En Corse, le mouvement #IWas appelle à «la fin de l’omerta pour les victimes» d’agressions sexuelles

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Le mouvement de dénonciation des violences sexuelles #IWas a pris un élan particulier en Corse ces dernières semaines, avec des dizaines de témoignages sur les réseaux sociaux, même s’il n’a jusqu’à présent suscité que peu de plaintes.

La “loi du silence” concernant les violences sexuelles en Corse s’estompe, alors que le mouvement #IWasCorsica prend de l’ampleur. Dimanche 5 juillet, plusieurs centaines de personnes ont défilé dans les rues d’Ajaccio pour dénoncer les agressions sexuelles contre les femmes. A l’appel du mouvement, des manifestants, pour la plupart des jeunes femmes, ont rallié la préfecture du palais de justice en brandissant des pancartes “Prenez nos plaintes”, “La peur change de camp”, “Fin de l’omerta pour les victimes”. Le 21 juin, quelque 300 personnes avaient déjà manifesté avec les mêmes slogans à Bastia.

Depuis début juin, des témoignages ont circulé sur la page #IWasCorsica, une dérivation insulaire du hashtag #IWas (“J’avais” ou “J’étais vieux”), né aux États-Unis à la même époque. , suivi de l’âge, permet aux victimes de violences sexuelles de partager sur les réseaux sociaux ce qu’elles ont vécu. Culomba Sicurani, par exemple, âgé de 25 ans, a été l’un des premiers en Corse à s’en emparer. “#I était environ 6. Il était mon cousin. Il avait 14 ans. Je me suis réveillé la nuit. Il ne dormait pas. Et il m’a demandé de l’aider à terminer ce qu’il faisait.” , a-t-elle écrit le 6 juin. Maintenant basée à Dublin, elle explique à l’AFP la difficulté de raconter ces drames: “En Corse, c’est petit, on se connaît tous. On n’ose pas parler car le violeur est l’ami, le cousin”.

“Omerta n’est pas un mythe sur l’île”

“Sur l’île, le silence vient de la honte et de la peur des représailles. Ses parents ne sont pas informés de peur que son père ne tue l’agresseur”, Laetitia Maroccu, présidente de l’association Done et Surelle, et responsable à Ajaccio de la délégation pour égalité des sexes.

“Omerta n’est pas un mythe sur l’île” sur ces questions de violences sexuelles “commises dans la majorité des cas par des proches”, confirme un policier depuis longtemps au courant de ces cas. Sans procès, “les victimes ne sont pas reconnues comme telles”.

Le mouvement a reçu le soutien du maire d’Ajaccio Laurent Marcangeli, présent au cortège de dimanche, mais aussi des maires de Bastia et Bonifacio, et de Marlène Schiappa, secrétaire d’État à l’égalité entre les femmes et les hommes sous le gouvernement Philippe.

Le préfet d’Ajaccio, qui a reçu une délégation, “nous a donné son email et son numéro de téléphone portable afin que nous puissions lui adresser les plaintes qui posent problème”, a expliqué à l’AFP Laetitia Maroccu et Anaïs Mattei, l’AFP. l’un des organisateurs des événements, regrettant trop de classements sans suivi. La jeune femme de 22 ans affirme avoir recueilli “les témoignages de 15 personnes prêtes à porter plainte” qui doivent se rendre mardi au commissariat de Bastia.

Dépôt de plaintes de victimes rares

A ce jour, une seule “plainte pour un viol qui aurait été commis l’été dernier en Haute-Corse” a été enregistrée, a indiqué à l’AFP le procureur de Bastia, Caroline Tharot. Alors que les plaintes des victimes restent rares, “48 plaintes pour diffamation ont été déposées en Haute-Corse suite à la publication de dizaines de noms de délinquants sexuels ou violeurs potentiels”, partagées par des messages privés sur les réseaux sociaux, a précisé le procureur. Une 49e plainte a également été déposée en Corse du Sud.

Samedi, une opération de collecte de messages en corse et en français a été menée dans les rues de Paris, en soutien aux victimes de violences sexuelles sur l’île. On pourrait lire notamment “mai piu zitte” (“plus jamais silencieux”, en corse), “un si micca sola” (“tu n’es pas seul”) ou, en français, “Corse: île des justes, pas violeurs” .

Avec AFP





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