au moins 3 000 victimes et 1 500 agresseurs en France

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Le président de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église catholique a estimé mercredi au moins “3 000” le nombre de victimes en France depuis 1950.

Au moins 3000 victimes et 1500 agresseurs: un premier bilan de l’ampleur du pédocrime dans l’Église en France depuis 1950 a été dévoilé mercredi 17 juin par la commission Sauvé, qui doit poursuivre ses travaux jusqu’à l’automne 2021.

“C’est la première fois” qu’une telle estimation est faite en France, a déclaré à l’AFP Jean-Marc Sauvé, président de cette commission, après avoir communiqué ces estimations lors d’une visioconférence.

De concert avec les associations, il a déclaré qu’il était “intimement convaincu qu’il y avait beaucoup plus de victimes”, faisant référence à “plusieurs milliers”.

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Ces chiffres provisoires proviennent d’un premier retour d’informations provenant d’enquêtes menées dans les archives des diocèses et des congrégations religieuses par la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase), créée en 2018 par l’épiscopat après plusieurs scandales.

Dans le même temps, la plateforme téléphonique pour les appels à témoignages mise en place par la commission il y a un an a reçu “5 300 appels”, a-t-il dit, ajoutant que certaines personnes étaient susceptibles de le contacter plusieurs fois. .

La difficulté, a-t-il expliqué, est de voir si ces deux sources – appels de plate-forme et travaux d’enquête – pourraient “se combiner”. Ces chiffres “ne se chevauchent pas mais peuvent s’additionner en partie”, a-t-il dit.

Appel à preuves prolongé jusqu’au 31 octobre

“On peut craindre que le nombre réel de victimes, sur la période concernée, soit deux, trois ou quatre fois plus élevé, car certaines ne le signalent pas”, a ajouté Véronique Margron, présidente de la Conférence des religieux et religieuses (sœurs, frères, etc.), qui finance le travail de Ciase aux côtés de l’épiscopat. “C’est forcément un bilan bas”, a-t-elle dit, “qui est à mettre au crédit de Ciase et de sa rigoureuse méthode scientifique”.

François Devaux, cofondateur de l’association des victimes La Parole libéré, a pour sa part salué “un travail exceptionnel jamais accompli en France avec autant de succès”. “Qu’en est-il du” nombre noir “, de tous ceux qui sont ignorés dans ce travail de quantification?”, A-t-il toutefois ajouté.

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“Il faut prendre ce numéro avec une pince à épiler. Selon moi, une victime sur quatre ou cinq parle”, a expliqué Olivier Savignac, chef d’une autre association de victimes.

Ces données sont encore provisoires dans la mesure où les travaux de la Ciase se poursuivent: l’appel à témoignages des victimes est prolongé jusqu’au 31 octobre et les enquêtes sur les archives sont toujours en cours.

D’autres travaux suspendus pendant l’internement, tels que l’audition des victimes ou les réunions publiques dans plusieurs grandes villes, reprendront également.

Conclusions attendues à l’automne 2021

Pour compléter son approche, la Ciase, dont les conclusions et recommandations sont attendues à l’automne 2021, est également en train de rassembler un échantillon de prêtres et de «violeurs» religieux. Pour Jean-Marc Sauvé, “dans bien des cas, nous avons eu des agresseurs qui ont créé, à titre personnel, un véritable système d’abus”. Depuis 1950, le nombre d’agresseurs d’agression sexuelle dans l’Église ne peut être “inférieur à 1 500”, a-t-il ajouté.

Les deux tiers des agressions sexuelles ont eu lieu dans les années 1950, 1960 et 1970, a indiqué le président de la Ciase, qui a également fait 25 rapports au parquet.

Ces chiffres ne sont pas publiés. La Conférence des évêques a publié quelques statistiques, mais concernant des domaines plus restreints et une période très récente.

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En octobre 2018, il a souligné que sur 15000 prêtres français, dix faisaient alors l’objet d’une enquête et quatre autres emprisonnés pour pédocriminalité. Elle a également noté que 220 personnes étaient venues dans les diocèses, dans les cellules d’écoute accueillant les victimes, entre 2010 et 2016 et 211 entre 2017 et 2018.

“Nous sommes aidés et inspirés par le travail de nos prédécesseurs”, a déclaré Jean-Marc Sauvé, faisant référence, entre autres, à l’Irlande, l’Australie, les Pays-Bas, la Belgique et l’Allemagne. Les autorités chargées d’enquêter sur leur clergé, à la suite de la révélation de scandales, ont montré que des abus sexuels avaient été commis à grande échelle.

Avec AFP



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