Évariste Ndayishimiye déclaré vainqueur de l’élection présidentielle

0
58



Publié le: Modifié:

La Commission électorale nationale indépendante a déclaré lundi le candidat du parti au pouvoir au Burundi, Évariste Ndayishimiye, vainqueur de l’élection présidentielle du 20 mai.

Évariste Ndayishimiye, le candidat du parti au pouvoir au Burundi, a été proclamé lundi 25 mai, vainqueur de l’élection présidentielle par la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Ce dernier avait jusqu’à présent publié des résultats partiels qui lui donnaient une très large avance sur ses adversaires. Les chiffres définitifs seront publiés le 4 juin.

Le parti au pouvoir, le CNDD-FDD, a remporté une large victoire aux élections présidentielles, législatives et municipales, selon les résultats partiels des 119 municipalités du pays publiés depuis jeudi par les médias burundais.

L’opposition dénonce le pouvoir de “tricher”

Le général Ndayishimiye, 52 ans, succède au président Pierre Nkurunziza. Au pouvoir depuis 2005, il avait décidé de ne pas se présenter pour un quatrième mandat et l’avait surnommé son “héritier”.

Le principal candidat de l’opposition, Agathon Rwasa, président du Conseil national pour la liberté (CNL), a déjà qualifié ces résultats de “fantaisistes” et accusé le gouvernement de “tricherie” et de “pure manipulation”.

Selon des résultats partiels compilés par l’AFP et couvrant 105 communes, Évariste Ndayishimiye obtient la majorité absolue des voix dans 101 communes. Dans les quatre communes où il a été battu, il n’a jamais perdu moins de 43% des voix. Il obtient au moins 70% des voix dans 66 communes et plus de 50% dans 35 autres.

Maintenues malgré la pandémie de coronavirus, ces élections se sont généralement déroulées dans le calme, mais depuis mercredi, la CNL dénonce les pressions exercées sur ses assesseurs, dont certains ont été arrêtés, ainsi que des fraudes massives.

Aucune mission d’observation des Nations Unies autorisée par le gouvernement

Agathon Rwasa n’a ainsi obtenu que 24,6% des suffrages à Kabezi, commune de la province de Bujumbura-rural (ouest du pays), pourtant considérée comme l’un de ses bastions historiques.

La CNL s’indigne également du cas de la commune de Musigati (ouest), où le général Ndayishimiye recueille 99,9% des voix. Selon un calcul AFP, le taux de participation est supérieur à 102%.

De nombreux témoins et journalistes burundais ont confirmé à l’AFP la validité de ces accusations, même si aucune mission d’observation de l’ONU ou de l’Union africaine n’avait été autorisée par le gouvernement.

Les analystes s’attendaient à un duel houleux entre Évariste Ndayishimiye et Agathon Rwasa, qui avait attiré la foule pendant la campagne, entrecoupé de violence et d’arrestations arbitraires.

Un diplomate en poste au Burundi a exprimé de sérieux doutes quant aux résultats. “Nous nous attendions à ce que cela se passe comme ça, personne ne pouvait imaginer une seconde que le CNDD-FDD et ses généraux céderaient ainsi le pouvoir”, a-t-il dit, sous couvert d’anonymat. “S’il n’y a pas de violence, tout le monde sera satisfait du résultat qui sera annoncé”, a-t-il prédit. “Nous serons positifs, prenant acte du nouveau visage du pouvoir du CNDD-FDD (…) afin d’encourager le changement et l’ouverture politique.”

Crise politique

Depuis la crise politique de 2015, déclenchée par la candidature de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat controversé, le Burundi fait l’objet de sanctions de ses principaux bailleurs de fonds, comme l’Union européenne, la Belgique, voire l’Allemagne. Cette crise politique a fait au moins 1 200 morts et poussé quelque 400 000 Burundais à fuir.

Le pays est tenu par une poigne de fer par le régime, grâce aux “Imbonerakure”, la ligue des jeunes du CNDD-FDD, et au National Intelligence Service (SNR), qui répandent la terreur parmi la population.

Agathon Rwasa a déjà laissé entendre qu’il ne ferait pas appel dans la rue pour le moment et se contenterait de faire appel à la Cour constitutionnelle. Sans pour autant se faire d’illusions sur son issue, car il considère ce corps comme soumis au pouvoir.

S’émanciper de Nkurunziza

Considérant le général Évariste Ndayishimiye comme plus conciliant que son prédécesseur, Pierre Nkurunziza, la communauté internationale semble prête à accueillir le nouveau président burundais. Même si, en tant que secrétaire général du CNDD-FDD depuis 2016, il n’a pas empêché les violations des droits de l’homme.

Reste à voir comment “Neva”, son surnom, pourra s’émanciper de la tutelle de Pierre Nkurunziza, élevé au rang de “guide suprême du patriotisme” en février par l’Assemblée nationale, et qui restera le président des sages du Conseil très influents.

Évariste Ndayishimiye, qui a promis de faire de la reprise économique du pays sa priorité, devrait être investi en août (date de la fin du mandat de Pierre Nkurunziza), pour une durée de sept ans.

Le Burundi est classé parmi les trois pays les plus pauvres du monde selon la Banque mondiale. Selon ce dernier, 75% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, contre 65% lorsque Pierre Nkurunziza est arrivé au pouvoir en 2005.

Avec AFP



Source

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici