Emmanuel Macron dans une interview pour fixer son cap pour la France

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Dans l’ombre de Covid-19, ce 14 juillet sera sans précédent pour Emmanuel Macron. Le président français répondra aux questions de deux journalistes mardi à 13h10, tandis que le pays attend des réponses sur de nombreux sujets. Il devrait présenter un plan de relance majeur, avec des annonces probables pour les jeunes, l’environnement et contre la discrimination.

En 2017, lors de son premier 14 juillet en tant que président de la République, Emmanuel Macron s’est contenté de quelques mots dans la galerie. Cette année, dans un contexte de crise sans précédent, le président français renoue avec une vieille tradition française: l’interview en direct de l’Élysée. Le chef de l’Etat expliquera dès 13 h 10, pendant 45 minutes, son programme à venir en répondant aux questions de deux journalistes de TF1, France 2 et France Inter.

L’occasion de fixer un cap pour les deux années restantes. Car le président vise déjà la prochaine étape: sa candidature à l’élection présidentielle de 2022. Pour cela, il va falloir retrouver la confiance des Français et rassurer face à une triple crise: la santé, qui conduit à une crise économique et crise sociale. Selon l’Insee, la France va plonger dans une récession de 9% en 2020, du jamais vu depuis 1948.

En plus de son plan de défense en cas de rebond de l’épidémie – faudra-t-il rendre le masque obligatoire? – le président devrait donc avant tout préciser le plan de relance économique et de soutien à l’emploi prévu pour la rentrée scolaire, y compris les annonces sectorielles, allant de l’aide à l’embauche de jeunes aux mesures environnementales annoncées dans la convention des citoyens pour le climat.

La reprise économique au centre de toutes les attentions

Après des mois de crise, le chef de l’État sait qu’il devra convaincre. Il est donc passé au vert à la résidence présidentielle de La Lanterne, à Versailles, dans les Yvelines, pour préparer les questions des deux journalistes, Léa Salamé et Gilles Bouleau. Il aborde l’exercice avec un tout nouvel atout dans son jeu: la signature, lundi 13 juillet, d’un accord historique de 8 milliards d’euros en faveur de l’hôpital, dont 183 euros d’augmentation pour le personnel paramédical. Ce «Ségur de la santé» est le fruit de huit semaines d’intenses négociations entre les syndicats et le gouvernement. “J’étais attaché à cela, nous venons de le faire”, a tweeté le chef de l’Etat.

Le plan de reconstitution en cours d’élaboration fera l’objet de toutes les attentions. Certains éléments ont déjà filtré. La priorité, a souligné dimanche le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, sera l’aide à l’emploi des jeunes. Plusieurs milliards devraient également être consacrés à la rénovation thermique des bâtiments, qui allie économie et environnement. Et pour inciter les entreprises à se délocaliser, les taxes sur la production pourraient être réduites, avec compensation pour les régions qui les collectent.

Un autre sujet délicat est la réforme des retraites, que le chef de l’Etat veut relancer malgré l’opposition des syndicats et des employeurs. Les mêmes questions se posent pour la réforme de l’assurance chômage, qui durcira les conditions de prestations, et qu’Emmanuel Macron veut relancer.

La délicate affaire Darmanin

L’autre question sur laquelle le président devra faire attention est celle des femmes. Alors qu’il avait fait de l’égalité des sexes la “grande cause” du quinquennat, Emmanuel Macron devra aussi certainement répondre aux critiques contre les nominations de Gérald Darmanin à l’Intérieur et d’Eric Dupond-Moretti à la Justice, une victime d’une plainte pour viol, l’autre pour avoir déclaré que les femmes regrettent de ne plus avoir été sifflées. Les associations féministes dénoncent un scandale et plusieurs manifestations ont été organisées en France depuis leur nomination.

En attendant de franchir la ligne avec les journalistes, Emmanuel Macron a pu travailler sur son positionnement d’unificateur, en s’adressant aux militaires au ministère des Forces armées, le 13 juillet, depuis l’hôtel de Brienne, à Paris. Il a salué “l’élan et le dynamisme” des militaires engagés dans la gestion de la crise sanitaire et a souligné: “Nous devons rester vigilants, mais la vie a repris son cours”. Une normalité qui reste très fragile et qu’une deuxième vague de Covid-19 pourrait remettre en cause à tout moment. De quoi affaiblir également les 600 prochains jours.

Avec AFP





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