après la mort du président Nkurunziza, les Burundais entre stupeur et inquiétude

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Sous le choc, mercredi, après la mort subite de leur président, Pierre Nkurunziza, les Burundais se demandent ce que l’avenir leur réserve, dans ce pays marqué par des crises politiques meurtrières et une longue guerre civile.

Les drapeaux ont été baissés en berne, mercredi 10 juin, dans la capitale économique du Burundi, Bujumbura, tandis que les 11 millions d’habitants ont entamé un deuil national d’une semaine en mémoire de leur président, Pierre Nkurunziza, décédé lundi “cardiaque”. arrestation “, selon le gouvernement.

En état de choc après la mort subite du président, au pouvoir depuis 15 ans, les Burundais se demandent ce que l’avenir réserve à leur pays, marqué par des crises politiques meurtrières et une longue guerre civile.

Pays meurtri par la crise politique

L’épouse de Pierre Nkurunziza, Denise Bucumi, est rentrée mardi soir à Bujumbura depuis Nairobi, où elle était hospitalisée depuis fin mai, a indiqué à l’AFP une source de la présidence burundaise sous couvert d’anonymat. De sources médicales, la Première Dame y a été soignée pour le Covid-19.

Grand sportif né de nouveau et chrétien évangélique qui considérait son pouvoir d’essence divine, Pierre Nkurunziza laisse derrière lui un pays profondément meurtri par une crise politique qui a fait plus de 1200 morts et entraîné l’exil de 400000 Burundais et une population appauvrie.

En avril 2015, sa candidature à un troisième mandat très controversé avait provoqué un vaste mouvement de protestation populaire réprimé dans le sang par les forces de sécurité, plongeant son pays dans une crise majeure et forçant l’exil de nombreux opposants, militants des droits. les droits de l’homme et les journalistes indépendants.

Rumeurs de la véritable cause du décès

Pierre Nkurunziza devait terminer son mandat le 20 août et passer le relais au général Évariste Ndayishimiye, son dauphin nommé par le parti au pouvoir CNDD-FDD et proclamé vainqueur de l’élection présidentielle du 20 mai, malgré les accusations de fraude massive de son principal rival . .

Mercredi, les membres du parti étaient encore sous le choc de la nouvelle de la disparition de l’homme qui a été élevé en février au rang de “Guide suprême du patriotisme” et qui devait rester très influent au sein du parti.

“Je ne comprends pas comment on nous dit que notre président, qui était (…) en bonne santé samedi, est mort comme ça en deux jours”, a réagi Gérard, militant du parti interrogé à Ngozi (nord), la maison province du défunt président.

Ce malentendu se retrouve également sur les réseaux sociaux où fleurissent les rumeurs sur la véritable cause du décès. Certains internautes se demandent si leur président n’a pas été empoisonné, d’autres s’il n’a pas été emporté par le Covid-19.

Le président Nkurunziza et son épouse ont à plusieurs reprises minimisé la gravité de la pandémie de coronavirus au Burundi, et des élections générales ont eu lieu malgré cela. Pierre Nkurunziza a notamment expliqué régulièrement que Dieu protégeait le pays et ses habitants contre le virus.

Remplacer

Pour le moment, le gouvernement ne s’est pas encore prononcé sur la transition du pouvoir.

Selon le professeur et politologue burundais Julien Nimubona, interrogé par l’AFP, il appartient au président de l’Assemblée nationale, Pascal Nyabenda, d’agir dans l’intérim jusqu’à la prestation de serment du nouveau président élu prévue le 20 août.

Pascal Nyabenda aurait été le premier choix de Pierre Nkurunziza pour lui succéder. Mais le groupe de généraux de la rébellion pendant la guerre civile (qui a tué 300 000 entre 1993 et ​​2006), et qui partageait avec le chef de l’Etat la réalité du pouvoir au Burundi aurait réussi en imposant l’homme de son choix, Évariste Ndayishimiye .

“Je ne pleurerai pas pour lui après tout ce qu’il nous a fait (…) Les exécutions extrajudiciaires, les tortures, tout ça, mais je regrette qu’il soit mort avant d’être jugé pour ces crimes”, feu Gertrude, une enseignante exilée du camp de réfugiés de Mahama au Rwanda, pour sa part.

Paul Kagame, président du Rwanda voisin, avec lequel le régime burundais a eu des relations exécrables ces dernières années, a exprimé ses condoléances au peuple burundais et à la famille de Pierre Nkurunziza.

Les présidents de l’Afrique du Sud, du Kenya, de la Tanzanie, de la Somalie, du Niger et du Premier ministre éthiopien ont également exprimé leur tristesse.

Avec AFP





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