après la vague verte, le retour de la gauche au premier plan?

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Le deuxième tour des élections municipales, dimanche, a été marqué par une vague verte à Marseille, Lyon, Strasbourg ou Bordeaux, tandis que les socialistes ont conservé leurs bastions à Paris, Nantes, Lille ou Rennes. Avec de tels résultats, la gauche espère signer son retour sur la scène nationale.

Et soudain, il y a de nouveau de l’espoir sur le côté gauche. En s’imposant dans la plupart des grandes villes françaises, dimanche 28 juin, lors du second tour des élections municipales, les candidats de cette famille politique ont ravivé la flamme parmi leurs partisans et leur ont fait oublier, l’espace d’une soirée électorale, les défaites historiques de 2017.

Alors qu’Europe Écologie-Les Verts (EELV) n’avait jusqu’à présent géré qu’une seule grande ville, Grenoble, depuis 2014, la liste des lauréats verts n’a cessé de s’allonger dimanche soir: Grégory Doucet à Lyon, Jeanne Barseghian à Strasbourg, Pierre Hurmic à Bordeaux – ville détenu par la droite pendant 73 ans -, Emmanuel Denis à Tours, François Astorg à Annecy, Anne Vignot à Besançon, Léonore Moncond’huy à Poitiers et, peut-être, en attendant le “troisième tour”, Michèle Rubirola à Marseille.

Les Verts n’ont jamais connu un tel succès aux élections municipales. Un an après leur bon score aux élections européennes, en 2019, leur nouveau statut de force centrale à gauche se perpétue désormais.

La performance des candidats EELV est d’autant plus spectaculaire qu’ils sont, pour la plupart, inconnus du grand public et qu’ils ont réussi à s’imposer, le plus souvent, face aux alliances entre Les Républicains (LR) et The République en mouvement (LREM). Peu de dirigeants du parti vert auraient parié sur une victoire de Pierre Hurmic à Bordeaux contre le maire et dauphin sortant d’Alain Juppé, Nicolas Florian, allié du macroniste Thomas Cazenave.

De même à Strasbourg, où les écologistes pouvaient légitimement craindre que l’alliance de dernière minute entre LR et LREM leur fasse perdre leur avance au premier tour, notamment en l’absence d’accord avec l’ancienne maire socialiste Catherine Trautmann. Mais Jeanne Barseghian a écrasé son concurrent avec environ huit points d’avance.

“Ce qui a gagné, c’est la volonté d’une écologie concrète, en action, qui propose des solutions sur les voyages, le logement, la nourriture, comment tisser l’économie locale”, s’est réjoui TF1 Yannick Jadot, député européen et ancien chef de la liste EELV pour les Européens, voir “un espoir autour du projet écologique”.

“Continuons à cultiver le séparatisme commun, plus que la chapelle”

Mais au-delà de la “vague verte” qui a marqué le second tour des élections municipales, le détail des victoires obtenues par les écologistes montre que celles-ci ont été possibles grâce aux alliances formées avec le Parti socialiste (PS), La France rebelle (LFI) , le Parti communiste (PCF) et Génération.s. Seul, EELV s’expose à des défaites, comme Stéphane Baly à qui il a manqué quelques votes, dimanche soir, pour déloger la socialiste Martine Aubry à Lille.

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Le secrétaire national, Julien Bayou, ne s’est pas trompé. “D’ici 2022, pour les échéances à venir, continuons à cultiver le séparatisme commun, plus que la chapelle”, a-t-il déclaré. Le patron d’EELV avait sans doute aussi en tête l’exemple marseillais de Michèle Rubirola, d’abord suspendue du parti pour avoir refusé la logique indépendante de la direction puis avoir été soutenue après être entrée en tête au premier tour grâce à l’union de gauche.

Le Parti socialiste a également passé une merveilleuse soirée. Dans l’ombre des victoires remportées par EELV, Anne Hidalgo a gagné à Paris, Johanna Rolland a gagné à Nantes, Michaël Delafosse a ravi Montpellier, Nathalie Appéré a gardé Rennes, François Rebsamen a été réélu à Dijon, Stéphane Le Foll l a gagné au Mans, etc.

Ardent défenseur du rassemblement de la gauche depuis son accession au poste de premier secrétaire du PS, Olivier Faure sort réconforté de cette – longue – séquence des élections municipales et veut croire à un tournant politique, trois ans après les élections d’Emmanuel Macron. “Un énorme élan monte sur toute la France, a-t-il dit. Toute la gauche et les écologistes remportent d’énormes victoires. C’est ce qui se passe, nous avons quelque chose dans ce pays qui arrive à naître, un bloc socio-écologique qui doit désormais consolidé. “

Les verts sont moins performants en dehors des zones métropolitaines

Tous les représentants des différentes forces politiques de gauche ont tenu un discours similaire dimanche soir, chacun voulant profiter de leur lumière.

Pour Benjamin Lucas, porte-parole de Génération.s, le parti fondé par Benoît Hamon, “une nouvelle respiration démocratique est possible avec les écologistes et la gauche pour le climat et la justice sociale. Soyons à la hauteur, préparons ensemble le rassemblement pour la changer en 2022 “, a-t-il tweeté.

Pour Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, parti qui perd son fief historique de Saint-Denis au profit du socialiste Mathieu Hanotin, “un tournant est pris pour plus de justice sociale et plus d’écologie. Même si l’abstention atteint un record, le signal envoyé au président de la République et à sa majorité est clair: les Français ne veulent pas de sa politique dans leur ville, ni dans le pays. “

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“C’est la première grande victoire de la gauche en huit ans” et la victoire de François Hollande à l’élection présidentielle de 2012, a salué Pierre Jouvet, porte-parole du PS. “Le défi aujourd’hui n’est pas de savoir qui les Verts ou les socialistes ont gagné. Nous avons montré qu’ensemble, nous sommes capables de susciter l’espoir. Ce doit être la première étape de la reconstruction d’une gauche capable de gagner en 2022”, a-t-il ajouté.

Attention toutefois à ne pas baser les résultats locaux sur une éventuelle dynamique nationale. Un récent scrutin présidentiel Ifop-Fiducial n’a donné à Yannick Jadot (EELV) que 8% au premier tour. La performance des Verts est également “bien pire en dehors ou autour des zones métropolitaines”, souligne l’AFP Émeric Bréhier, directeur de l’Observatoire de la vie politique de la Fondation Jean-Jaurès.





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