Déclaration de l’opposition politique nigériane du 29 juin 2020

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Publié dans Politique

L’opposition politique nigériane, regroupée au sein de:

  • Front pour la démocratie et la République (FDR);
  • Front de l’opposition indépendante (FOI);
  • Front patriotique (FP);
  • Front pour la restauration de la démocratie et la défense de la République (FRDDR);

Réuni aujourd’hui 29 juin 2020 en session d’urgence, la déclaration suivante est rendue publique:

Femmes nigérianes

Activistes, activistes

Près de dix ans que le PNDS-Tarayya est aux commandes de l’Etat, sous le règne d’Issoufou Mahamadou qui n’a jamais su se hisser au rang de président de la République impartial respectueux des principes d’unité de la nation, un et indivisible.

Comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, Issoufou Mahamadou écrase tous les fondamentaux de l’État: la République, la démocratie pluraliste et l’État de droit et le consensus. Alors qu’il mettait en cause l’unité et la cohésion nationales, l’indépendance de la CENI, l’impartialité de la Cour constitutionnelle, les droits de l’homme et les libertés fondamentales. Enfin, il nie les valeurs de civilisation sur lesquelles notre peuple fonde son existence.

Les multiples paquets politiques et les innombrables scandales économiques et financiers font la une des médias nationaux et internationaux et ont fini de discréditer le Niger.

En d’autres termes, le PNDS-Tarayya et le pouvoir qu’il transporte ont effectivement réussi à faire les dégâts qu’aucun gouvernement n’a osé faire n’importe où dans le monde.

L’opposition politique a continué de dénoncer et d’attirer l’attention des Nigérians et de la communauté internationale sur les défauts et les défauts de la gouvernance actuelle, en espérant que le PNDS se regrouperait dans le meilleur intérêt de la Nation.

C’est dans ce contexte de mauvaise gouvernance, recherchée et maintenue, que le gouvernement entend organiser et gagner les élections législatives, c’est-à-dire dans un contexte de manœuvres cyniques et malhonnêtes.

Femmes nigérianes;

Activistes, activistes;

Rappelons que l’opposition politique a à plusieurs reprises tiré la sonnette d’alarme sur les manœuvres destinées à imposer la continuité du pouvoir maléfique du PNDS contre la volonté du peuple nigérian souverain.

L’opposition politique a également marqué son défi à la Commission électorale nationale soi-disant indépendante et non consensuelle (CENI). Elle a également exprimé ses appréhensions quant à la tenue d’élections véritablement démocratiques, transparentes et sincères, en raison du caractère partisan et frauduleux qui a marqué le public du champ de foire et de l’inscription électorale dite biométrique.

Dans le même esprit, l’opposition politique a fermement dénoncé le comportement manifestement partisan de la majorité des membres de la Cour constitutionnelle.

Il est à noter que la réunion canalisée du CNDP du 12 juin 2020, qui devrait conduire à des décisions imposées car préconçues et non consensuelles, n’a fait que confirmer ses appréhensions. Encore une fois, l’opposition a eu raison de refuser de participer à cette réunion.

Maintenant, les choses sont claires.

En effet, sur proposition du président de la CENI, les élections locales sont à nouveau exclues de l’agenda du gouvernement, en violation des articles 164 et 165 de la Constitution.

Quant aux Nigérians de la diaspora, qui constituent la 9e région, ils sont privés de leur droit constitutionnel de voter en raison d’un coronavirus opportun pour présenter l’argument de la force majeure visant à éviter d’enrôler un électorat devenu moins réceptif aux chants de la Sirènes de la Renaissance.

Pour se donner bonne conscience, le Premier ministre, selon et à la demande du président de la CENI, a demandé à la Cour constitutionnelle un avis d’interprétation:

  • Si la situation actuelle (fermeture des frontières aériennes et terrestres nigérianes, suspension des missions extérieures et fermeture des frontières des pays sélectionnés) résultant des contraintes liées à la pandémie de Covid-19 constitue un cas de force majeure qui oblige à suspendre l’inscription opérations;
  • Si cette situation de blocage entraînant un retard dans le recensement des citoyens de la diaspora pouvait constituer un cas de force majeure susceptible de justifier une dérogation à la loi sur le code électoral concernant le fichier électoral national biométrique
  • Si dans ces mêmes conditions, un registre électoral établi sans les électeurs de la diaspora est conforme à la Constitution.

Contre toute attente, la Cour constitutionnelle, a demandé un avis d’interprétation, qu’elle admet dans ses considérants, s’est délibérément autorisée à prendre une décision, en violation flagrante des dispositions de l’article 133 de la Constitution et de l’article 31 de la loi organique 2012-35 du 19 juin , 2012 déterminant l’organisation et le fonctionnement de la Cour constitutionnelle.

Pire, en tant que juge constitutionnel, la Cour s’est donnée le pouvoir de fonder sa décision sur un concept qui n’existe pas dans notre Constitution, force majeure, s’octroyant ainsi les pouvoirs d’autres juridictions compétentes en matière d’appréciation de la légalité des actes administratifs . Une telle désinvolture témoigne clairement de la complicité de la Cour constitutionnelle avec le pouvoir en place, comme sa politisation excessive et son caractère unicolore l’ont longtemps fait croire.

La Cour constitutionnelle a-t-elle été déclarée coupable de confiscation?

Il est difficile de comprendre pourquoi la Cour ne s’est pas inspirée de sa propre jurisprudence pour donner son avis sur le vote de la diaspora. En effet, dans son avis n ° 02 / CC du 25 mai 2009, la Cour constitutionnelle avait carrément adopté la position suivante:

«La souveraineté nationale appartient au peuple.

Aucune fraction de la population et aucun individu ne peut prétendre l’exercer. ”

La Cour a poursuivi son raisonnement en ces termes: “ce que doit comprendre le terme peuple (…) Le peuple doit être entendu par tous les citoyens, c’est-à-dire les personnes attachées à l’État par nationalité. Le peuple est unique et peut n’exercent que leur souveraineté en tant qu’organe. Il ne peut donc pas être subdivisé… ».

Une manœuvre illégale de cette nature monstrueuse, émanant du gardien de la Constitution, la disqualifie et ne peut rester impunie.

Il ne fait désormais aucun doute que le PNDS, craignant d’être puni par le peuple pour sa gestion désastreuse, illustré par le récent scandale révélé par l’audit du ministère de la Défense nationale, veut à tout prix éviter des élections transparentes qui conduiraient inévitablement à alternance.

Pour l’opposition politique nigériane, les conditions invoquées pour justifier le report des élections locales et le refus du vote de la diaspora ne sont pas réunies en l’espèce. Pour preuve, depuis la fermeture du 5

frontières aériennes, plusieurs dizaines de mouvements d’avions ont été enregistrés à l’aéroport international Diori Hamani Niamey. De plus, les inscriptions et les élections ont lieu, à peu près à la même époque, presque partout dans le monde, sans être invoquées par les tribunaux ou les autorités chargées d’organiser les élections de ces pays, force majeure.

A titre d’illustration, c’est le cas de la Côte d’Ivoire qui poursuit l’inscription de ses citoyens résidant à l’étranger, de la France où s’est tenu le dimanche 28 juin, c’est-à-dire hier le 2e tour des élections municipales et récemment au Mali, Guinée, Bénin…

De plus, des arrangements diplomatiques entre États, encore possibles, auraient suffi à surmonter les quelques obstacles identifiés.

Il est donc évident que le président de la CENI s’est mis au service du candidat au pouvoir. Par conséquent, les décisions partisanes de la CENI approuvées par le CNDP, même si elles sont approuvées par la Cour constitutionnelle, ne peuvent être acceptées par l’opposition.

C’est pourquoi, l’opposition politique nigérienne exige du gouvernement la tenue, dans les délais légaux, des élections législatives et que le droit de vote des Nigérians de la diaspora soit respecté au nom de l’indivisibilité de la Nation et de l’unicité du registre électoral.

Chers compatriotes,

À un tout autre niveau, les Nigériens sont surpris par la manière dont le gouvernement, en collusion avec les juges, gère le soi-disant audit du ministère de la Défense nationale. Trop de manipulations et de micmacs de la part du pouvoir caractérisent la gestion judiciaire de ce dossier qui est actuellement entre les mains du procureur près du tribunal de grande instance de classe Niamey.

Dans un communiqué de presse du 23 juin 2020, le procureur a délibérément ignoré toute qualification en matière de détournement de fonds publics, afin d’épargner les auteurs, coauteurs et complices des crimes commis principalement par des responsables politiques et militaires, des opérateurs économiques et les agents de l’État impliqués dans les marchés publics mafieux.

En tout état de cause, l’opposition politique condamne fermement ces manœuvres politico-judiciaires visant à protéger les assassins de l’armée nationale.

C’est le cas de la déflation du montant annoncé dans le rapport d’audit. Arrêté à 76 milliards, réduit à 36 milliards dans un premier temps par un haut responsable politique, puis à 18 milliards dans un second temps par la police judiciaire comme s’il s’agissait d’un marchandage dans un souk de tapis, toutes choses qui constituent une complicité qui doit être sanctionnée En tant que tel.

Femmes nigérianes;

Activistes, activistes;

En conclusion de tout ce qui précède, l’opposition politique fustige:

  • l’instrumentalisation grossière de la Cour constitutionnelle et de la CENI;
  • manœuvres politico-judiciaires tendant à noyer le dossier d’audit du ministère de la Défense nationale comme tous les autres qui l’ont précédé.

C’est pourquoi, l’opposition politique nigériane, soucieuse d’équité et de justice, demande:

  • démission pure et simple de membres de la Cour constitutionnelle pour violation des articles 126 et 133 de la Constitution ainsi que de l’article 31 de la loi organique 2012-35 du 19 juin 2012 relative à l’organisation et au fonctionnement de la Cour constitutionnelle;
  • l’adoption du code électoral sur une base consensuelle et la dissolution de la CENI non consensuelle;
  • la tenue d’élections municipales et régionales dans les délais statutaires;
  • l’enrôlement de Nigérians de la diaspora est conforme à l’unicité et à l’indivisibilité du peuple.

Sa souveraineté doit être rendue au peuple nigérien.

L’opposition politique nigériane s’y est engagée et prendra toutes les mesures juridiques nécessaires en vue de répondre à ses exigences pour la tenue d’élections démocratiques, transparentes et sincères et le respect des principes et règles de bonne gouvernance.

Fait à Niamey, le lundi 29 juin 2020

Vive l’opposition politique nigériane!

Vive la démocratie!

Vive le Niger!

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