Avec ou sans masque dans les lieux publics fermés: le mal de tête des cadres

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Alors que la crainte d’une deuxième vague de Covid-19 devient de plus en plus répandue, le Conseil d’État a été saisi par des victimes de coronavirus et des professionnels pour exhorter le gouvernement à rendre le masque obligatoire dans les espaces clos recevant du public.

Les images d’un concert qui s’est déroulé à Nice samedi, sans distanciation, ou celles de spectateurs réunis au Puy-du-Fou, sans respecter les gestes barrières ont suscité un tollé. Depuis plusieurs jours, le regroupement de plusieurs milliers de personnes dans le village de Saint-Parize-le-Châtel, dans la Nièvre, pour une rave party clandestine, suscite également de vives inquiétudes.

Résultat: l’exécutif est sous pression et sommé de réagir. Les appels à rendre le masque obligatoire dans les lieux publics fermés pour lutter contre Covid-19 ne cessent d’augmenter.

Les victimes du coronavirus et les professionnels de santé ont notamment annoncé, lundi 13 juillet, saisir d’urgence le Conseil d’Etat à ce sujet. “Après un effort surhumain du système de santé, il est urgent de prendre toutes les mesures possibles pour empêcher la deuxième vague”, écrit l’avocat Fabrice Di Vizio dans un communiqué. “Et si le gouvernement ne souhaite pas prendre cette décision, s’il n’apprend rien de la crise que nous venons de vivre, nous appelons aujourd’hui le Conseil d’Etat à le forcer à le faire”, a-t-il ajouté.

Cet avocat représente l’Association des victimes du coronavirus France et le Collectif des professionnels de santé C19, dont trois membres ont porté plainte, fin mars, devant la Cour de justice de la République contre l’ancien Premier ministre Édouard Philippe et l’ancien ministre de la Santé, Agnès Buzyn.

Pour Me Di Vizio, le masque doit être obligatoire dans tous les lieux publics fermés, tels que les magasins ou les restaurants. “L’Etat doit assumer ses responsabilités. Le juge devra le forcer à agir”, a-t-il déclaré à l’AFP.

Le préfet de Seine-Saint-Denis a déjà pris, lundi, un décret obligeant le port du masque dans des lieux fermés recevant le public à Saint-Ouen-sur-Seine, après plusieurs cas de Covid-19 dans une école de la ville. Avec ce décret, le port du masque devient obligatoire dans “tout établissement fermé ouvert au public, que son activité soit administrative ou commerciale”, a indiqué la préfecture dans un communiqué. Cela concerne notamment les “commerces”, “la mairie”, les “services publics”, les “espaces communs des hôtels”.

Un appel des médecins

La saisine du Conseil d’Etat intervient quelques jours après la publication d’une rubrique par plusieurs médecins du Parisien appelant au “port du masque obligatoire dans tous les lieux publics fermés”. Intitulée “Masked But Free”, elle met en garde contre “un éventuel redémarrage massif des transmissions”.

“Il serait très regrettable de ne pas utiliser ces moyens efficaces et accessibles [pour freiner l’épidémie] que sont: le port du masque obligatoire dans tous les lieux publics fermés, l’éloignement physique autant que possible et le lavage des mains “, plaident ces médecins dont le Pr Antoine Pelissolo et le Dr Jimmy Mohamed. Même s’ils reconnaissent que le masque” reste inconfortable “, ils soulignent que contrairement au début de l’année, nous savons que son utilisation est une condition importante pour limiter la propagation du virus “à condition que tout le monde le porte”.

Interrogé à ce sujet lors de son voyage en Guyane, le Premier ministre, Jean Castex, a déclaré dimanche que “la question du développement du port du masque est à l’étude”, notamment pour les espaces clos, afin de lutter contre l’épidémie de coronavirus. “Dans la réglementation existante, dans un certain nombre de ces lieux fermés [comme les transports publics], porter un masque est obligatoire “, a déclaré le Premier ministre.

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a également fait remarquer dans un tweet: “Les gestes barrières ne sont pas une option. N’hésitez pas à porter un masque en toute situation, surtout si vous n’êtes pas sûr de pouvoir garder un mètre de distance ceux qui vous entourent. C’est par l’esprit civique de chacun que nous préserverons la santé de tous! # COVID-19. “

Dans un tweet publié dimanche, le président Emmanuel Macron a utilisé la même formule, insistant également sur le fait que les gestes de barrière “ne sont pas une option”. Le chef de l’Etat devrait être interrogé sur le port du masque lors de son entretien avec des journalistes le 14 juillet.

Il y a encore quelques mois, au début de la pandémie, des membres du gouvernement ont déclaré que porter un masque était inutile. “Les Français ne pourront pas acheter de masques dans les pharmacies, car ce n’est pas nécessaire si vous n’êtes pas malade”, avait même déclaré Sibeth Ndiaye, alors porte-parole du gouvernement.

Les maires et les commerçants soutiennent

Comme l’explique France Bleu, de nombreux responsables municipaux se disent en tout cas favorables à l’obligation de porter un masque dans les lieux privés recevant le public. C’est “une mesure de bon sens”, selon Philippe Laurent, secrétaire général de l’Association des maires de France, maire UDI de Sceaux dans les Hauts-de-Seine. L’élu avait pris en avril un décret imposant le port du masque sur sa commune, qui avait été relocalisée par le Conseil d’État. “Je n’ai pas changé d’attitude ni de conviction”, explique Philippe Laurent, cité par France Bleu.

Les commerçants soutiennent également cette mesure. Francis Palombi, le président de la Confédération des commerçants de France, a expliqué sur France Info avoir envoyé “un SMS au président de la République” pour lui demander d’imposer le masque dans les lieux fermés. “L’Etat doit absolument durcir ses positions, et j’espère que le Premier ministre Castex le fera”, a-t-il ajouté.

Dans d’autres pays, cette question fait également l’objet de vifs débats. En Espagne, plusieurs régions, dont la Catalogne et les Baléares, ont décidé de renforcer le caractère obligatoire du masque qui doit y être porté à tout moment sous peine d’amende. Au Québec, la province canadienne la plus touchée par le coronavirus, les autorités rendront obligatoire le port du masque dans les lieux publics fermés à partir de samedi, selon les médias locaux, tandis qu’aux États-Unis, le gouverneur du Texas a rendu obligatoire le port du masque le 3 juillet.





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