À MEMORIAM OUMAROU Ali BEIDI, dit ALZOUMA Adieu ami et frère de 50 ans et plus!

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Né le vendredi 17 juin 1955 et rappelé à Allah SWT dans la nuit du vendredi 8 mai 2020, Alzouma, déclinaison d’Aldiouma, nom donné aux Peuls nés en ce jour saint de notre religion. Cela signifie que vous méritez vraiment votre nom Alzouma.

“Vivre sans amis, c’est mourir sans témoins”, a déclaré le poète George Herbert. Sous cet angle, Alzouma Ali Beidi, vous ne manquerez certainement pas des centaines de témoins qui étaient autant d’amis pour vous. Donc, autant dire tout de suite, je ne serais qu’un témoin parmi des milliers d’autres. Amitié, vous étiez un expert dans l’art de le nouer, de le cultiver et de le maintenir. Comment avez-vous fait? Je dirais que c’était naturel pour toi. Comme Mère Teresa, pour vous, Alzouma, “le sentiment de ne pas être aimé est le plus grand de la pauvreté”. C’est pourquoi, tout au long de votre vie, vous vous êtes efforcé de cultiver l’amitié et la fraternité autour de vous. Vous avez été, je peux en témoigner, le ciment de plusieurs groupes d’amis qui, sans vous, n’auraient peut-être jamais pu socialiser, et encore moins nouer des amitiés. Votre statut de prince de sang, de père et de mère n’était probablement pas étranger à cette extrême générosité.

C’est pourquoi, nous qui sommes restés dans le cercle de vos amitiés depuis des décennies, nous avouons que nous avons tous subi une très grosse perte avec votre disparition, Oumarou Ali Beidi, ou tout simplement Alzouma pour nous vos frères et amis d’un demi-siècle . Une amitié qui s’est perpétuée, dis-je, depuis un demi-siècle, jusqu’à cette nuit du Vendredi Saint de notre religion que vous avez choisi de vous retirer.

Cela signifie que nous ne nous reverrons pas le vendredi à la Fada près de la mosquée du Nouveau Marché, notre lieu de rencontre habituel.

J’ai été cueillie à froid, très tôt ce vendredi 08 mai, par la terrible nouvelle de votre disparition, vous Alzouma Ali Beidi, l’amie et le frère. A vrai dire, j’ai été immédiatement prise de doute la veille par le silence de la profession médicale, après vous avoir vu inanimé à travers la vitre de la salle de réanimation de l’hôpital de Niamey, quelques heures seulement avant le moment fatidique. Il fallait donc savoir déchiffrer ce lourd silence parlant. J’ai été encore plus édifié quand j’ai trouvé assis dans la cour de l’hôpital Massaoudou, Amadou Hadari, Himou Courmo, Dioffo, votre garde rapprochée, le même qui, il y a quelques semaines, faisait partie du parti Hottungo de la Kawtal Waafakey Association à Birni (Bayero ), votre ville natale préférée. Cette ville que vous m’avez fait visiter tant de fois, presque tous les week-ends et pendant les vacances scolaires dans les années 70, avec cette traditionnelle randonnée sur la colline au lever ou au coucher du soleil … Et pour se souvenir de nos interminables discussions, appuyées contre le mur de La Poste alors supervisé par le père Hassoumi, face à l’avenue principale devant le Palais du chef de canton, à l’époque d’abord votre oncle, puis votre propre père. Vous nous (puisque Massoudou était classe), avez assuré vos conférences sur la vie, pour lesquelles vous étiez loin devant votre génération. Je réalise maintenant leur importance, puisque Sage Amadou Hampathé Ba l’a dit: “… l’école délivre des diplômes, mais c’est dans la vie que l’on s’entraîne”. C’est pourquoi, je vous ai toujours appelé secrètement “Professeur”. Vous étiez une encyclopédie vivante avec une mémoire d’éléphant.

Je vous suis donc plus que reconnaissant d’avoir quitté la solitude, l’adolescent orphelin timide que j’étais en me communiquant votre légendaire joie de vivre, et en me léguant vos précieuses amitiés, les seules qui me servent encore aujourd’hui. hui. Depuis le milieu des années 60, lorsque nos chemins se sont croisés, d’abord à la New Boys School (John Wright School), puis plus tard, autour de nos frères et sœurs et d’un cercle d’amis, depuis lors, nous ne nous sommes plus quittés.

Pour paraphraser à nouveau le prolixe Communicant Domingo Mané, “Alzouma, vous avez traversé le fleuve de l’éternité, sans même vous retourner … Aviez-vous vraiment le choix? Pourriez-vous enfreindre les règles du jeu, où le Best of Creatures (PSL) n’avait pas d’objection à l’appel de la Miséricorde. Le décret du sceau indélébile tombe comme un couperet. Il est écrit qu’il en serait ainsi jusqu’au jour où le tapis de la terre et le voile des cieux seront définitivement pliés…. , regardez le monde des mortels avec amusement. Un monde où l’illusion d’être éternel accompagne nos actions quotidiennes, avec en prime la vanité de ceux qui sont au sommet de la pyramide de Maslow. “

Donc, comme d’habitude, j’essaierais, comme le recommande l’écrivain, Brigitte Hue-pillette, le dernier sédatif, car comme elle, “L’écriture est mon combat, mon refuge, mon remède, ma guérison, mon filtre magique … mon miroir magique” .

Alzouma Beidi, vous avez été un être plein de chaleur et de joie de vivre, c’est pourquoi notre douleur est grandement justifiée.

Je vous certifie qu’ils étaient tous chez vous, ce vendredi matin, les membres des “Teens” de la petite enfance et de l’adolescence, à savoir Mamadou Ly, Hassane Mossi, Kimba Garba Sounakoye, Hamani Hima, Himou Courmo, Issoufou Diamballa, Boureima Béro Djermakoye, Ali Issa Maiga et d’autres amis de toujours… ..Adam Dan Maradi, Massoudou, Alkache Alhada, Hama Altiné, Maikoudi, Amadou Hadari le neveu, Hassane Chékou Koré, Kabirou Alzouma, Boubé Soumaye, Hamoudi, Aoudi, Bachir Ali Maazou, Mamoudou maiga, Seydou Amadou, Hamidou Mossi, le grand frère et ami, Lolo, Boubé Hassane, le cousin et des centaines d’autres avec qui je m’excuse à l’avance, il y en a tellement…mais ils étaient tous là. Même ceux que je pouvais à peine reconnaître à cause du port d’un masque facial imposé par le méchant virus qui terrorise le monde et pourrit notre existence. Les seuls disparus étaient Ousmane Hamani Lossa basé à Maradi, Djibril Hanounou stationné à Abuja et Bassirou Ly, Moustapha Moumouni et Ibrahim Alassane, le père Issa Ibrahim, parti plus tôt pour l’éternel voyage.

Toute la bande des “Teen-agers”, des “Teens” pour les amis, était là pour dire au revoir. Au revoir, puisque nous serons tous tôt ou tard en route pour vous rejoindre. Je prendrais soin de ne pas mentionner nos sœurs qui étaient à nos côtés dans cette merveilleuse entreprise qui sont devenues des honorables grands-mères. Mais rassurons tout le monde, les soirées de l’époque ont commencé à 8h00 et se sont terminées à minuit au plus. Il n’y avait ni télévision, ni lecteur MP3 – 4, ni ordinateur portable, encore moins Facebook, Twitter ou WhatsApp. C’était du vinyle …

Notre amitié, je fais le point aujourd’hui. Comme un roseau, il s’est plié, mais n’a jamais éclaté, malgré les vicissitudes de la vie politique au cours des dernières décennies qui ont hélas sonné le glas de tant d’amitiés, voire de relations solides ébranlées … La politique, après les années 90, est soudainement devenue un jeu moins noble. Un jeu dangereux qui consistait à choisir son camp, un exercice périlleux quand on sait que tout choix signifiait nécessairement abandonner. J’en sais quelque chose, car tu en as vraiment souffert. Nous avons tous les deux souffert. C’est pourquoi notre amitié a résisté à l’épreuve du temps.

Je ne peux pas le dire assez, nous étions des adolescents imprégnés de la joie de vivre des années 60 et 70, et de la véritable amitié, de la vraie solidarité, qui nous ont été offerts sur un plateau d’argent. Ces années avant la «politique» où les relations étaient saines, ces années où Niamey avait sa «petite forêt» au bord de laquelle nous restions à converser, de longues heures pendant lesquelles vous m’accompagniez au pensionnat du National High School!

Vous n’avez pas été surpris depuis que Sage Amadou Hampâthé Bâ, toujours lui, vous a prévenu dès votre naissance: “vous êtes entré dans une existence dont vous ne sortirez pas vivant, quoi que vous fassiez”. Je n’ai pas été surpris que le Grim Reaper vous ait fixé cette date fatale aux portes de Birni. Elle était certaine, cette vilaine fille, qu’elle ne pouvait pas te manquer.

Enfin, en ce qui concerne la mort, je ne me lasserai jamais de me souvenir des paroles de Stendhal pour nous restitants: “Puisque nous ne pouvons pas l’éviter, oublions-le!”.

Nous rejoignons Zarra, votre douce moitié, dans une hospitalité légendaire, vos enfants Aissa dit Mamy, Hadiza dit Coubra, Mamane Bello et Akilou pour prier pour le repos éternel de votre âme au paradis!

Repose en paix Alzouma, le frère / ami de 52 ans!

Par Djibril Baré



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