Fichier biométrique et les forces politiques impliquées – Niger Inter

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En avril 2021, le Niger connaîtra sa première alternance démocratique de son histoire. C’est, du moins, le souhait sans cesse répété du Président Issoufou. Déjà en 2017, le locataire actuel du Palais présidentiel a clairement déclaré qu’à la fin de son deuxième mandat en 2021, “j’organiserai des élections transparentes et passerai le relais à celui que les Nigériens auront choisi. Et si je le fais, ce serait c’est la première fois depuis 1960 qu’il y aura un transfert pacifique dans le pays. En d’autres termes, il ne fait aucun doute que le Niger est à deux pas de ses élections générales. Une nouveauté est sans aucun doute le fait que ces élections seront organisées première fois au Niger avec un registre électoral biométrique Environ six (6) mois avant ces élections, nous passons en revue les forces politiques présentes.

Le président Issoufou avait déclaré: “Ce serait un événement historique pour le Niger, et j’espère que j’aurai la chance de revenir dans l’histoire en tant que premier président du Niger à avoir passé le témoin de manière pacifique. Son successeur”. Un engagement ferme qu’il a rappelé dans son Message à la Nation du 18 décembre 2018, lorsqu’il a martelé: “J’attache tant d’importance à l’organisation consensuelle, inclusive et transparente des prochaines élections qui, pour la première fois de notre histoire pour qu’un président démocratiquement élu passe pacifiquement le relais à un autre ».

Le 2 avril 2021, jour fatidique du passage du témoin du président Issoufou à celui que les Nigériens auront élu, sera une date tant attendue au Niger et la Commission électorale nationale indépendante (CENI) est en train de travailler difficile de garantir le respect du calendrier fixé pour l’organisation des futures élections. Ceci est un rappel, le dossier électoral classique étant disqualifié d’un commun accord par tous les acteurs, le Niger est tenu d’organiser ses élections avec un dossier biométrique. La CENI est en train de finaliser ce dossier malgré quelques obstacles à surmonter.

Double bouchée à la CENI pour respecter le timing…

Pour la plupart, les choses se déroulent normalement à la CENI malgré les perturbations liées au problème de sécurité et au Covid-19. Dans le développement du fichier biométrique, nous sommes dans la phase d’affichage et de vérification des listes. Ces opérations sont presque terminées dans les régions de Tahoua, Agadez et Dosso. Ils viennent de commencer à Tillabéry puis ce sera au tour de Maradi, Zinder, Diffa et Niamey. Le Conseil national du dialogue politique (CNDP) a tenu sa session de travail le vendredi 12 juin 2020 au Palais des Congrès. La majorité (MRN et APR) et les partis politiques non affiliés ont été informés de l’état du Covid-19 au Niger et du processus électoral. Sur 143 partis politiques légalement reconnus, 123 étaient présents à cette session. L’opposition politique a opté pour la chaise vide ad vitam aeternam. À partir de 16h30 à 23 heures, d’importantes discussions ont eu lieu sur les questions à l’ordre du jour avec des propositions pour améliorer et surmonter les obstacles à la pandémie de coronavirus et au processus électoral. “Nous avons l’obligation d’organiser les élections à temps”, a déclaré le Premier ministre SE Brigi Rafini.

Concernant le processus électoral, le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Me Issaka Souna, a immédiatement informé les participants que les opérations d’inscription pour la préparation du dossier électoral biométrique étaient terminées sur l’ensemble du territoire. La CENI est en phase contentieuse, à savoir l’affichage et la vérification des listes. Ces opérations sont presque terminées à Agadez, Tahoua et Dosso. Ils se poursuivront dans les autres régions.

Le défi de la sécurité et covid-19 ont eu des impacts certains sur le processus d’inscription. Si nous ne faisons pas attention, le retard pourrait avoir un impact sur le calendrier de la CENI, avec pour conséquence le report des élections locales et la non-participation des Nigérians à la diaspora. Des élections locales sont prévues pour le 1er novembre 2020. Le président de la CENI s’est dit préoccupé par le risque de ne pas pouvoir respecter ce délai.

Quant à l’enrôlement de la diaspora, à cause de la covid-19, les frontières des pays restent et restent fermées. C’est pourquoi, selon M. Issaka Souna, «il est impossible d’organiser le recrutement de la 9e région. Il s’agit d’un problème juridique car les membres de la diaspora ne peuvent pas voter et leurs représentants à l’Assemblée nationale ne peuvent pas être votés “. Face à cette force majeure, selon Me Issaka Souna, le Premier ministre a saisi la Cour constitutionnelle pour savoir quelle attitude adopter car “force majeure a statué devant le juge”, martelait, en avocat, Me Issaka Souna.

Les débats sont au point mort sur ces deux questions. Certains estiment que des élections locales doivent être organisées, même si elles sont combinées avec des élections présidentielles et législatives. Tout comme d’autres insistent sur la nécessité de voir comment impliquer la diaspora pour une question d’équité et de respect du code électoral.

Dans un communiqué qu’elle a rendu public, l’opposition rejette les conclusions du CNDP et envisage des manifestations de rue. L’opposition a déclaré qu’elle rendrait publique sa position sur le processus électoral dans les prochains jours.

Le Premier ministre, président du CNDP a été très clair sur la politique de la chaise vide de l’opposition: “Vous ne pouvez pas réveiller quelqu’un qui ne dort pas”, a déclaré Brigi Rafini. Et d’ajouter “” Notre main reste tendue jusqu’à la fin mais nous sommes obligés d’organiser des élections libres à temps, un processus ouvert à toutes les parties. Nous avons tout fait dans la recherche du dialogue. C’est le droit de l’opposition de ne pas participer. Nous espérons qu’ils prendront leur place à la CENI et au CNDP ».

D’autres intervenants ont rappelé les efforts de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) sabordés par l’opposition qui a résolument choisi la politique de la chaise vide. En substance, lors de la tenue des élections, le président du CNDP a rassuré l’opinion publique pour rien au monde que le gouvernement ne puisse déroger aux délais constitutionnels. Outre les élections locales et le doute sur le vote de la diaspora, le président de la CENI a estimé que le processus électoral pourrait être mené à bien.

Concernant le financement, le président de la CENI a rassuré que les choses se passent normalement dans le sens où l’Etat et les partenaires techniques et financiers assument la responsabilité. Il a donné des détails sur les estimations des différentes opérations et sur ce que l’Etat du Niger et ses partenaires ont déjà fait comme efforts.

Les protagonistes mis à l’épreuve du processus électoral …

Maintenant qu’aucun obstacle majeur n’est en vue pour empêcher le bon déroulement des prochaines élections, il est de bon augure de voir que tous les futurs grands protagonistes s’apprêtent à y participer même si, de temps en temps, ils donnent voix au expriment leur désaccord sur la composition de la CENI, du code électoral, de son article 8, etc.

Différents dirigeants politiques nigériens ont en effet été inscrits sur la liste électorale biométrique et ont, à leur tour, appelé leurs militants à faire de même. Les différends constatés çà et là de leur part sont, selon toute vraisemblance, des vitrines pour se donner face à un fort régime de progrès et de modernisation qu’il a provoqué dans le pays.

Sur la scène politique nationale, il y a eu de nombreuses annonces de candidatures aux futures élections présidentielles. Ces candidatures proviennent de la majorité présidentielle ainsi que de l’opposition.

Des politiciens comme Ibrahim Yacoubou et Mahamane Ousmane, pour parler des opposants nigérians les plus représentatifs, ont été choisis comme candidats pour leurs partis respectifs à l’issue de congrès dûment convoqués. En l’absence de hors-jeu Hama Amadou, Mahamane Ousmane et Ibrahim Yacoubou constituent les candidatures les plus sérieuses de l’opposition pour 2020-2021 ne serait-ce qu’en considérant les résultats de 2016.

Du côté de la majorité présidentielle, la candidature qui a le plus marqué les esprits, est celle de Mohamed Bazoum, président du PNDS Tarayya, parti au pouvoir. Mohamed Bazoum, qui semble être l’archi préféré du scrutin, bénéficie déjà d’un soutien considérable, celui du parti CPR Ingantchi de Kassoum Moctar. Il murmure également que d’autres groupes politiques du Mouvement pour la renaissance du Niger (MRN) sont en train de suivre à Kassoum Moctar.

Solidement intégré à l’architecture de la majorité au pouvoir, Seyni Oumarou, actuel Haut Représentant du Président de la République, est également candidat aux futures élections présidentielles. Il a été désigné comme tel à Tahoua où s’est tenu le congrès de son parti, le Mouvement nigérian pour la société de développement (MNSD Nassara). Les divisions internes à son parti sont, malheureusement, un tremplin vers cette candidature de Seyni Oumarou.

La candidature d’Albadé Abouba, président du MPR Jamhuriya a également été annoncée. Mais l’érosion qui caractérise le parti d’Albadé avec la désertion de ses lieutenants pourrait changer son opinion en chef du Jamhuriya presque seul.

Toujours au sein de la majorité au pouvoir, un autre candidat s’est récemment déclaré. Il s’agit de Sanoussi Tambari Jackou, président du Parti nigérian pour l’autogestion (PNA Al Oumma). Difficile cependant pour lui de gagner contre les candidats mentionnés ci-dessus car son parti ne compte même pas un seul membre de l’Assemblée nationale. Certains considèrent cette prétention de la STJ comme un chantage envers son allié de toujours ou du moins du ressentiment inhérent à une colère mal maîtrisée après la signature par le ministre d’Etat Mohamed Bazoum en charge de l’intérieur, acte qui a officialisé l’élection d’Abou Kouré Jackou, chef de canton de Kornaka, le tombeur de STJ. Dans un audio WhatsaApp qui a circulé, nous avons entendu Sanoussi Jackou dire qu’il est un candidat pour voir ceux qui l’aiment et ceux qui ne l’aiment pas. Ce qui se traduit par l’idée d’un petit jeu que STJ aime.

Une candidature un peu trop spéciale a été annoncée par Akal Kassa, un micro-parti qui a récemment rejoint la majorité au pouvoir. Le parti politique d’Alassane Intinikar est le genre de parti comme le PJD Hakika de Maman Hamissou ou l’ORD de Mamane Sani Adamou incarné par le leader sans base populaire. Ces types de partis qui peuvent à peine remplir “remplissent un 404 baché pour” pour parler comme Zakari Alzouma parlant de l’UDN Talaka le construire!

De plus, les dissensions internes à certains groupes politiques peuvent les réduire à un simple soutien à d’autres ou à des observateurs des prochaines élections. C’est le cas du Mouvement démocratique nigérian pour une fédération africaine (MODEN FA Lumana Africa) qui est loin d’être en ordre de bataille face à la crise interne qui a encore affaibli son leader et l’engage dans une issue incertaine d’un procès. Lumana FA, se réduit comme une peau de chagrin à un gâchis politique dû à la boulimie de son désormais ex président. En effet, dans ce match entre légalité et légitimité à Lumana, deux camps revendiquent la direction de ce parti. Camps de Noma Oumarou et Soumana Sanda. Les deux parties ont convoqué un congrès que le ministère a rejeté. Ils sont actuellement jugés par les tribunaux. Chose curieuse que ces deux camps persistent à maintenir chaque camp, c’est le choix de Hama Amadou comme leur candidat aux prochaines élections présidentielles. Une aberration qui traduit l’impasse totale à Lumana FA.

Il est cependant assez difficile voire impossible dans les conditions actuelles pour Hama Amadou de voir sa candidature ratifiée par la Cour constitutionnelle en vue de sa condamnation à un an de prison ferme, peine qu’il a prononcée à la suite de l’affaire du bébé importée du Nigéria. Cette posture des deux camps de Moden Fa Lumana Africa peut disqualifier ce parti, s’il ne fait pas attention, aux prochaines élections. C’est-à-dire que la sclérose en plaques de Lumana a contribué à plastifier l’opposition politique au Niger, ce qui explique la posture anti-républicaine de cette opposition et son manque d’initiative historique.

Une autre faiblesse non des moindres qui rend incertaine la réussite des partis d’opposition lors des futures élections est la ferme conviction qu’ils maintenaient constamment une probable chute du régime du président Issoufou avant la fin de son deuxième mandat. . Toute leur énergie a été consacrée à l’organisation de certaines manifestations qui, espéraient-ils, mèneraient à une insurrection qui provoquerait cet automne. Alors que la majorité au pouvoir mouillait la boue pour la mise en œuvre du programme Renaissance, l’opposition a gaspillé son temps et son énergie à promouvoir les anti-évaluateurs sur les réseaux sociaux. Cependant, une opposition républicaine n’a d’autre vocation que de préparer les délais électoraux pour conquérir le pouvoir de l’État en combattant par les lois. Il n’y a pas 36 solutions, les élections sont le moyen essentiel pour la conservation ou la conquête du pouvoir dans une démocratie. Mais quelle est la position des différents fronts de l’opposition nigérienne face au processus électoral en cours? Le boycott actif du CNDP, de la CENI et des déclarations tonitruantes tendant à accuser l’Autre de manipuler le processus. Mais à l’épreuve des faits, un double discours caractérise cette opposition. Elle participera aux mêmes élections qu’ils continuent de bouder. Plus d’un observateur a fini par comprendre que l’opposition est chaude et froide, mais au final, il ne va pas jusqu’à boycotter les élections, faute de les prendre en otage. Comme chacun le sait, la détermination du président Issoufou à organiser ces élections l’a amené à décider que l’Etat les organiserait sur fonds propres si nécessaire. Et depuis lors, chaque mois, le Trésor public effectue des décaissements destinés à honorer cet engagement.

Le président de la CENI l’a confirmé, les partenaires du Niger sont toujours là pour apporter leur soutien financier et matériel. Ils l’ont dit à droite, apprend-on. Cela signifie que l’illusion de prendre les élections en otage a perduré. Ceux qui envisagent de participer sont actifs sur le terrain.

Discréditer le processus électoral …

L’opposition n’est pas dans une logique de participation aux élections. Certains lui prêtent même un agenda caché qu’elle n’a pas pu enregistrer depuis 9 ans. Sa revendication fondamentale est de revoir l’article 8 du code électoral qui empêche, en l’état, Hama Amadou de se porter candidat. Cet article dit essentiellement que lorsque vous êtes condamné à un an de prison sans être réhabilité, vous n’êtes pas autorisé à être candidat. Cependant, Hama a été condamné à un an pour l’affaire sulfureuse de bébés importés. Pour l’opposition, il s’agit de prolonger cette période pour la porter à 3 ans. Donc tout le combat se fait au nom d’une seule personne: Hama Amadou. Comme si tous les autres dirigeants ou militants de l’opposition étaient incapables de revendiquer la fonction suprême de notre pays.

On comprend pourquoi l’opposition tente, sans succès, de discréditer le processus en cours. Elle attaque le chef de l’Etat dont le souhait est d’organiser des élections propres. Elle attaque le Premier ministre qui l’a toujours appelé au dialogue, dans l’intérêt du pays, considérant que rien n’est tabou. Elle s’en prend au ministre d’Etat Mohamed Bazoum, président du PNDS, car elle considère que s’il est candidat aux prochaines élections, son champion n’aurait pas beaucoup de chance. Pour la consommation extérieure, elle remet en cause le processus électoral lorsqu’elle a toutes les chances de venir et que ses préoccupations sont prises en compte. Sans oublier que notre opposition, qui est contre les élections, suit la logique de la terre brûlée. Mais les Nigériens ne seront pas dupes. En 2021, ils transféreront démocratiquement le pouvoir d’un civil à un autre.

Chantage et mauvaise foi …

L’opposition a demandé un dialogue avec la majorité et les affiliés. Elle a compris. Elle a fait part de ses préoccupations concernant la CENI, le processus électoral, le CNDP et l’accès aux médias publics. Il y avait un engagement à discuter de ces préoccupations de haut en bas. Elle a demandé qu’un cadre de suivi soit mis en place. Les participants à la première réunion des dirigeants politiques ont accepté l’idée. Le Premier ministre, chef du gouvernement, président du CNDP l’a agi par un décret qui crée un cadre appelé “Conférence des dirigeants”. Outre les chefs politiques dus à 30 pour les différents blocs politiques à savoir la majorité, l’opposition et les affiliés, il est retenu d’ajouter les chefs traditionnels, l’association islamique et l’archidiocèse de Niamey ainsi que la société civile, le système des Nations Unies , l’Union européenne et NDI.

Pour rendre compte de cette première réunion, un point presse a été organisé au cours duquel le président du CNDP a résumé les travaux à la satisfaction des acteurs politiques présents. Tous avaient plaidé pour des échanges sincères et responsables dans l’intérêt exclusif du Niger. Un appel urgent a même été lancé aux médias pour soutenir ce dialogue.

Alors que le processus était bien engagé, maintenant que l’opposition, par la voix du coordinateur du FRDDR agissant au nom du chef de ladite opposition, remet en cause le tout par une lettre du 4 novembre, niant le président du CNDP la qualité de l’acte de consacrer le cadre du dialogue, déplorant que la déclaration de conclusions et le nom du cadre n’aient pas été adoptés, et demandant l’implication du Président de la République par voie de décret. Autant admettre que l’opposition politique joue un rôle dilatoire.

EMS, Bassirou Baki Edir et Tiemago Bizo





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