À Paris, le stationnement payant des deux-roues à essence divise

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La maire de Paris Anne Hidalgo passe à la vitesse supérieure : les motos et les scooters à essence devront, à partir de 2022, payer 50 % des tarifs des voitures pour stationner dans la capitale. La mesure fait débat.

Nouvelle taxe scandaleuse ou “mesure juste”, comme la qualifie la mairie de Paris ? Les avis divergent. La municipalité parisienne a annoncé, mardi 15 juin, que le stationnement des deux-roues motorisés serait payant dès 2022 dans les rues de la capitale. La mairie espère ainsi récupérer plus de 20 millions d’euros de recettes annuelles.

Adjoint à la maire Anne Hidalgo en charge de la transformation de l’espace public, l’écologiste David Belliard a précisé que les deux-roues électriques ne seraient pas concernés par cette mesure. “Désencombrer l’espace public, renforcer l’accessibilité, nous adapter aux mobilités plus propres, faciliter le travail des professionnels : le #stationnement change à Paris !”, s’est félicité l’élu sur son compte Twitter.


Les grands principes du stationnement demeurent. L’ensemble des deux-roues motorisés pourront continuer à se garer sur les emplacements pour voitures. Les futurs tarifs équivaudront à 50 % de ceux pratiqués pour les voitures, a indiqué l’élu, rappelant qu’il s’agissait d’un engagement de campagne de 2020.

“Excellente nouvelle pour favoriser le vélo”

“C’est une mesure juste et proportionnée puisque le tarif qui est proposé correspond à la moitié du tarif qui est payé par les automobilistes, plaide Christophe Najdovski sur FranceInfo.fr. Ça ne concerne que les véhicules thermiques et non pas les véhicules électriques. Il y a une gratuité qui est maintenue et c’est aussi une incitation. Il faut faire en sorte qu’on ait une conversion progressive vers des véhicules qui soient moins polluants, il est normal aussi que chacun contribue à l’utilisation de l’espace public.”

Sur son compte Twitter, l’association Paris en selle s’est réjoui de la mesure. “C’est une excellente nouvelle pour favoriser le vélo. À Paris, le trajet moyen d’un scooter c’est 4 km, soit 15 minutes à vélo. Garanti 100 % gratuit et totalement silencieux.”

Enthousiasme partagé par certains Parisiens sur les réseaux sociaux. “Une raison de plus d’aimer Paris en ce moment”, abonde cilwang sur son compte Twitter.

“Stop à cette agitation fiscale !”

D’autres voient dans cette mesure un nouveau moyen de taxer les particuliers au nom de l’écologie. “Les caisses de la ville de #Paris sont vides, le premier réflexe d’Anne #Hidalgo consiste donc à augmenter les taxes. Stop à cette agitation fiscale !”, s’indigne Pierre Maurin, élu centriste du 9e arrondissement.


“Une réaction, Valérie Pécresse ? Que proposez-vous pour défendre les habitants de grande et petite couronne contre cette bunkérisation de Paris ?”, invective, de son côté, Thomas Zlowodzki, conseiller municipal à Geneviève-des-Bois (Essonne).

Sur France Inter, Valérie Pécresse a critiqué l’injustice sociale de la mesure. “Quand on taxe, ce sont toujours les plus pauvres qui sont les plus pénalisés ! s’est désolée la présidente de la région Île-de-France. Face à l’envolée des tarifs de stationnement à Paris, je veux défendre une écologie positive qui incite et qui accompagne plutôt qu’une écologie punitive et antisociale qui interdit et qui taxe.”


Sur les réseaux sociaux, la mesure suscite aussi l’incompréhension. “Pourtant, en scooter, on désengorge la circulation et le #covid ne circule pas, à la différence des transports en commun à #Paris”, souligne Rémy Tissier sur son compte Twitter.

60 hectares transformés

Les mesures de réorganisation de la ville engagées par la maire socialiste ne s’arrêtent pas là. David Belliard a également indiqué que la moitié des places de stationnement en surface, soit entre 60 000 et 65 000 – l’équivalent de 60 hectares – allaient être transformées au cours du mandat au profit de trottoirs élargis, de pistes cyclables, d’espaces végétalisés, de terrasses ou de mobilier urbain.

Les professionnels du soin à domicile utilisant un deux-roues bénéficieront du stationnement gratuit, et les autres professionnels d’un tarif spécifique, a précisé l’adjoint, qui prévoit d’ajouter 5 000 places de stationnement aux 40 000 existantes pour cette catégorie de véhicules.

À noter que l’interdiction de stationner sur les trottoirs perdure, a-t-il dit, appelant la future police municipale parisienne à “sanctionner plus durement le stationnement sauvage” des deux-roues motorisés.


Création de place spéciales

Autre promesse de campagne : les élus comptent créer plus de 1000 places pour les personnes handicapées et plus de 1000 autres emplacements pour les véhicules en autopartage. Plus de places aussi pour les professionnels : 1 000 places pour les livreurs, 100 pour les taxis.

Les automobilistes ne sont pas épargnés par les mesures dissuasives souhaitées par les élus de la capitale. Dès le 1er août 2021, le tarif visiteur pour les automobiles passera de 4 à 6 euros l’heure dans le centre-ville (du Ier au XIe arrondissement) et de 2,4 à 4 euros l’heure dans les arrondissements extérieurs. “A Londres, c’est 8 euros”, a fait valoir David Belliard.


Les forfaits post-stationnement (FPS), qui remplacent depuis 2018 les contraventions, vont également connaître une nette augmentation : de 50 à 75 euros dans le centre, de 35 à 50 euros dans les arrondissements extérieurs.

Jusqu’ici gratuit, le stationnement dans les bois de Vincennes et Boulogne va devenir progressivement payant à partir de l’automne – à 4 euros l’heure, a également annoncé M. Belliard. “Cette réforme arrive après six mois de consultation qui avait pour objectif de repenser le stationnement pour supprimer la moitié des places dans nos rues et faire la part belle aux piétons, aux vélos et à la nature”, conclut l’élu écologiste sur son compte Twitter.

Avec AFP





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