Discours du président du MPN KIISHIN KASSA le 1er mai, fête du Travail 2020

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Publié dans Politique

ÀChers concitoyens,
Camarades travailleurs.se, retraités.es, chômeurs.ses;

Chaque année, le 1er mai, on célèbre la fête du Travail ou la fête internationale du Travail. Comme vous le savez, cette date commémore le soulèvement et le sacrifice des travailleurs de Chicago. Pour rappel, le samedi 1er mai 1886 à Chicago, une grève pour réclamer la journée de 8 heures de travail a éclaté, mobilisé plus de 350 000 travailleurs et paralysé l’industrie à travers le pays. Les manifestations se sont poursuivies et se sont terminées mardi dans un effroyable bain de sang.
En 1889, l’Internationale Socialiste réunie à Paris, proclame le 1er mai journée internationale de lutte ouvrière. Par la suite, les différents régimes ont repris cette célébration qu’ils ont parfois exploitée selon leur idéologie et leur orientation politique. Les pays africains, depuis l’époque coloniale, n’ont pas été en reste dans cette célébration.
Le 1er mai est donc une date importante. C’est un jour historique qui appartient à l’héritage de la lutte des travailleurs du monde entier. Aussi loin que nos souvenirs remontent, c’est probablement la première fois en temps de paix que ce jour ne sera pas célébré.
En effet, le 1er mai de cette année survient alors que le monde connaît une situation sanitaire sans précédent. La pandémie de Covid 19, en plus du nombre insupportable de décès, a perturbé l’ensemble du tissu économique et social de tous les pays. En quelques semaines, tous ceux qui croyaient que le monde avait atteint son plus haut niveau de confort et de stabilité ont vu leurs certitudes balayées et nous découvrons à quel point nos États sont si vulnérables et à quel point le monde entier peut basculer si rapidement grâce à la apparition d’un nouveau virus.
Mais si les rassemblements et les manifestations sont impossibles en raison du contexte, l’idéal et la flamme de cette journée mémorable ne peuvent pas s’effacer car les défis posés aux travailleurs sont restés les mêmes.

Chers concitoyens,
Camarades travailleurs, retraités, chômeurs;

En raison de la crise COVID 19, tous les gouvernements se disputent des annonces pour soutenir un secteur particulier de l’économie ou de la société. Au Niger, le gouvernement a annoncé une série de mesures. A bien y voir, ces mesures relèvent davantage de la communication politique que de mesures adéquates qui doivent être à la hauteur des attentes des individus et de l’économie. C’est un euphémisme de dire qu’elles sont notoirement insuffisantes, car elles ne toucheraient que très peu de personnes et ne permettraient pas de soutenir les entreprises et le commerce. En outre, ces mesures ignorent le sort de millions de Nigérians pauvres et affamés qui ont vu leur situation se détériorer davantage à cause du coronavirus.
Nous sommes en droit de nous interroger sur l’utilité pratique de différer une taxe de 2 mois lorsque l’activité sur laquelle la taxe est basée a cessé. Ou que penser de l’abandon exclusif de la consommation d’eau et d’électricité aux seuls groupes sociaux est respectivement de 1500 et 3700 FCFA. A partir de 2000 F d’eau et 4000 F d’électricité,
Les consommateurs sont supposés riches et doivent donc payer l’intégralité de leur facture, alors que la plupart de leurs revenus ont baissé ou disparu en raison de la pandémie.
En ce qui concerne les distributions gratuites et autres ventes à prix modéré, disons la vérité: nous savons tous que les vrais destinataires ne reçoivent rien à cause du favoritisme et de la corruption.
Si ailleurs, on parle de soutien massif aux entreprises en difficulté, en leur garantissant soit des prêts bancaires, soit en payant partiellement leurs salariés pour éviter toute perte d’emploi, au Niger ce n’est pas le cas.
La seule suspension des contrôles fiscaux (qui reprendrait après la fin certifiée de la pandémie) est la seule mesure destinée aux entreprises. Les travailleurs du secteur privé en particulier ont le droit de s’attendre à des mesures plus innovantes qui les mettraient à l’abri de toute tentation de licencier ou de remettre en cause leurs réalisations en raison de la crise née de la pandémie.
L’État doit supporter pleinement les inconvénients raisonnables de la situation. Pour y arriver, vous avez naturellement besoin de ressources et donc d’une politique. Au Niger, il reste à définir. Nous demandons au gouvernement de le faire et de l’appliquer d’urgence.

Chers concitoyens,
Camarades travailleurs, retraités, chômeurs;

Chaque crise génère des opportunités et permet également de tirer des enseignements. Au Niger, nous savons par expérience de la gestion de covid19 que:
1. Un gouvernement qui n’a pas la confiance de sa population n’est pas capable d’inspirer un changement de comportement chez les citoyens;
2. Un gouvernement autoritaire n’a aucun scrupule à profiter même des situations de malheur pour poursuivre la répression des opinions et la restriction des libertés
3. Et enfin en matière de santé, le discours propagandiste sans investissement sérieux est un délit. En effet, malgré toutes les annonces de milliards investis, notre pays ne dispose que d’une dizaine de respirateurs pour 22 millions d’habitants et c’est un délit.
Mon point de vue est que de cette épreuve difficile, un nouveau travailleur, un nouveau décideur et un nouveau comportement doivent émerger.

Chers concitoyens,
Camarades travailleurs, retraités, chômeurs;

En raison de mon expérience syndicale et de la ligne politique de notre mouvement, je serai toujours du côté des travailleurs, des chômeurs et des retraités.
Lutter pour les droits des travailleurs et des retraités et proposer des voies de création d’emplois sont des engagements de notre mouvement que nous avons reflétés dans notre programme, faisant de l’emploi et du travail nos principales priorités.
Notre conception du travail bannit les inégalités, la discrimination et l’utilisation du travail comme élément de domination des plus faibles. Pour nous, le travail est indissociable de la dignité des hommes et des femmes.
La dignité sur le lieu de travail suppose l’existence d’un environnement propice à la considération, à un revenu substantiel et à l’équité.
Chaque être humain vise le plus haut niveau de bien-être, le travail doit y contribuer et l’Etat doit se mobiliser pour cela. Malheureusement au Niger, nous n’avons pas réussi à créer des emplois et à prospérer les entreprises. C’est un double échec qui marque le bilan des politiques mises en œuvre jusqu’à présent.
En effet, même si le taux de croissance a augmenté certaines années, il n’a pas permis de modifier la structure de notre économie, ni même de réduire significativement la pauvreté et les inégalités. Le revenu moyen par habitant a progressé très lentement par rapport à celui des autres pays de la sous-région. Le chômage, malgré une définition qui cache les réalités, est exponentiel.
Il est donc plus qu’urgent d’investir massivement dans le capital humain des Nigériens, de transformer l’économie rurale pour qu’elle produise des millions d’emplois formels et durables, de réindustrialiser le pays; soutenir les micro / petites / moyennes entreprises / industries, soutenir l’auto-entrepreneuriat, investir dans l’éducation et la formation professionnelle, soutenir l’artisanat qui crée beaucoup d’emplois, généraliser l’accès aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, financer les entreprises les plus prometteuses, réduire le coût de l’argent sur le marché bancaire, l’exonération fiscale des nouvelles entreprises sur une période raisonnable, l’octroi d’un bonus fiscal à celles qui créent et maintiennent le plus grand nombre d’emplois, etc.

Chers concitoyens,
Camarades travailleurs, retraités, chômeurs;

La justice sociale et la solidarité sont les valeurs centrales de la République. Nous constatons avec regret que la mauvaise gouvernance a produit et reproduit les plus grandes inégalités au Niger.
Nous savions déjà qu’en termes d’accès à la santé et à l’éducation, les Nigériens sont parmi les plus défavorisés du monde, nous découvrons aujourd’hui avec cette pandémie l’extrême misère de notre système de santé. Je salue ici le dévouement des agents de santé à la ligne de front contre toutes les maladies, dans des conditions aussi difficiles. J’appelle les autorités à assumer leurs responsabilités en assurant leur protection en leur fournissant des équipements de protection de qualité suffisante et suffisante.
Nous sommes également des témoins vivants, en cette période du Ramadan, de l’incontestable incapacité des compagnies d’eau et d’électricité à fournir aux Nigériens (ne serait-ce que quelques milliers d’abonnés) ces services de base. Soixante ans après l’indépendance, c’est une anomalie honteuse. Nous devons de toute urgence y mettre fin. Chez MPN Kiishin Kassa, nous avons les solutions.
Le mouvement patriotique nigérian Kiishin Kassa reste convaincu que nous devons être prévoyants, car gouverner, c’est aussi planifier. Chaque année, des centaines de milliers de jeunes hommes et femmes entrent sur le marché du travail. Nous le savons et malheureusement les opportunités sont rares pour eux. Nous devons créer ces opportunités ou aider ces jeunes et ces femmes à les créer eux-mêmes.

Chers concitoyens,
Camarades travailleurs, retraités, chômeurs;

Aux travailleurs de tous les secteurs, organisez-vous, défendez vos droits et soyez toujours attaché à un avenir plus juste.
Aux fonctionnaires, restaurez l’esprit et la lettre de votre mission. Mobiliser pour contrer la politisation de l’administration, car si vous ne vous battez pas, si nous ne faisons rien, l’administration qui devrait fonctionner comme un accélérateur de développement et un incubateur de bon sens pourrait devenir un frein.
Au sein des organisations syndicales, levez-vous et gardez la flamme de la lutte au service de vos militants et au service de votre pays. Les syndicats les plus honorés de l’histoire sont ceux qui défendent les acquis des travailleurs et qui participent à tous les combats aux côtés du peuple.

Chers concitoyens,
Camarades travailleurs, retraités, chômeurs;

Je voudrais réaffirmer ici ma conviction que la création d’emplois est un premier problème ODRE. Si nous voulons que notre pays progresse, que notre économie se développe, si nous recherchons la paix et la stabilité nationale, nous devons créer des emplois qui répondent aux attentes. J’appelle ce gouvernement à le faire, et s’il ne le fait pas, nous le ferons en sha ALLAH.

Excellent mois de Ramadan à tous
Joyeux anniversaire aux travailleurs
Que Dieu bénisse le Niger et son peuple! AMINE
MERCI.

Président du MPN KIISHIN KASSA, Ibrahim Yacouba.

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