Au Malawi, de faux observateurs électoraux dénoncés par des résidents

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Daniel Mughogho, journaliste du site AIH News, a suivi l’affaire de près pour ses médias. Il explique :

Ces hommes ont été repérés dès leur arrivée en ville lundi soir, la veille des élections. Leur véhicule a été identifié parce qu’il était suspect: il avait une plaque d’immatriculation normale tandis que les voitures des observateurs électoraux avaient des plaques spécifiques, et il avait des vitres teintées. Et la rumeur disait que des hommes envoyés par le DPP venaient en ville pour être déployés en tant que soi-disant observateurs électoraux.

Dès leur arrivée en ville dans une camionnette, ils ont été suivis par plusieurs personnes, et dans une station-service où ils ont pris de l’essence, ils ont été pris à partie et remis aux soldats. Leur minibus a été brûlé. Les observateurs électoraux sont connus plusieurs jours avant le vote, chaque parti les déployant [partis politiques, ONG, organisations internationales, NDLR] doivent rendre leurs noms publics. Cependant, ces hommes n’étaient pas ceux qui avaient été déclarés observateurs par le DDP.

Devant un poste de police à Nkhotakota, le 22 juin. Crédit: AIH News.

Selon ce que la police a dit, chacun d’eux avait la somme de 100 000 kwacha (environ 120 euros) qui pourrait être utilisée pour corrompre les électeurs. L’un d’eux a dit qu’ils avaient été embauchés par le ministre de l’Intérieur et qu’ils avaient accepté parce qu’ils recevaient une retraite de la pauvreté.

De mon point de vue, si le DPP l’a fait, c’est parce qu’il a mal organisé sa campagne: il a fallu beaucoup de temps pour choisir le candidat à la vice-présidence [le vice-président sortant est membre d’un autre parti, qui appartient à la coalition d’opposition, NDLR] et a vraiment lancé sa campagne il y a moins de deux mois, lorsque l’opposition a commencé beaucoup plus tôt. En fait, il y a des parties du Malawi, en particulier dans le Centre [où se trouve Nkhotakota, NDLR] et dans le Nord, où le DPP n’a même pas fait campagne, on pourrait donc penser que cette manœuvre était un moyen de compenser cet échec.

Si l’incident du minibus ne devait pas perturber les élections, Medson Natachaya, un responsable de la Commission électorale, a rapporté lundi soir que les hommes eux-mêmes ont affirmé avoir été recrutés par le DPP pour “aider” le parti lors du vote du 23 juin à Nkhotakota. On a même assuré que c’était le ministre de la Sécurité intérieure, Nicholas Dausi, qui les avait approchés directement. Selon Medson Natachaya, aucun n’a été trouvé en possession de bulletins de vote truqués ou préremplis, tandis que des rumeurs circulaient dans ce sens. Le DPP a rejeté ces accusations, selon notre observateur.

L’élection présidentielle de 2019 au Malawi est la deuxième de l’histoire à être annulée en Afrique, après celle du Kenya en 2017. Les résultats doivent être annoncés dans les huit jours suivant l’élection.



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