bloqués dans le camp de Samos, des migrants demandent justice

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Je n’étais pas au courant de ce qu’il se passait là-bas. Ce sont des familles en France qui m’ont confié les dossiers de deux hommes dans le camp. Mais à distance, il était difficile de suivre leurs dossiers. Sur place, dans le camp, il y a des bureaux du HCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés) mais ils sont injoignables.

Lorsque les migrants arrivent en Grèce, après avoir été secourus en mer, ils sont entendus dans un commissariat avant d’être conduits dans ce camp qui s’apparente seulement à un terrain vague. Au commissariat, on leur remet une carte sur laquelle on peut lire une date, qui correspond à leur entretien pour le dépôt de leur demande d’asile. Sur la carte d’un de mes clients, arrivé fin 2019, il est écrit “décembre 2021”. Ils sont ensuite lâchés dans le camp, où tout est écrit en grec, et ils déambulent. C’est à eux de comprendre comment cet endroit fonctionne. Ils doivent aller chercher des cartons pour se construire une tente faite de bouts de bois, de plastique.

En tant qu’avocate, je n’ai pas réussi à obtenir le dossier de mes clients, c’est-à-dire leur déposition à leur arrivée en Grèce. C’est impensable de retenir des personnes sans que l’on puisse avoir accès à leurs dossiers. Les deux migrants que je suis sont par ailleurs malades. Or, sur place, il n’y a pas de suivi médical. Certains ont des rendez-vous médicaux planifiés qui sont annulés au dernier moment. Au gré de quoi, je ne sais pas. Peu après mon séjour sur place, les migrants se sont mis en “grève” en faisant un sit-in devant les bureaux du HCR suite au décès d’un Camerounais, laissé sans soins et mort d’un cancer. C’est tellement fréquent que c’est devenu banal.

En tant qu’avocate, je n’ai pas réussi à obtenir le dossier de mes clients, c’est-à-dire leur déposition à leur arrivée en Grèce. C’est impensable de retenir des personnes sans que l’on puisse avoir accès à leurs dossiers. Les deux migrants que je suis sont par ailleurs malades. Or, sur place, il n’y a pas de suivi médical. Certains ont des rendez-vous médicaux planifiés qui sont annulés au dernier moment. Au gré de quoi, je ne sais pas. Peu après mon séjour sur place, les migrants se sont mis en “grève” en faisant un sit-in devant les bureaux du HCR suite au décès d’un Camerounais, laissé sans soins et mort d’un cancer. C’est tellement fréquent que c’est devenu banal.

Ces images, je les ai prises moi-même. Les conditions de vie dans ce camp sont en violation des lois de l’Union européenne. C’est une zone de non-droit. Les demandeurs d’asile vivent sous des tentes. L’hiver comme l’été. Les visites médicales sont accordées seulement quand les personnes sont à l’agonie. Pendant toute ma période à Samos, je n’ai pas vu de vraie distribution alimentaire. Les enfants ne sont pas scolarisés. Ces gens sont en prison alors même qu’ils n’ont pas été jugés. ll faut attendre deux à trois ans avant d’être finalement entendus.



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