en France, des milliers de manifestants dans la rue malgré les interdictions

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Dans le sillage de l’onde de choc provoquée par la mort de George Floyd aux Etats-Unis, des manifestations contre les violences policières ont eu lieu samedi dans plusieurs villes françaises malgré les restrictions sanitaires et les interdictions préfectorales.

Plusieurs manifestations ont eu lieu, malgré les interdictions. L’onde de choc provoquée par la mort de George Floyd aux États-Unis a continué de se propager samedi 6 juin en France où des manifestations contre la violence policière ont eu lieu dans plusieurs villes malgré les restrictions sanitaires et les interdictions. Au total, plus de 23 000 manifestants ont battu le trottoir du pays, selon le ministère de l’Intérieur.

Surveillés de près par les autorités, les actions de Paris, Bordeaux, Lyon, Lille et même Rennes, visaient à rendre hommage à cet Afro-Américain décédé aux mains de la police le 25 mai, mais aussi à dénoncer “racisme” et ” l’impunité “qui régnerait au sein de la police en France.

Des milliers de personnes, Place de la Concorde

Dans la capitale, quelque 5 500 personnes ont défié l’interdiction préfectorale de se rassembler place de la Concorde près de l’ambassade des États-Unis et exigent «justice pour tous» en brandissant des pancartes «Black Lives Matter», le cri de ralliement du mouvement aux États-Unis, selon chiffres du ministère de l’Intérieur.

“Je trouve scandaleux que toutes ces injustices restent impunies et que l’État ne fasse rien”, a expliqué Dior, un étudiant sénégalo-ivoirien venu participer à ce rassemblement, encadré par des policiers déployés en grand nombre.

Chantant “pas de justice, pas de paix”, d’autres manifestants se sont rendus au Champ-de-Mars, près de la Tour Eiffel, pour participer à une action également interdite en raison de la pandémie de coronavirus.

“La France se noie dans son racisme”

A Bordeaux, au moins 2 500 personnes ont marché en paix derrière des banderoles dénonçant “police raciste” et “impunité policière”, avant d’observer, à genoux et pour certains, les poings levés, une longue minute de silence.

“Nous n’avons pas pu participer aux manifestations aux États-Unis, nous le faisons donc ici”, a expliqué Caroline Fache, une Franco-américaine dont la famille s’apprête à rentrer aux États-Unis. “Je ne veux pas que ma fille grandisse dans une société où toutes les vies humaines ne sont pas créées égales.”

A Lyon, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées dans le centre-ville. “La France se noie dans son racisme. Nous dénonçons les violences policières et le déni de silence des institutions”, a assuré Arkya Sedime, membre du collectif des Afro-descendants.

Mobilisation également à Rennes, où de 700 à plus d’un millier de personnes ont manifesté. Les participants ont formé un corps autour d’Awa Gueye, la sœur de Babacar Gueye, abattue lors d’une intervention policière à Rennes en 2015, à l’âge de 27 ans.

“Il y a 34 ans, j’étais étudiante et je manifestais déjà pour dénoncer la mort de Malik Oussekine. Aujourd’hui, rien n’a changé”, a assuré Nathalie Aubré-Connan, qui a sorti sa pancarte “Ne touchez pas mon compagnon”.

Des rassemblements plus modestes ont également eu lieu à Metz, Nancy ou Béziers, alors que des actions avaient déjà eu lieu, la veille, à Strasbourg et Clermont-Ferrand.

A Metz, des incidents ont éclaté samedi à l’issue de la manifestation, et le procureur a été légèrement blessé. “En secouant la grande porte du palais de justice, les manifestants ont réussi à forcer la petite porte pour les piétons”, a expliqué à l’AFP le procureur de Metz, Christian Mercuri. “Je suis venu constater les dégâts et j’ai reçu un caillou sur le nez”, a expliqué le magistrat, de l’hôpital où il allait être soigné, ajoutant que les manifestants avaient rapidement quitté le palais de justice.

Selon la préfecture de la Moselle, quelque 800 personnes sont parties en début d’après-midi pour cette manifestation qui s’est d’abord déroulée dans le calme.

A Marseille, plus de 3 000 personnes, selon la police, ont quitté le Vieux-Port dans la soirée. “Il n’y a plus de présomption d’innocence. Nous qualifions les gens avant leur physique”, a déclaré Ouiam el-Hamdani, un étudiant en droit. A ses côtés, Cléo qui vivait en Martinique regrette qu’en métropole des amis noirs lui demandent le soir de les accompagner “de peur d’être arrêtés par la police”.

Christophe Castaner promet d’être “sans compromis”

Objet de polémiques récurrentes ces dernières années, les accusations de violences policières couplées à celles de racisme avaient déjà trouvé un nouvel écho mardi soir à Paris.

Répondant à l’appel de la famille d’Adama Traoré, décédé en 2016 après son arrestation dans le Val-d’Oise, au moins 20000 personnes s’étaient rassemblées devant le tribunal de Paris, Porte de Clichy, scellant une mobilisation sans précédent qui a surpris le les autorités.

Mis sous pression, le gouvernement a réfuté l’existence de tout “racisme structurel” au sein des forces de police mais a fini par admettre l’existence d’un “certain malaise” qui devait être entendu.

En première ligne, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a promis d’être “sans compromis” face à tout signe tangible de racisme ou de violence injustifiée au sein de la police.

Vendredi, il s’est également rendu en justice après la révélation, par le site d’information Streetpress, de l’existence d’un groupe privé sur Facebook réservé à la police et où des messages racistes et haineux sont échangés. Le parquet de Paris a ouvert une enquête.

La droite redoute une aggravation de la “fracture” dans la société française

A droite, ce climat électrique fait craindre une aggravation de la “fracture” dans la société française et la montée d’une “haine anti-flic”, selon le président du groupe Les Républicains au Parlement, Damien Abad.

À l’autre extrémité du spectre, Jean-Luc Mélenchon, chef des Insoumis, a désigné l’exécutif. “La racine de tout cela est le pouvoir politique qui est entre les mains des syndicats de policiers qui font ce qu’ils veulent”, a-t-il déclaré à Marseille.

Déplorant le “silence massif” des autorités, l’association SOS Racisme a demandé au gouvernement “d’ouvrir – enfin – le site de la lutte contre le racisme au sein de la police”.

Avec AFP





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