Construire et resserrer des liens familiaux – Le Sahel

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En milieu haoussa, le mariage est célébré généralement conformément aux us et coutumes qui caractérisent ce peuple.  Cette union sacrée entre l’homme et la femme est un élément indispensable dans nos sociétés  car il permet  à deux familles de consolider, de raffermir les liens de fraternité et de parenté. Chaque peuple et chaque ethnie à sa façon de célébrer le mariage. Les haoussas ont leur propre culture et  traditions qu’ils respectent au cours de ce passage de la vie. Ibrahim Salifou Educateur de formation et enseignant à l’Ecole Normale d’Instituteurs de Niamey, gardien des traditions et des valeurs sociales nous parle du mariage, de ses implications et aussi et surtout de ses responsabilités. Il aborde aussi avec nous le décor du foyer conjugal.

« Le mariage dans les communautés haoussa a des pratiques et des spécificités qui diffèrent d’un groupe, d’un clan ou d’une couche sociale à une autre suivant les moyens mais qui présente presque des similarités : d’abord la demande peut se faire de plusieurs façons. Le  » kame  » est une pratique traditionnelle ancienne qui consiste à réserver une petite fille d’avance à quelqu’un pour plusieurs raisons : la fille peut être issue d’une famille riche, religieuse, ou d’une grande beauté ou alors pour des raisons socio culturelle, ethniques ou autres » renseigne-t-il avant de dire que se marier, c’est aussi forger sa vie tout en ayant des grandes responsabilités. La demande peut aussi être directe : quand tu vois une fille, si elle accepte ta proposition, vous pouvez envoyer vos représentants avec un cadeau de natures différentes, si les parents l’acceptent cela veut dire que la  fille vous est offerte, ou alors une simple demande sans cadeau entre les parents du prétendant et ceux de la fille et l’affaire peut être conclue.

La dot et le baiko, des facteurs essentiels dans la célébration du mariage

La plupart des mariages se font selon le rite musulman parce que dans ce milieu plus de 90 % des haoussas sont des musulmans.

Selon l’éducateur Ibrahim, avant le jour du mariage il y a parmi les donations de la famille du jeune homme le  » baiko  » qui est une sorte de valise ou un cadeau  précédant la dot et qui marque le profond estime du prétendant et qui est finalement  versée le jour de l’attachement du mariage et  marque aussi la fin du processus du mariage.  Quand l’offre est conclue, les deux familles déterminent le jour qui conviendrait le mieux pour la cérémonie. Toutefois est-il dit qu’en milieu haoussa, après la dot, vient la célébration du mariage proprement dit, les cérémonies religieuses avec en ligne de mire la fatiha. Il  est un acte qui atteste le contrat de mariage  entre les deux amoureux. En ce moment une délégation représentant le jeune marié notamment les parents, les amis très proches de ce dernier et un imam du village côté jeune marié, tous sont là, présents pour être témoins de l’évènement. membres de cette délégation.

Les noix de cola sont très importantes dans nos cultures ancestrales

En venant à la célébration du mariage coté du futur epoux la délégation  apporte de la cola et une somme généralement modeste.  Les noix de cola et la somme répondent également aux exigences  liées aux us et coutumes. Les noix de cola sont partagées entre parents proches (oncles, tantes, frères et sœurs de la jeune mariée) et une partie distribuée à l’assistance. Au cours du rituel de la fatia, il y’a la demande verbale proprement dite entre ces deux familles proches réunies, un parent du jeune marié dit « je demande la main de votre fille pour mon enfant, et après un membre de la famille de la fille répond «  nous vous donnons volontiers la main de notre fille », l’assistance témoin de cette action entérine l’union sacrée entre les deux.

Maintenant entre le jour du mariage et la consommation du mariage  » la nuit de noce « , il y’a tout une gamme de cérémonies. Des rites et certaines formalités  (qu’on ne peut pas tous énumérés ici du fait de leurs diversités) diffèrent selon les groupes, les clans et les familles ou selon les moyens, les couches sociales ou les affinités. Les gobirawa, les katsinawa, les adarawa, les kurfayawa, les konnawa, les zanfarawa, les  kabawa, les gibalawa, etc.

Selon les explications de notre interlocuteur, chaque sous-groupe ethnique possède sa spécificité dans la célébration des activités du mariage traditionnel dans sa sphère géographique. On ajoute qu’après le mariage ce sont des conseils d’usage prodigués à l’endroit de ce nouveau couple car une nouvelle vie vient de commencer. Une phase de la gestion du foyer qui requiert un certain nombre de principes notamment, le respect, la considération et surtout la patience. La fille est conduite chez son mari suivant les principes coutumiers et religieux  de la communauté. Elle rejoint ici le guida’’ maison du mari qui est dirigé par un chef de famille  appelé communément mai guida, hériter de la tribu, il fait fonction du guide et du gardien des traditions  familiales. La femme est venue d’un autre guida, et d’un autre village pour apporter de la valeur ajoutée au guida de son mari. Pour dire qu’un mariage ne fait pas donc uniquement le bonheur du couple.

Une case typiquement traditionnelle pour accueillir la nouvelle mariée

M. Ibrahim a expliqué que la case qui accueille la jeune mariée est bien décorée. Cette décoration est un élément extrêmement important dans les cases des jeunes mariées dans les traditions haussa. En effet, les chambres ou les cases sont d’une beauté splendide, les ornements sont faits  à base des tissus traditionnellement tissés portant des dessins divers.  Les murs sont peints de chaux blanche ou du sable spécialement décoré pour la circonstance. A l’intérieur, les calebasses et autres objets en bois ou en terre cuite sont  parfaitement bien rangés. Tout est bien ordonné et bien propre avec une odeur agréable, le tout offre un spectacle assez diversifié des couleurs de tissus kounta aux visiteurs qui prennent tout leur temps à lorgner les coins et recoins de la chambre afin de satisfaire leur curiosité. L’homme habillé généralement en blanc, le vêtement traditionnel comprend un ‘’ kalmi’’ un pantalon et une tunique karobi, il porte un chechia, un bonnet brodé et des chaussures  appelés ‘’ takalmi’’ en cuir brodés. La femme elle porte un pagne ‘’ godo ‘’ riche en coloris avec des motifs assortis. Sa parure se distingue par de nombreux colliers au cou, des bracelets en perles aux bras et aux chevilles des colis en cuivre. Une coiffe bien élaborée et ornée de bijoux, ses mains et pieds teintés de henné. Dans cette case, il y’a des nattes faites en feuilles de palmiers doum’’ kaba’’ qui sont tressées en bandes cousues avec des décors vifs, bien teintés. Les parois de la case en banco et paille sont recouvertes par des nattes plus souples. On apporte avec la jeune mariée du  ‘’toukounia’’ une marmite à large ouverture  avec une grande variété de décors  et des poteries et des calebasses   pyrogravées. D’autres articles comme des paniers, des éventails, des chapeaux, des vans, des couvertures traditionnelles ou sakala en coton rouge foncé.

Par Aïssa Abdoulaye Alfary(onep)



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