En Russie, jouets et légumes pour s’opposer au référendum constitutionnel

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Les militants ont décidé de contourner l’interdiction de manifester contre la réforme constitutionnelle en Russie en laissant leurs signes … aux jouets et aux légumes.

Depuis le jeudi 25 juin et jusqu’au 1er juillet, les électeurs russes ont été appelés aux urnes pour voter lors d’un référendum sur la réforme constitutionnelle. Ce dernier devrait notamment permettre au président Vladimir Poutine de rester au pouvoir pour deux mandats supplémentaires, soit jusqu’en 2036. Le président renforcerait également certaines de ses prérogatives, telles que la nomination et la révocation des juges. A cela s’ajoute l’indexation des pensions, la «foi en Dieu» inscrite dans la Constitution et le mariage en tant qu’institution hétérosexuelle.

Le vote était initialement prévu pour le 22 avril mais a été reporté au 1er juillet en raison de la pandémie de Covid-19. Pour éviter une foule excessive et la propagation du virus, les autorités ont ouvert les bureaux de vote le 25 juin.

>> Voir sur France 24: Réforme constitutionnelle en Russie: Vladimir Poutine s’organise après 2024

En raison de la pandémie et du manque d’accès aux médias pour les voix dissidentes, la campagne des opposants à la réforme n’a jamais décollé. Les rassemblements, prévus en avril à Moscou, n’ont pas pu avoir lieu en raison de l’isolement.

Certains militants, toujours incapables de se réunir pour des raisons de santé, ont cependant trouvé un moyen de se faire entendre avec des «minimanifestations». Et ce sont des figurines, des poupées et même des fruits qu’ils ont remis leurs pancartes.

Des photos publiées le 21 juin sur les réseaux sociaux montrent la démonstration de jouets organisée par le groupe d’opposition Vesna. “Ce référendum est encore plus faux que nous”, peut-on lire sur le bandeau vert devant les figurines. “Je vote non!” Brandit également une petite poupée.

Ces jouets ne sont pas passés inaperçus: le même jour, la police s’est rendue au domicile de la porte-parole de Vesna et une enquête a été ouverte, selon le Moscow Times.

Sur Instagram, un compte appelé “miniprotest” encourage également les utilisateurs à dire “non” à la réforme des fruits et légumes.

Un participant à cette campagne en ligne, qui a préféré rester anonyme, explique aux rédacteurs des Observateurs:

“Les manifestations ne sont actuellement pas autorisées en Russie. Sous le prétexte de la pandémie et des mesures d’isolement, la police arrête des gens sur des piquets de grève et les dirigeants de l’opposition ne prennent pas le risque d’organiser des rassemblements. Notre société agit passivement, comme les légumes (que nous voyons sur les photos, note). Aujourd’hui, seule la campagne pour le “oui” est autorisée. “

La validation de la réforme est en effet presque acquise: la Constitution révisée est déjà en vente dans les librairies. Cependant, de mai 2018 à mai 2020, son taux d’approbation mesuré par l’institut indépendant Levada est passé de 79% à 59%.

La figurine Kinder proteste en 2012

Des personnalités avaient déjà brandi des slogans anti-Poutine sur la place publique en 2012 à Barnaoul, une ville de Sibérie. À l’époque, des militants ont dénoncé les résultats des élections législatives du 4 décembre 2011.

Ce mois-ci, une mobilisation sans précédent dans leur petite ville a entraîné l’arrestation de 20 opposants et l’interdiction des rassemblements. Certains ont alors eu l’idée d’organiser les 7 et 14 janvier ces «nanomanifestations» de Lego, ours en peluche et figurines Kinder.

>> (Re) lire sur Les observateurs: les démos de Lego enragent les autorités russes

Selon le quotidien britannique The Guardian, les autorités locales ont finalement interdit les micromanifestations de jouets, affirmant que les jouets … n’étaient pas des citoyens russes.





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