeler la position de l’organisation sur la question palestinienne que le président Issoufou a mis en exergue, appelant à ce que « la question palestinienne demeure au cœur des préoccupations de la Oummah ».  En terminant son discours, le chef de l’Etat a rappelé la demande du Niger pour la transformation du Bureau régional de l’OCI à Niamey, en une Représentation régionale pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel et qui sera chargée de mobiliser l’engagement politique et les captativités humanitaires, ce qui lui permettra selon le président Issoufou, « de mener plus efficacement ses missions, conformément à ses objectifs ».

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Solidarité contre le terrorisme et union pour la paix et le développement

Plusieurs autres allocutions ont été prononcées au cours de la cérémonie officielle du Sommet qui s’est déroulée en présence du secrétaire général de l’organisation, des chefs de diplomatie des pays membres, des représentants d’organisation internationales, continentales et régionales, des responsables d’institutions du Niger, des représentants du corps diplomatique ainsi que de nombreux invités.

Dans son discours, le SG sortant de l’OCI, Dr Yousef A. Al-Othaimeen, a, entre autres, abordé largement la question du terrorisme, thème principal du Sommet, et qui constitue aujourd’hui le principal défi  pour les pays membres de la communauté islamique, « une région qui est le théâtre des conflits, d’affrontements, terrorisme et montée de l’extrémisme ». La représentante de la Commission de l’UA, Mme Amira Elfadil Mohamed, a salué  les relations excellentes qui existent entre les deux institutions et a appelé au renforcement du partenariat entre l’Union africaine et l’UA qui partagent une vision commune sur beaucoup de dossiers stratégiques au niveau mondial et panafricain.

Dans son discours, le nouveau président du conseil des ministres des Affaires étrangères de l’OCI, le chef de la diplomatie nigérienne Kalla Ankourao, a tout d’abord tenu à rappeler l’engagement indéfectible et l’attachement du Niger à la principale organisation de la Oummah islamique. « Le Niger a toujours porté à cœur l’OCI, dont le poste de Secrétaire général a été occupé par un des fils du Niger, j’ai nommé le docteur Hamid Algabit, durant deux mandats. Le Niger abrite également l’une des importantes Universités islamiques créées par l’OCI. C’est dire combien notre attachement à l’OCI est réel et notre engagement pour son rayonnement n’a jamais fait défaut », a-t-il souligné avant d’ajouter que « le Niger  a toujours cru en la capacité de notre organisation à favoriser le rayonnement de l’Islam et l’épanouissement des musulmans dans le monde. L’Islam est une religion de paix, de tolérance, de pardon et de respect de l’autre. Ces préceptes constituent le socle de notre grande religion qui tient au respect de ses valeurs ».

Il a ensuite abordé le thème de la Session qu’il a entamé en appelant les participants à la rencontre de Niamey ainsi qu’aux pays membres de continuer à promouvoir le respect de toutes les religions et à cultiver le vivre ensemble, des comportements et valeurs  qui sont « nécessaires à la paix et à la sécurité internationales qui sont des principes chers que nous partageons tous, notamment dans le cadre de l’Organisation des Nations Unies, de l’Union Africaine, de la Ligue Arabe et de toutes les autres organisations pertinentes auxquelles nous sommes parties ». Pour le chef de la diplomatie nigérienne, dans le contexte actuel de lutte contre le terrorisme particulièrement pour les pays musulmans, « laisser place à un discours contre l’Islam, c’est remettre en cause ces idéaux, favoriser et donner raison aux terroristes dont le but est de ternir l’image de l’Islam et des musulmans, c’est tomber dans le piège qu’ils ne cessent de nous tendre quotidiennement et de manière de plus en plus sophistiquée. Nous appelons donc à plus de hauteur de vue, de pondération et de responsabilité ».

« Je voudrais rappeler la préoccupation de nombreux musulmans face à la résurgence, dans plusieurs régions du monde, du mouvement raciste dans le but d’inciter à la phobie, à la haine, au rejet et à l’hostilité contre les migrants, les personnes en situation de précarité, et même d’autres personnes sur la base de leurs croyances. Ces comportements condamnables doivent interpeler les gouvernements afin qu’ils interdissent beaucoup plus vigoureusement tout discours ou tout acte qui tolère, encourage ou incite à l’hostilité contre les personnes du fait de leur appartenance à une religion ». SEM Kalla Ankouourao, ministre des Affaires étrangères du Niger, Président du Conseil des ministres de l’OCI.

La cérémonie officielle d’ouverture s’est poursuivie avec les interventions des représentants des différents groupes géographiques de l’organisation. C’est le chef de la diplomatie tunisienne qui a parlé au nom des pays arabes et son homologue chef de la délégation de la Turquie pour le compte des pays asiatiques. Dans les messages qu’ils ont adressé à cette occasion, ils ont prôné la nécessiter de promouvoir la culture  de la paix, de la tolérance et de la cohabitation pacifiques pour un monde meilleur. Au titre des pays africains, c’est la ministre des affaires étrangères du Sénégal qui a pris la parole et dans son allocution, Mme Aissata Fall Sall a surtout plaidé pour que les pays africains aient plus de responsabilité au sein des organes de l’OCI. Elle a aussi évoqué la question des relations économiques entre les pays membres qui sont loin du potentiel en la matière. « Si le volume des échanges intra-OCI, estimé par le Centre islamique pour le développement du commerce (CIDC) à 481 milliards de dollars, est satisfaisant, la part de l’Afrique, elle, reste marginale. Près de 75% de ces échanges sont concentrés dans seulement dix (10) pays membres » a fait par exemple relever la diplomate pour qui, «dès lors, des efforts supplémentaires doivent être menés en vue d’atteindre l’objectif de doter l’Afrique de 25% du commerce intra-OCI à l’horizon 2025 ».

Les travaux se sont poursuivis avec les réunions des ministres des Affaires étrangères ainsi que ceux des experts. Des entretiens entre délégation et avec les autorités du Niger sont également au menu de cette 47e session qui se déroule au Centre International des Conférences Mahatma Ghandi de Niamey. Près de 500 personnes ont répondu présent au Sommet de Niamey, le second du genre qu’organise le Niger après celui de 1982. Les travaux prendront officiellement fin ce samedi 28 novembre avec l’élection d’un nouveau secrétaire général de l’organisation ainsi que l’adoption d’importantes résolutions et recommandations à travers une déclaration finale qui sanctionnera le Sommet de Niamey. A noter que le Conseil des ministres et la deuxième instance la plus importante de l’OCI après la Conférence des chefs d’Etat des pays membres de l’organisation.

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Ikali Dan Hadiza (actuniger.com)





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