“Des héros en blouse blanche” déçus des négociations avec le gouvernement

0
137



Publié le: Modifié:

Deux semaines après le début du “Ségur de la santé”, les représentants des personnels de santé se disent déçus des discussions en cours avec l’exécutif. Il y a actuellement beaucoup de concertation, bien sûr, mais pas de véritables négociations, selon eux.

Le Ségur de la santé, censé refondre le système de santé français, n’a pas encore convaincu certains des acteurs présents aux rencontres depuis plus de deux semaines. “Ce sont des rendez-vous de discussion avec des agendas qui ne correspondent pas à ce qu’on pourrait appeler des négociations”, explique Christophe Prudhomme, médecin hospitalier et syndicaliste à la CGT, contacté par France 24. “Pour l’instant, le gouvernement ne met rien devant nos demandes. “

L’Union sanitaire et sociale du Sud ne dit rien d’autre, au point d’avoir “claqué la porte” de Ségur de la santé une semaine après son ouverture. “Nous étions dans un contexte complètement différent de celui des négociations et qui ne servait en fait qu’à une opération de communication gouvernementale”, a expliqué Christophe Geffré, membre du comité exécutif du syndicat, interrogé par France 24.

Le 9 juin, le Collectif interhospitalier (CIH) – qui centralise depuis plusieurs mois les demandes du personnel hospitalier – a également remis en cause l’objectif poursuivi par Ségur de la santé. Le CIH “s’inquiète” notamment, dans un communiqué de presse, “du manque de transparence dans la conduite des travaux et de l’absence d’annonces chiffrées”.

Quelle feuille de route ?

Lancée le 25 mai par le Premier ministre, Édouard Philippe, et le ministre de la Solidarité et de la Santé, Olivier Véran, cette grande concertation a “l’ambition” de “jeter les bases d’un système de santé encore plus moderne, plus résilient, plus innovant, plus flexible et plus à l’écoute de ses professionnels, utilisateurs et régions. “

“Les discussions avancent, et elles avancent par marche forcée puisque nous nous sommes fixés moins d’un mois et demi de discussions (les conclusions du Ségur sont attendues pour la mi-juillet, note)”, nous dit-on au cabinet du Ministère de la Solidarité et de la Santé, contacté par France 24. “Aujourd’hui, nous sommes à un stade où nous avons recueilli autant de témoignages et de contributions que possible. Nous avançons pas à pas: là nous avons écouté ce que nous avions à dire, puis il viendra un moment où nous préciserons la feuille de route. Le résultat de ce Ségur est attendu dans un mois, et l’objectif est de ne rien laisser sous le tapis. “

“Il y a un problème avec la méthode: à l’hôpital, il y a 120 métiers différents, comment remettre 120 échelles de salaire forfaitaires en quatre semaines? Ce n’est pas possible”, explique Christophe Prudhomme. Le médecin de l’hôpital demande “un plan d’urgence” pour l’hôpital public de 15 milliards d’euros, qui comprendrait notamment des augmentations de salaire, des augmentations de personnel ou encore la refonte des budgets hospitaliers.

En l’état, “il restera difficile pour le gouvernement de rester dans les salons où il n’annonce aucun chiffre”, précise le syndicaliste CGT. Au ministère de la Solidarité et de la Santé, nous “entendons les critiques” et nous précisons: “Avec ce Ségur, nous n’avons pas affaire à un produit anesthésique. Le but est de réaliser quelque chose qui change profondément notre système de santé.”

Mobilisation nationale et “réunion” à la mi-juillet

L’absence d’annonces chiffrées, pour le moment, laisse “un goût amer” aux participants de Ségur interrogés par France 24. “Ce qui se passe maintenant, qui ne fait que multiplier le dégoût et la colère des personnels hospitaliers, qui non seulement ont été sacrifiés , mais aujourd’hui sont épuisés “, explique Christophe Geffré.

Les agents de santé, qui “ne demandent pas de médaille” mais continuent de se mobiliser pour faire valoir leurs revendications, prévoient le 16 juin une journée nationale d’action qu’ils espèrent suivie de la population qui les a applaudi quotidiennement pendant plusieurs semaines. Le CIH, qui refuse le principe des “congés payés aux soignants”, a également appelé le 4 juin “les citoyens et usagers de l’hôpital public à demander une journée de RTT” le 16 juin pour soutenir leur mobilisation.

D’autres actions devraient suivre le 30 juin, puis le 14 juillet.

En mars dernier, au milieu de la crise sanitaire de Covid-19, Emmanuel Macron a exprimé “la reconnaissance de la Nation aux héros en blouse blanche”, puis a annoncé “un investissement massif et un plan de mise à niveau pour toutes les carrières” à l’hôpital. L’issue de ces promesses présidentielles est attendue mi-juillet. “Aujourd’hui, la réponse est de poursuivre le travail”, a déclaré le ministère de la Solidarité et de la Santé. “Et à l’issue du Ségur, nous serons là.”





Source

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici