Gouvernement: que retenir du dernier redéveloppement de l’équipe de Brigi Rafini

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Le président de la République Issoufou Mahamadou a procédé, lundi 29 juin 2020 au soir, à un léger réarrangement technique du gouvernement de Brigi Rafini. Deux ministres quittèrent ainsi l’équipe, deux autres entrèrent et le reste consista en un ensemble de chaises musicales avec deux ministres montant en grade.

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Le départ du gouvernement de Bazoum Mohamed, Ministre d’État chargé de l’Intérieur, de la Sécurité publique, de la Décentralisation et des Affaires religieuses, est sans aucun doute le clou de ce redéveloppement technique annoncé depuis des mois et attendu du reste après la disparition du ministre Ben Omar. Le président et candidat du PNDS Tarayya pour les prochaines élections présidentielles s’est ainsi libéré de ses missions gouvernementales, pour se consacrer à sa campagne électorale ” Sur le terrain “, selon les membres de son parti. L’occasion aussi pour Mohamed Bazoum de satisfaire une demande sans cesse réitérée par certains opposants voire acteurs de la société civile pour qui, en restant à la tête de l’Intérieur, il est “Juge et partie” dans le processus électoral. C’est ” la mère des ministères “, l’Intérieur, qui supervise efficacement les partis politiques et, de ce fait, le ministre participe, même indirectement, à l’organisation des élections.

AlkacheAlhada
M. Alkache Alhada

Le candidat Bazoum quitte le gouvernement mais laisse son portefeuille à un autre poids lourd du parti au pouvoir, Alkaché Alhada, qui était auparavant son vice-ministre, et qui monte donc en grade même s’il n’est pas ministre d’État. Docteur en droit public dans son État, le nouveau ministre de l’Intérieur a traversé le cabinet du président Issoufou en tant que directeur adjoint lors du premier mandat. Il a rejoint le ministère de l’Intérieur en tant que délégué à la sécurité publique lors du remaniement ministériel du 20 septembre 2019, après une visite à la Cour d’État en tant que premier président, de 2016 à 2019. Avocat, membre du PNDS Tarayya et déjà au “Maison”, il assurera la continuité et surtout veillera à gérer cette période délicate des élections qui s’annonce assez lourde de risques au regard des forces en présence et des enjeux politiques.

MohamedBoucha
M. Mohamed Boucha

Un autre ministre qui monte grand est Mohamed Boucha. L’ancien ministre délégué auprès du ministre d’État à l’agriculture et à l’élevage a été nommé ministre de l’emploi, du travail et de la protection sociale. Il remplace le regretté Mohamed Ben Omar, décédé le 3 mai. Arrivé au gouvernement sur la liste du MPR Jamhuriya, il a récemment rejoint le RPP Farilla, parti nouvellement créé par des dissidents en guerre contre le président de son ancien parti, Albadé Abouba , qui n’est autre que son ministre responsable du ministère de l’Agriculture et de l’Elevage! La cohabitation entre le ministre d’État et son vice-ministre n’est évidemment plus possible, le régime a retrouvé comme d’habitude le défilé avec ce départ pour un autre portefeuille “Full shell”. Avant d’être ministre délégué à l’élevage depuis 2016, Mohamed Boucha était en effet ministre délégué au Budget, de 2013 à 2016.

AminaMoumouni
Mme Amina Mounmouni

Le réaménagement technique a également abouti à un ensemble de chaises musicales avec Amina Moumouni, PNDS Tarrayya, qui a été affecté à Energy, qui a troqué son Maroc avec Amadou Aissata, PPN RDA, au Ministère de la Population. Soit dit en passant, il convient de noter que c’est la deuxième fois que la ministre Amadou Aissata échange son portefeuille avec un autre ministre au cours de ce deuxième mandat Renaissance.

AmadouAissata
Mme Amadou Aïssata

Nommée ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative en 2016, elle a échangé son portefeuille, lors du remaniement du 30 octobre 2017, avec Kaffa Rakiétou Christelle Jackou qui était alors ministre de la Population, suite à la rupture de “Le Cas du Projet SWEED”.

Ali Gonki
M. Ali Gonki

Deux nouveaux ministres entrent dans le nouveau gouvernement. C’est Boureima Souleymane remplaçant Issifi Sadou Ibrahim, ANDP Zaman Lahiya, en tant que ministre de l’Entrepreneuriat des jeunes.

Le deuxième participant est Ali Gonki, du PSD Bassira. Inspecteur pédagogique de son État, cet ancien SGA de la région de Diffa, a été nommé ministre délégué à l’élevage où il remplace Mohamed Boucha. Le PSD Bassira perd un peu sur la bourse puisqu’il détenait jusque-là un portefeuille complet et se retrouve actuellement avec un marocain de vice-ministre, à quelques mois des élections.

Au terme de ce nouveau redéveloppement technique, pas de gros changement comme l’attendait une large frange d’opinion qui attendait un dégraissage d’une équipe plus que gonflé. Il faudra certainement attendre les derniers jours avant l’ouverture de la campagne électorale pour les élections présidentielles et législatives et voir ainsi les ministres qui se présenteront à la magistrature suprême ou qui se présenteront à l’Assemblée nationale, quitteront le navire . Sauf bouleversement politique d’ici là, qui est loin d’être exclu en période préélectorale.

A.Y.B (actuniger.com)





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