En Pologne, deux visions de la société s’affrontent à la présidentielle

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C’est un deuxième tour très serré qui s’annonce, dimanche, entre le président sortant Andrzej Duda et le jeune maire de Varsovie Rafal Trzaskowski. Les Polonais doivent choisir entre deux visions radicalement opposées qui annoncent des directions très différentes pour le pays, notamment dans ses relations avec Bruxelles.

Le président sortant, Andrzej Duda (Parti conservateur du droit et de la justice, PIS), qui pensait gagner les élections au premier tour, doit faire face à la percée inattendue de la Plateforme civique (PO), dirigée par son opposant, le maire de Varsovie. Rafal Trzaskowski, dans les sondages.

Si le président Duda s’est imposé avec plus de 43% des voix au premier tour, son adversaire qui a franchi la barre symbolique des 30% des voix représente une réelle menace pour le deuxième tour dimanche.

Andrzej Duda a cependant bénéficié d’une importante couverture médiatique, tout en menant une campagne électorale parfois surprenante. S’il n’a pas réussi à convaincre autant qu’il le pensait, c’est en partie à cause de ses propos polémiques à l’encontre de la communauté LGBT. La tentative de maintenir l’élection présidentielle en mai, en pleine pandémie, lui a également coûté quelques points de popularité.

Le report des votes favorise le candidat libéral

Le candidat libéral, très populaire dans les grandes villes, est en passe de séduire une grande partie de l’électorat de l’indépendant, Szymon Holownia, troisième homme de cette élection (13,87% des suffrages au premier tour). Ce dernier estime que le président sortant conduit le pays vers l’autoritarisme. S’il n’a pas officiellement appelé à soutenir Rafal Trzaskowski, Szymon Holownia exprime publiquement des points d’accord avec les idées de celui-ci, comme l’explique le correspondant de France 24 à Varsovie, Gulliver Cragg.

Les différentes réserves de voix sont un enjeu majeur au second tour de cette élection présidentielle. La question se pose également pour les partisans du jeune candidat nationaliste Krzysztof Bosak. Qui les électeurs qui ont autorisé le parti d’extrême droite obtiendront-ils 6,75% des suffrages au premier tour?

Andrzej Duda et Rafal Trzaskowski espèrent tous les deux gagner l’électorat de Krzysztof Bosak en mettant l’accent sur leurs points communs: les valeurs traditionnelles pour le président sortant et la lutte contre le monopole bureaucratique du pouvoir pour le candidat libéral.

Une Pologne, deux visions

C’est une véritable bataille idéologique et culturelle qui se déroule pendant cette campagne électorale. Les deux candidats qui traversent le fer incarnent deux visions diamétralement opposées de la Pologne et de son avenir.

L’Europe est au centre des enjeux de cette élection qui pourrait redéfinir les relations entre Varsovie et Bruxelles. Rafal Trzaskowski s’est présenté comme le candidat qui renouera avec l’Europe et qui garantira une véritable démocratie dans le pays.

En raison des antagonismes persistants entre la Pologne et l’Europe, notamment concernant la réforme de la justice qui accroît le contrôle de l’exécutif sur les juges et celui des médias publics jugés trop favorables au PiS, Bruxelles suit de très près cette élection. l

Dimanche, les Polonais diront s’ils maintiennent leur confiance en Duda ou s’ils veulent tourner la page du PiS ultra-conservateur, au pouvoir depuis 2015.



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