Discours de SEM Issoufou Mahamadou, Président de la République, Chef de l’Etat au Sommet virtuel de l’UA sur le COVID-19: “En attendant le développement d’un vaccin, nous devons envisager des stratégies pour atténuer rapidement les effets dévastateurs sur nos économies, en particulier sur la vie des personnes vulnérables, notamment en assouplissant les restrictions et les mesures de confinement », déclare SEM. Issoufou Mahamadou

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<< Son Excellence Cyril Ramaphosa, Président de la République sud-africaine, actuel Président de l'Assemblée des chefs d'État et de gouvernement de l'UA,

Chers chefs d’État et de gouvernement,

Monsieur le Président de la Commission de l’UA,

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi de saluer et de féliciter le Président Cyril Ramaphosa pour son leadership, notamment pour la convocation de cette troisième vidéoconférence exclusivement consacrée à la crise sanitaire du COVID 19. Ces rencontres, bien que virtuelles, nous donnent l’occasion de faire périodiquement le point de la situation. la situation épidémiologique de la pandémie, ses impacts sur nos économies et les mesures prises ou à prendre pour, d’une part, se prémunir contre les risques de sa propagation et prendre en charge les malades et d’autre part pour en atténuer les conséquences économiques et sociales conséquences .

C’est aussi pour nos éminents experts, membres des groupes de travail mis en place par le président Cyril Ramaphosa, l’occasion de faire le point sur la mobilisation des ressources et la facilitation de l’approvisionnement du continent en produits de prévention et de traitement pandémique.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi de vous tenir au courant des développements récents au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Je rappelle qu’à partir du 23 avril 2020, les chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO ont tenu un sommet extraordinaire sur la pandémie pour faire le point sur la situation épidémiologique dans la région, réaffirmer la solidarité régionale et continentale dans la lutte contre la pandémie, et convenir sur les stratégies clés pour la région en matière de riposte à la pandémie.

Sous la houlette d’Excellence M. Muhammadu BUHARI, Président de la République Fédérale du Nigéria, Champion de la Lutte contre le COVID-19, nommé par la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO pour assurer une coordination de haut niveau, trois comités de coordination ministériels ont été constitués, à savoir (i) le comité de santé, (ii) le comité des finances, et (iii) le comité des transports et du commerce. Ces comités ont tenu une série de réunions virtuelles et formulé des recommandations pour guider les décisions des chefs d’État et de gouvernement.

Concernant la situation épidémiologique, au lundi 17 août 2020, notre région enregistrait 148.831 cas confirmés de COVID-19 dont 27.316 cas actifs et malheureusement 2.231 décès, soit un taux de mortalité de 1,50%. L’espace CEDEAO représente donc au niveau continental, 13,2% du nombre total de cas confirmés, 10,4% des cas actifs et 8,7% du nombre total de décès. Cinq pays: le Nigéria, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et la Guinée représentent ensemble 87% du nombre total de cas de COVID-19 diagnostiqués dans la région de la CEDEAO. Cependant, la région connaît une baisse continue du nombre de cas nouvellement confirmés, avec une diminution hebdomadaire régulière au cours des trois dernières semaines. Au Niger, avec 1 167 cas confirmés, nous avons enregistré 69 décès et 16 patients en traitement au 19 août 2020. La situation dans la région de la CEDEAO est donc sous contrôle mais nous restons vigilants.

Permettez-moi de saluer la détermination des gouvernements et des populations des États membres de la CEDEAO à enrayer cette pandémie à travers les nombreuses stratégies et actions mondiales concertées et coordonnées déployées aux niveaux national et régional, en collaboration avec nos partenaires. En effet, chacun des Etats membres a déployé des interventions clés de santé publique qui ont consisté, entre autres, dans la mise en place de comités ministériels de coordination multisectoriels de haut niveau, dans l’activation de centres d’opérations d’urgence. , le renforcement des initiatives de communication des risques, la mise en place d’une stratégie de dépistage, de traçage et de traitement, et l’activation d’une capacité de réponse rapide pré-planifiée dans le but de renforcer à la fois les ressources humaines et les infrastructures. Ces interventions sont menées avec la participation des gouvernements, du secteur privé, des volontaires, de la société civile et des organisations non gouvernementales, avec un soutien considérable des partenaires. Au niveau régional, la CEDEAO, à travers l’OOAS, n’épargne aucun effort pour renforcer la réponse à la pandémie COVID-19:

– coordonner la communication et la collaboration entre les États membres et entre la région et les partenaires;

– en dotant chacun des États membres des équipements médicaux vitaux, notamment des kits de tests de diagnostic;

– adopter des directives de santé publique;

– décider du financement ciblé pour les besoins spécifiques des pays;

En mettant en place des formations approfondies pour renforcer les capacités humaines.

Bien que la pandémie semble se stabiliser dans toute la région, il est très difficile de prévoir son évolution. Nous devrons peut-être vivre avec cette pandémie pendant un certain temps encore. En l’absence de vaccin, il suffit d’observer, à court et moyen terme, des mesures de barrière, de confinement et des mesures non pharmaceutiques. L’Afrique doit former un front uni pour plaider en faveur d’un accès équitable aux vaccins lorsqu’ils seront disponibles.

Nous continuons à nous approvisionner en fournitures médicales locales telles que masques et autres équipements de protection individuelle, désinfectants et tous les médicaments fabriqués dans la région, afin d’atténuer l’impact des mesures de confinement et de restriction.

Concernant l’impact socio-économique de la pandémie nous avons pensé que le scénario le plus probable était celui de la fin de la pandémie en juin 2020. Dans ce scénario, les conséquences économiques, bien que difficiles, pourraient se traduire par un ralentissement de la croissance de nos États. Au niveau de la CEDEAO, nos prévisions étaient que le taux de croissance initialement prévu à 3,3% serait ramené à 2%.

Avec la persistance de la pandémie, ce scénario n’est plus d’actualité. Nos pays sombrent progressivement dans la récession. L’économie de notre communauté connaitrait une contraction estimée à -2,1% pour l’année 2020. Les conséquences pour nos Etats, déjà confrontés à d’autres défis comme l’insécurité, sont dramatiques et concernent notamment la baisse des recettes fiscales, un budget important déficit, une détérioration des secteurs sociaux de base, une augmentation du chômage, bref une augmentation de la pauvreté.

En attendant la mise au point d’un vaccin, nous devons envisager des stratégies pour atténuer rapidement les effets dévastateurs sur nos économies, en particulier sur la vie des personnes vulnérables, notamment en assouplissant les restrictions et les mesures d’endiguement. Nos États membres ont adopté des mesures économiques visant à empêcher la faillite générale des petites et moyennes entreprises.

Toutes les options sont explorées, y compris les allégements fiscaux, les prêts sans intérêt et les filets de protection sociale pour soutenir nos économies. Nos comités ministériels de coordination multisectorielle pour lutter contre la pandémie du COVID-19 au sein de la CEDEAO ont convenu de lignes directrices et de protocoles concernant la circulation des biens et des personnes lors de la réouverture de nos frontières. Il est important que nous accélérions la mise en œuvre des mesures pour parvenir à une relance progressive et coordonnée des activités économiques. C’est le lieu de me féliciter pour la mobilisation de 28 millions de dollars sur les 37 millions de dollars prévus dans le plan régional de réponse.

Suite aux démarches entreprises par le groupe de travail sur la mobilisation des ressources, des réactions positives ont été enregistrées de la part de nos partenaires. C’est ainsi que des annonces de financement ont été faites en faveur de nos pays à hauteur de 40 milliards de dollars, dont 15,3 milliards de dollars ont déjà été décaissés. En particulier, l’Afrique devrait chercher une plus grande part dans la répartition de l’augmentation des droits de tirage spéciaux du FMI. Permettez-moi de féliciter les membres de l’Équipe spéciale pour les résultats obtenus.

Une autre conséquence du COVID 19 est le retard enregistré dans la mise en œuvre du programme ZLECAf, pour lequel nous avions prévu de démarrer les échanges en 2020. Grâce au soutien du Président Nana Akufo Addo qui a mis à disposition de notre commission un immeuble de luxe et un budget initial allocation, le Secrétariat Exécutif de la ZELECAf est installé à Accra et est opérationnel, ce qui laisse espérer une accélération des travaux de nos experts, nos négociateurs et nos Ministres en charge du commerce ainsi qu’un démarrage effectif des échanges en 2021. En en ma qualité de champion de la ZLECAf, je tiens à remercier le Président Nana Akufo Addo et à remercier le Gouvernement et le peuple ghanéen pour ce geste généreux témoignant de l’engagement du Ghana en faveur d’une véritable intégration du continent.

En conclusion, permettez-moi de saisir cette occasion pour exprimer ma profonde et sincère gratitude à tous nos partenaires, et ils sont nombreux, pour leur soutien au niveau régional et au niveau de chacun des États membres. Cependant, permettez-moi, au nom de toute la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, de remercier mon frère, Son Excellence le Président Muhammadu Buhari, le Champion de la CEDEAO pour la lutte contre la pandémie COVID-19 pour ses conseils sur la réponse régionale et pour l’important soutien logistique offert à la CEDEAO et à l’OOAS.

Ce matin, j’ai dû présider une visioconférence des chefs d’État de la CEDEAO sur le coup d’État du 18 août 2020 au Mali, un coup d’État qui compliquera certainement la gestion du COVID19 dans ce pays. . La vidéoconférence a franchi des étapes décisives vers le retour à l’ordre constitutionnel. Je n’ai aucun doute sur le soutien de l’UA dans la mise en œuvre de ces mesures.

Ensemble, nous vaincrons cette pandémie sur notre continent et reconstruirons nos économies pour un avenir meilleur.

Je vous remercie de votre aimable attention. “



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