En Libye, grand succès du GNA contre les troupes du maréchal Haftar

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Les forces progouvernementales ont annoncé vendredi qu’elles avaient pris le contrôle de l’ouest de la Libye, infligeant une défaite cuisante aux troupes rivales du maréchal Khalifa Haftar.

C’était leur dernier bastion dans cette région. Les forces progouvernementales ont annoncé vendredi 5 juin qu’elles avaient pris le contrôle de tout l’ouest de la Libye, infligeant une défaite cuisante aux troupes rivales du maréchal Khalifa Haftar.

“Nos forces héroïques ont étendu leur contrôle sur toute la ville de Tarhouna, après avoir anéanti les milices terroristes de Haftar”, à 80 km au sud de la capitale Tripoli, a annoncé Mohamad Gnounou, porte-parole de l’Union Government Forces National (GNA), reconnu par l’ONU.

La perte de Tarhouna marque un tournant dans le conflit entre les deux camps depuis le lancement, par le maréchal Haftar en avril 2019, d’une offensive pour s’emparer de Tripoli.

“Redéploiement” des troupes à l’extérieur de Tripoli

Le conflit a vu une implication croissante de puissances étrangères ces derniers mois. Le soutien militaire accru de l’allié turc a notamment permis au GNA d’enregistrer une série de succès. Homme fort de l’est de la Libye, Khalifa Haftar était soutenu par l’Égypte, les Émirats arabes unis et la Russie.

Depuis mercredi, le GNA a successivement annoncé la reprise de l’aéroport international de Tripoli, hors service depuis 2014, le contrôle total des frontières administratives du Grand Tripoli, et la reprise de Tarhouna.

Sans confirmer directement les deux premiers revers, Ahmad al-Mesmari, porte-parole du maréchal Haftar, a déclaré jeudi un “redéploiement” des troupes à l’extérieur de Tripoli.

Il a invoqué “une initiative humanitaire pour arrêter l’effusion de sang du peuple libyen”, et a assuré que la décision de ce redéploiement avait été prise après “l’acceptation du commandement militaire de participer au comité militaire sous l’égide des” Nations Unies “”.


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Avertissement de représailles contre des civils

Mercredi, l’ONU a annoncé la reprise à Genève des négociations du comité militaire, qui comprend cinq membres pro-GNA et cinq membres pro-Haftar et qui vise à obtenir un cessez-le-feu. Ces négociations étaient suspendues depuis plus de trois mois.

Jusqu’à présent, toutes les tentatives précédentes pour établir un cessez-le-feu durable ont échoué.

Depuis l’offensive du maréchal Haftar en avril 2019, des centaines de personnes, dont de nombreux civils, ont été tuées dans les violences et quelque 200 000 ont fui.

Les médias libyens ont montré le déploiement de pro-GNA à Tarhouna appelé à sécuriser les locaux. Le commandement pro-GNA a mis en garde ses troupes contre les “représailles, pillages ou destructions” dans la ville.

Selon l’ONG Amnesty International, “des crimes de guerre et d’autres violations ont été commis par les belligérants (…) lors des affrontements près de Tripoli” d’avril à fin mai. “Les civils en paient encore une fois le prix, tandis que les parties (en conflit) multiplient les représailles et les violations”, a expliqué l’ONG.

Elle a mis en garde contre les représailles contre les civils associés à des camps rivaux et a appelé la Turquie, la Russie et les Émirats à “cesser de violer l’embargo sur les armes imposé par les Nations Unies” à la Libye.

Le chef du GNA déterminé à “vaincre l’ennemi”

Après les derniers revers, les commandants pro-Haftar ont fui vers l’aéroport de Bani Walid, une ville contrôlée par des tribus locales à 170 km au sud-est de Tripoli, selon des sources pro-GNA.

En lançant son offensive, le maréchal Haftar s’attendait à une victoire rapide, mais les combats se sont rapidement enlisés.

Soutenu localement par des groupes armés dans l’ouest de la Libye, principalement ceux de Misrata, le GNA contrôle désormais tout l’ouest du pays.

Le maréchal Haftar contrôle l’Est, y compris la plupart des terminaux pétroliers, bloqués par ses forces depuis le début de l’année, ainsi qu’une partie du Sud.

En déplacement jeudi à Ankara, le chef du GNA Fayez al-Sarraj s’est dit déterminé à “vaincre l’ennemi” et à poursuivre “le combat”.

La Russie s’est déclarée “profondément préoccupée par les développements” en Libye. Pour Wolfram Lacher, chercheur à l’Institut allemand des affaires internationales et de sécurité (SWP), les revers du maréchal Haftar “montrent à quel point l’aide étrangère est devenue décisive pour les deux parties”.

Avec AFP



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