Des artistes africains en campagne contre la violence raciste

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Un collectif d’artistes ouest-africains a repris les médias sociaux pour soutenir le mouvement “Black Lives Matter” du continent. À travers le hashtag #AfricaforBlackLives, ils cherchent à mobiliser davantage la société civile africaine.

Point fermé, regard déterminé, la chanteuse malienne Fatoumata Diawara pose devant un panneau marqué #AfricaforBlackLives. Elle a posté cette photo le 8 juin sur son compte Instagram à l’appel du collectif du même nom. Ce collectif a lancé début juin une campagne de collecte de soutien africain en ligne au mouvement “Black Lives Matter”.

Après la lettre ouverte d’une centaine d’écrivains du continent, c’est au tour des personnalités du monde de la culture et principalement des influenceurs francophones de relancer la mobilisation antiraciste sur les réseaux sociaux, la crise sanitaire ayant sévèrement limité la participation aux manifestations.

“Ce n’est pas seulement un mouvement américain. On l’a vu avec des manifestations de masse en Europe”, explique à France 24 Antoine Tempé, photographe franco-américain basé à Dakar et co-fondateur du collectif #AfricaforBlackLives. “Nous voulons montrer que l’Afrique n’est pas silencieuse”.

“A l’époque, aucune voix officielle n’a été levée”

En Afrique, la protestation entourant la mort de George Floyd et la violence raciste se sont manifestées surtout dans les pays anglophones comme l’Afrique du Sud, le Kenya et le Ghana.

Antoine Tempé et Nathalie Vairac, actrice d’origine guadeloupéenne et indienne, également basée à Dakar, ont été surpris par la réaction tardive en Afrique de l’Ouest.

“Il y avait une volonté de protester, mais à cause du coronavirus, ils n’étaient pas autorisés”, souligne Antoine Tempé. “A l’époque, aucune voix officielle n’a été levée pour dénoncer le crime commis contre George Floyd”, a ajouté Wise Bayano, un “artiste” sénégalais et représentant des cultures urbaines. Le 3 juin, #AfricaforBlackLives a publié une première série de photos.

“Il n’y aura jamais assez de petits mouvements de paix”

La prolifération des collectifs (hashtag) sur les réseaux sociaux comme #AfricaforBlackLives n’est pas sans évoquer la force du online survenant en période de pandémie comme #BlackOutTuesday. 28 millions de personnes dans le monde avaient posté un carré noir sur Instagram après la mort de Georges Floyd.

“Nous avons pris note de l’importance des réseaux”, a expliqué le photographe Antoine Tempé. Le mouvement des artistes africains joue à petite échelle, avec moins d’une centaine de publications sur Instagram. Leur approche risque de se noyer dans la masse des événements virtuels. “Nous ne considérons pas un hashtag comme un autre produit”, répond Nathalie Vairac. “Parce qu’il n’y aura jamais assez de petits mouvements de paix ou de petites solidarités.”

Le collectif souhaite désormais envahir les rues et organiser des rassemblements autour du graffiti et de l’art urbain, au sens large.

“Nous voulons créer un mouvement syndical pour faire preuve de solidarité avec chaque être humain soumis à la violence, à commencer par la brutalité sur notre continent”, lit-on dans un communiqué de presse du collectif sénégalais.

“L’affaire George Floyd a été la dernière goutte qui a battu le record. Elle nous appelle à agir contre toutes les violences et les violations des droits de l’homme en Afrique de l’Ouest”, conclut le co-fondateur de #AfricaforBlackLives.





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