Avoir ses règles à Madagascar: un tabou qui freine l’émancipation des femmes

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Pour les femmes à Madagascar, la période de menstruation est maudite. Avoir accès à des toilettes, à de l’eau propre ou à des protections hygiéniques jetables est un luxe dont ils sont en grande majorité privés. Nos reporters ont enquêté sur l’île, où entre la pénurie d’infrastructures de base, le manque d’accès aux nécessités de base mais aussi les croyances, les tabous et les humiliations, l’hygiène menstruelle est une bataille pour des millions de femmes. Avec de graves conséquences sur leur émancipation, leur éducation et leur santé.

Lors de ce reportage, nous avons traversé l’île de Madagascar, pour rencontrer des femmes vulnérables qui n’ont ni eau ni protections hygiéniques dignes de ce nom. Pour eux, la période de menstruation représente un immense obstacle à leur émancipation. Chaque mois pendant cette période, ils travaillent moins que d’habitude et doivent se soucier de savoir comment se laver plusieurs fois par jour, tout en étant ralentis par la douleur.

Le chômage sur l’île est massif et les femmes dépendent souvent financièrement de leur mari, ce qui complique encore leur situation. Nous avons rencontré des jeunes filles obligées d’emprunter de l’argent pour acheter une simple serviette hygiénique … D’autres paient pour que les plus vulnérables puissent acheter des protections.

Le manque d’information

Presque toutes les femmes que nous avons rencontrées utilisent du tissu comme serviette hygiénique – une sorte de carré acheté dans les friperies, souvent très usé. L’exposer au soleil pour le sécher est honteux en milieu rural … Les femmes préfèrent le cacher et n’abordent pas le sujet, même entre elles.

Amarante Norolalao Ranerason, militante pour les droits des femmes, nous dit qu’outre le manque d’accès aux infrastructures de base et aux nécessités de base, c’est le manque d’informations sur les règles qui pénalise le plus les femmes. Comme en témoigne l’histoire de cette fille giflée par son père lors de ses premières règles, car il croyait qu’elle avait eu des relations sexuelles et c’était la raison pour laquelle elle saignait …

Cette militante explique que pour les femmes à Madagascar, les menstruations sont cycle après cycle, une période génératrice d’anxiété, d’exclusion sociale, nourrie de tabous et d’idées fausses. Une double peine pour les femmes de l’île.

>> Voir aussi notre programme ActuElles: “Les menstruations, la fin progressive d’un tabou”



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