attaque meurtrière contre un site de réfugiés maliens

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Au moins trois personnes, dont deux réfugiés, ont été tuées dimanche lors d’une attaque djihadiste contre un site abritant des réfugiés maliens à Intikane dans l’ouest du Niger, a annoncé lundi l’ONU.

Au moins trois civils, dont deux réfugiés, ont été tués dimanche 31 mai aux mains de djihadistes au Niger. Les assaillants ont attaqué un site abritant des réfugiés maliens à Intikane dans la région de Tahoua (ouest du Niger) près du Mali.

“Hier (dimanche) tard à 16h30 heure locale (15h30 GMT), une cinquantaine de motards djihadistes ont attaqué le site de réfugiés d’Intikane. Trois personnes ont été assassinées”, a indiqué lundi 1euh Juin à l’AFP le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) à Niamey.

Les trois victimes sont “le président du Comité des réfugiés, le président du Comité de vigilance des réfugiés et le représentant du groupe nomade de Tahoua (chef coutumier nigérien)”.

Selon le HCR, un gardien “a été enlevé par les djihadistes” qui ont agi selon une “procédure bien pensée”.

Le village nigérien, Intikane, est une zone d’accueil des réfugiés (ZAR) où 20 000 Maliens vivent avec la population locale depuis 2013.

Eau empoisonnée

“Les djihadistes ont endommagé les installations du camp et notamment vidé le magasin d’alimentation et détruit le système qui alimente la zone en eau potable dans un rayon de 40 km”, explique l’agence onusienne.

Le système hydraulique saboté par les assaillants fournit de l’eau potable aux 20 000 réfugiés maliens, 15 000 autres Nigérians déplacés qui ont fui leur village à cause des violences djihadistes, et toute la population locale vivant dans cette vaste zone désertique, précise-t-elle.

“C’est grave, les terroristes ont détruit notre espace de vie”, a déclaré à l’AFP Alessandra Moreli, la représentante du HCR au Niger, “qui condamne cette attaque”.

“Les terroristes ont détruit des antennes relais téléphoniques” dans la région avant de perpétrer l’attaque, a indiqué à l’AFP une source sécuritaire.

Une longue liste d’attaques contre des camps de réfugiés

Ce raid rallonge la liste des camps de réfugiés maliens attaqués par des groupes djihadistes pendant quatre ans au Niger.

Vingt-deux soldats nigériens ont été tués en octobre 2016 à Tazalit lors d’une attaque contre un camp de réfugiés. En 2016, deux réfugiés maliens morts ont été tués à Tabarey Barey, un autre camp de l’ONU dans la région de Tillabéri. En octobre 2014, neuf membres des forces de sécurité ont été tués et deux réfugiés blessés lors d’une attaque similaire dans un troisième camp à Mangaize.

Selon l’ONU, le Niger abrite près de 60000 réfugiés maliens qui ont fui le nord du Mali tombés en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes, largement chassés par une intervention militaire internationale lancée en 2013 à l’initiative de la France.

L’ouest du Niger est le théâtre d’attaques fréquentes de groupes djihadistes, notamment du groupe État islamique au Grand Sahara (EIGS). Le Niger est également confronté à des attaques à l’est par des djihadistes de la nébuleuse de Boko Haram.

La violence djihadiste, souvent entrecoupée de conflits intercommunautaires, a fait quelque 4000 morts en 2019 au Burkina Faso, au Mali et au Niger, selon l’ONU.

Avec AFP



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