Avec la création d’un groupe dissident, le LREM est sur le point de perdre sa majorité absolue à l’Assemblée

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Un neuvième groupe parlementaire sera créé mardi à l’Assemblée nationale par une vingtaine de députés, dont plusieurs dissidents de La République en Marche, qui devraient perdre leur majorité absolue au Palais Bourbon.

Fin du faux suspense: après plusieurs jours de retard, un neuvième groupe à l’Assemblée nationale verra le jour, mardi 19 mai, dirigé par des dissidents de l’aile gauche de La République en mouvement (LREM).

Le groupe “Ecologie Démocratie Solidarité” sera présenté en fin de matinée lors d’une conférence de presse par visioconférence. Il sera composé d’une vingtaine de députés, dont les anciens «marcheurs» Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot, Paula Forteza, déjà dissidente candidate à la Ville de Paris Cédric Villani, Aurélien Taché ou Martine Wonner, exclus il y a juste deux semaines pour avoir voté contre le plan de déconfinement d’Edouard Philippe.

“Ces députés quittent le LREM car ils sentent que leur sensibilité n’a pas pu s’exprimer depuis trois ans. Alors qu’à l’origine, En Marche avait promis de surmonter les clivages, pour eux, c’est une déclaration d’échec”, explique un proche de Cédric Villani, contacté par France 24.

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En annonçant son départ de LREM dimanche, Aurélien Taché a expliqué dans le Journal du Dimanche qu’il était “un homme de gauche” et qu’il devait quitter le groupe majoritaire “pour le rester”.

Au-delà de ceux déjà extérieurs au LREM, il y en aura une dizaine pour annoncer, mardi, leur départ pour le groupe Ecologie Démocratie Solidarité. Conséquence: la République en marche devrait perdre la majorité absolue au Palais Bourbon, symbole fort même si elle peut s’appuyer sur les 46 députés du MoDem et les dix élus Agir.

Pression du gouvernement sur les membres potentiels du groupe

En juin 2017, le LREM et ses adjoints étaient 314. Entre défections et exclusions, ils ne sont déjà que 295, alors que la majorité absolue est à 289 sièges.

Résultat: il y a eu ces derniers jours “beaucoup de pression sur les membres potentiels du groupe, notamment de la part du gouvernement ou des cadres du groupe LREM”, a rapporté à l’AFP un élu travaillant à la constitution de ce nouveau groupe.

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Il y a également eu de nombreux commentaires dans les médias, avant même la formalisation de la création du groupe. Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a dénoncé sur France Info des “grenouilles” au Palais Bourbon, pas à la hauteur des défis post-crise du coronavirus, selon lui.

“Il est maintenant temps de retrousser nos manches et de travailler ensemble, de penser, notamment en ayant des désaccords, (…) que c’est la clé pour, demain, reconstruire notre pays”, a dénoncé dimanche le patron du LREM, Stanislas Guerini, en lui reprochant Aurélien Taché pour son “individualisme”.

La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a quant à elle dénoncé la semaine dernière à l’approche du 9e groupe “une interprétation politique erronée”.

Orphelin, Batho et Villani ensemble, mais pas en opposition

“C’est un groupe qui ne sera pas dans l’opposition et qui sera constructif vis-à-vis de la majorité”, nuance cependant la même source contactée par France 24. Comme les députés MoDem et Agir, ces dissidents devraient donc continuer à soutenir la gouvernement.

Ce positionnement et le ralliement de l’ancienne ministre socialiste de l’Écologie Delphine Batho, dans des positions jusqu’ici éloignées du groupe majoritaire en matière de politique économique, sont donc surprenants.

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“Au LREM, beaucoup de gens trouvent que c’est un groupe fait de bric et de broc, qui n’aura pas la capacité de vraiment peser à l’Assemblée nationale”, souffle à France 24 l’entourage d’un membre important de la majorité.

En attendant, le groupe Ecologie Démocratie Solidarité entend occuper le champ des idées: la plupart de ses élus font partie de l’initiative de 60 parlementaires à fibre écologique et sociale qui ont dévoilé le 13 mai une trentaine de propositions pour «le lendemain» la crise des coronavirus, avec notamment une augmentation de salaire des soignants, un plan de rénovation énergétique ou la mise en place d’un revenu universel.

Avec AFP



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