Commémoration de l’abolition de l’esclavage: “C’est notre histoire”

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La commémoration de l’abolition de l’esclavage organisée le 10 mai aura lieu malgré la pandémie de coronavirus, mais en petits comités ou en comités virtuels. Un Facebook en direct est notamment organisé par la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, en partenariat avec France 24.

En raison de la pandémie de coronavirus, la Journée nationale de commémoration de la traite négrière, de l’esclavage et de leur abolition, instituée en application de la loi dite de Taubira de 2001 chaque 10 mai, est bouleversée.

Une cérémonie présidée par le Premier ministre Édouard Philippe, a lieu dimanche mais en petits groupes. “Nous ne mettrons pas cette commémoration en suspens, malgré les impératifs de santé”, a déclaré sur les ondes de France 24 l’ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, aujourd’hui président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage.

C’est cette Fondation qui était chargée de superviser les commémorations cette année, a souligné Édouard Philippe dans une circulaire envoyée mercredi aux préfets, à qui le Premier ministre a demandé d’organiser “la cérémonie commémorative prévue dans chaque département (…) dans le respect des règles de distanciation sociale “et sans qu’elles soient ouvertes au public.

“Il y aura de modestes cérémonies nationales, à Paris avec le Premier ministre, mais aussi dans les communes provinciales et à l’étranger avec l’aide d’associations. Il y aura beaucoup de choses ce 10 mai avec notamment l’organisation d’une retransmission en direct sur Facebook”, a déclaré Jean-Marc Ayrault. Cette directe, en partenariat avec France 24, réunira des hommes politiques, des artistes et des historiens invités à discuter de cette histoire.

“Il ne s’agit pas de créer une division”

Le thème des commémorations de cette année est “la page manquante”. “Nous ne savons pas comment ce système a été mis en place. Nous savons qu’il y a eu esclavage et abolition, mais nous savons moins qu’il a fallu trois révolutions pour obtenir cette abolition”, explique Jean-Marc Ayrault.

Pour l’ancien maire de la ville de Nantes, plaque tournante du commerce triangulaire, la commémoration du 10 mai est l’occasion de rappeler la place que l’esclavage occupe dans notre histoire nationale. “Il laisse des traces et des blessures profondes. Il doit être réparé. Il ne s’agit pas de créer des divisions, ni d’opposer des souvenirs les uns aux autres”, a-t-il souligné, se référant aux opposants. de ce jour qui dénoncent un excès de repentance. “C’est notre histoire. Et pour que nous la partagions, nous devons la faire connaître.”

“L’objectif n’est pas de se sentir coupable, mais de donner des clés de compréhension et de vivre ensemble basées sur la justice, l’égalité, la lutte contre toutes les formes de discrimination et de racisme, mais aussi la fraternité”, a insisté Jean-Marc Ayrault, tout en ajoutant que c’est “un combat d’actualité”.

Plusieurs dates commémoratives

On estime que 12 à 18 millions d’esclaves ont été expulsés lors du commerce transatlantique de l’Afrique subsaharienne vers les Amériques. Sous l’impulsion des philosophes des Lumières, une critique de l’esclavage et de la traite négrière a commencé à émerger au XVIIIe siècle. Dans “De l’esprit des lois” (1748), Montesquieu se rend sarcastique envers “ceux qui se disent chrétiens et qui pratiquent l’esclavage”. En 1788, la “Société des amis noirs” est créée à Paris et vise à l’abolition.

La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 abolit l’esclavage mais reste sans conséquences aux Antilles françaises. Ce n’est qu’en février 1794 que la «Société des amis noirs» obtient sa première abolition. Cependant, Napoléon Bonaparte rétablit rapidement l’esclavage et le traite en 1802.

Ce n’est que le 27 avril 1848 qu’un décret du gouvernement provisoire de la IIe République abolit définitivement l’esclavage dans toutes les colonies françaises. L’abolition de l’esclavage a été inscrite dans la Constitution le 4 novembre 1848.

La date du 10 mai n’est pas la seule à commémorer l’abolition de l’esclavage. Le 23 mai est officiellement «Fête nationale en hommage aux victimes de l’esclavage colonial» tandis que chacun des départements d’outre-mer a ses propres commémorations: 27 avril à Mayotte, 22 mai en Martinique, 27 mai en Guadeloupe, 10 juin en Guyane et 20 décembre en Réunion. Tous ces jours sont des vacances.





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