Des investissements importants pour dynamiser l’économie régionale malgré le défi sécuritaire – Le Sahel

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“Last but not least”, comme disent les anglophones pour signifier “Last but not least”. En effet, la pose de la première pierre du marché central moderne de Tahoua, qui a eu lieu jeudi 27 février dernier, par le président de la République Issoufou Mahamadou, constitue l’un des actes récents, s’inscrivant dans le cadre de l’exécution de la Programme de la Renaissance Act II. Cette grande infrastructure de 1 379 magasins sera construite en 12 mois sur le site de l’ancien marché, situé en centre ville. Les travaux, dont l’assainissement du centre ville, d’une valeur de près de 20 milliards de francs CFA sur financement du budget national, seront réalisés par la société Satom Sogea, sur une superficie de 3,25 ha. Outre cette réalisation, il en existe d’autres, tout aussi importantes dans divers domaines, malgré le défi sécuritaire posé par certaines localités de la région.

A Tahoua, la situation sécuritaire est actuellement calme, selon le gouverneur de la région, M. Abdourahamane Moussa. «Les actions violentes d’antan ne sont plus d’actualité à Tahoua, car l’Etat nous a donné les moyens de faire face à toute situation d’insécurité au quotidien. Nous organisons périodiquement des réunions de sécurité au niveau régional, avec tous les dirigeants de la Forces de défense et de sécurité, auxquelles s’ajoutent des patrouilles, des visites sur le terrain pour assurer la paix, la sécurité et la tranquillité de nos populations mais aussi la protection de leurs biens et de l’ensemble de notre territoire “, a ajouté M. Moussa. Selon lui, les départements à risque étaient Abalak, Tchitabaraden, Tassara et Tilia, à la frontière avec le Mali. A ce niveau, en plus de l’état d’urgence décrété et prolongé, de temps en temps, d’importantes ressources humaines et matérielles y sont régulièrement positionnées. “Aucune partie de notre territoire n’est occupée”, a-t-il déclaré.

Comme le reste du pays, au niveau de la région de Tahoua, le secteur agro-sylvo-pastoral est la principale source d’activité économique des populations. En outre, ce secteur joue un rôle essentiel dans la sécurité alimentaire et la création d’emplois et constitue la principale source de revenus pour la plupart de la population rurale. De nombreuses actions de développement de ces ressources ont été planifiées, initiées et mises en œuvre par les autorités de la 7e République. A la pointe des secteurs qui ont fait l’objet d’une attention particulière et d’investissements importants, celui de l’ingénierie rurale. Selon le directeur régional du génie rural de Tahoua, M. Alhassane Mahamadou, ses services ont pris en charge les réalisations dans les domaines des travaux de mobilisation de l’eau, de l’irrigation (petite et grande) et des équipements ruraux. << En ce qui concerne la composante mobilisation de l'eau, il y a eu la construction et la réhabilitation de 132 déversoirs d'épandage, 3 grands barrages et 5 mini-barrages. La composante irrigation a vu le développement de 1 392 ha, en petite irrigation, et 500 ha en grande irrigation. Quant aux équipements ruraux, ils ont concerné la construction de 196 infrastructures de conservation et de commercialisation des produits, la construction et la réhabilitation de 454,6 km de voies de service dans les zones de production. Au total, de 2016 à 2019, ces réalisations ont coûté au Niger, la somme de 47 003 703 536 FCFA », explique M. Alhassane Mahamadou.

Actions environnementales et programmation 2020, chiffrées

Selon le directeur régional de l’environnement, de la santé urbaine et du développement durable, Tahoua, le colonel Adamou Garba Dan Issa, il a été investi 3 680 562 000 FCFA pour la remise en état des terres, la fixation des dunes, la production de semis, les plantations en bloc et linéaires, le contrôle des plantes terrestres et aquatiques envahissantes, ouverture de bandes coupe-feu, régénération naturelle assistée (ARN), semis de plantes herbacées et stockage d’étangs. “Cela a généré, en termes de revenus pour les producteurs, un montant de 5 071 400 FCFA, grâce à la production de poisson, de gomme, de feuilles de moringa oleifera et de miel”, a déclaré le colonel Adamou Garba Dan Issa.

Pour cette année 2020, des actions sont prévues, selon le directeur régional de l’environnement, pour la récupération de 13356 ha de terres dégradées, la fixation de 857 ha de dunes, la lutte contre les plantes terrestres envahissantes sur 6384 ha, le contrôle des espèces aquatiques envahissantes plants sur 200 ha, régénération naturelle assistée sur 12 000 ha, production de 2 059 540 plants, plantation en blocs sur 6 580 ha, ouverture de 7 000 km de bandes coupe-feu, ensemencement d’herbacées sur 6 580 ha, stockage de 20 étangs, production de 4 000 tonnes de poisson, 100 tonnes de Moringa, 10 tonnes de gomme arabique et 1 500 litres de miel.

Selon le directeur régional de l’environnement, la mise en œuvre d’actions de préservation de l’environnement a nécessité, en 2019, la mobilisation de 3680562000 FCFA et a permis la création de 18516 emplois temporaires d’une durée de six (6) mois en milieu rural. “En termes de développement de la pêche, 26 plans d’eau ont été stockés et la production de 1 445 tonnes de poisson pour une valeur monétaire estimée à 722 440 000 FCFA au niveau des pêcheurs”, a ajouté le colonel Garba Dan Issa. Il a ensuite estimé la valeur monétaire résultant de la vente de trois principaux produits forestiers non ligneux (Moringa, Gomme et Miel) à 5 071 401 000 FCFA. Dans l’ensemble, a-t-il déclaré, les résultats des réalisations de cette année sont relativement positifs par rapport à ceux de 2018, en particulier en termes de restauration des terres et de mise à l’échelle de l’ANN. Cela a été rendu possible grâce aux efforts conjugués de l’État et des différents projets et programmes opérant dans la région. “Malgré ces efforts, les résultats obtenus sont loin d’atteindre les objectifs fixés dans le programme de relance de la loi II. Cette situation est largement due à la diminution des financements propres de l’Etat et notamment des collectivités locales”, met en perspective le colonel Adamou.

Dans le secteur de l’élevage, diverses activités ont été menées dans la région de Tahoua. Il s’agit des campagnes de vaccination du bétail et de la volaille, des opérations d’engraissement des bovins et des ovins, de la distribution de kits de chèvre, de bétail, d’âne, de mouton et de volaille au profit des ménages, du placement des aliments pour le bétail, des chèvres de rétrocession, du renforcement des capacités des auxiliaires d’élevage et des femmes techniques d’élevage, renforcement des capacités des producteurs avicoles. À cela s’ajoutent d’autres réalisations telles que la construction de marchés aux bestiaux, l’abattoir semi-moderne, les zones d’abattage, l’insémination des vaches, l’octroi d’incubateurs et de kits solaires, le développement de passages et de couloirs pastoraux ainsi que la fourniture de semences et de fourrage cultures.

Par rapport à la composante Initiative 3N, malgré les retards constatés dans la finalisation du plan d’investissement 2016-2020, de nombreuses activités ont été menées dans la région de Tahoua, selon son coordinateur régional I3N, M Kounkourou Ahmadou. “Le montant injecté, pour cette période de mise en œuvre du plan, s’élève à 188 320 880 FCFA”, a-t-il précisé. Les activités se résument dans les activités d’animation, d’information et de sensibilisation des acteurs, l’animation des organes de gouvernance de l’Initiative 3N, le renforcement des capacités des acteurs, celui du système régional de suivi et d’évaluation, l’opérationnalisation de la Maison de Paysan et amélioration du fonctionnement de la coordination régionale. Par ailleurs, l’Etat et ses partenaires ont, selon M. Ahmadou, investi 97 026 000 FCFA pour l’acquisition de 371,6 tonnes d’intrants agricoles et autres moyens de production.

Enfin, il convient de noter que Tahoua est à la limite de la zone de culture et de la zone sahélienne où nomment les communautés peul, arabes et touaregs, au centre d’une région pastorale et agricole dont le développement se poursuit sur les sites de culture. contre-saison, en particulier, par les populations nomades installées à Keita, Konni, Bouza et Abalak. D’où l’importance de tous ces investissements pour dynamiser l’économie régionale voire nationale.

Mahamadou Diallo (Envoyé spécial)



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