Henri Konan Bédié nommé candidat de son parti

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L’ancien chef de l’Etat ivoirien Henri Konan Bédié a été nommé, lundi 27 juillet, candidat à la présidentielle du 31 octobre par son parti, le PDCI, poids lourd de l’opposition en Côte d’Ivoire. Âgé de 86 ans, il était le seul candidat à ce congrès, la seule autre candidature ayant été invalidée avant le vote.

L’ancien chef de l’Etat ivoirien Henri Konan Bédié a été nominé à l’élection présidentielle du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, opposition) avec 99,7% des voix suite à une convention de ce parti, a-t-il annoncé lundi à Abidjan.

Les “résultats provisoires” des votes des délégués dimanche “mettent en évidence mon élection avec un score de 99,7%. C’est un véritable plébiscite”, a-t-il déclaré lors d’un point de presse à sa résidence d’Abidjan, avant d’ajouter: “La joie que m’anime en ce jour est immense. Je suis heureux et fier d’avoir été élu candidat du PDCI. “

Sorti du pouvoir par un putsch en 1999, Henri Konan Bédié tente à nouveau de reprendre la direction du pays, malgré les critiques sur son âge avancé, 86 ans, qu’il considère au contraire comme “un atout”.

Surnommé pour ses paroles rares et son côté énigmatique le «Sphinx de Daoukro» – son fief à l’intérieur de la Côte d’Ivoire -, Henri Konan Bédié était le seul candidat de l’ancien parti unique qui a régné sur le pays pendant trois décennies après l’indépendance, sous la présidence de Félix Houphouët-Boigny, son mentor, décédé au pouvoir à l’âge de 88 ans.

“Pour nous au PDCI, l’âge est un atout. L’âge réunit l’expérience mais aussi la compétence”, a-t-il déclaré dimanche, interrogé par des journalistes sur la polémique sur les candidats à la présidence d’âge avancé.

Celui qui sera le doyen de l’élection présidentielle du 31 octobre, dix ans après son échec à l’élection de 2010, prétend néanmoins se présenter pour défendre «les nouvelles générations». L’octogénaire promet une “victoire qui permettra aux jeunes de Côte d’Ivoire d’accéder à des responsabilités pleines et complètes dans la gestion des affaires publiques”.

D’autres responsables du PDCI, dans la cinquantaine, qui ont envisagé ou tenté de se présenter aux élections, se sont retirés devant lui, comme l’homme d’affaires Jean-Louis Billon. Quant à la candidature de Kouadio Konan Bertin, elle a été invalidée par le comité de nomination.

“HKB” a eu un début de carrière. Né le 5 mai 1934 dans le village de Dadiékro, en pays Baoulé, dans une famille de planteurs de cacao, il devient ambassadeur à 26 ans d’une Côte d’Ivoire à peine indépendante, puis ministre de l’Économie en 32 ans de Félix Houphouët- Boigny, un Baoulé comme lui, et dont il prétend être le successeur.

“Il veut sa vengeance”

Sa carrière s’est arrêtée après des accusations de corruption, mais il a rebondi pour devenir président de l’Assemblée nationale et s’imposer comme le dauphin naturel de Houphouët-Boigny et contrôler le PDCI sans partage.

Après la mort de son mentor en 1993, il lui succède après une lutte pour le pouvoir contre Alassane Ouattara, l’actuel président. Henri Konan Bédié a ensuite développé le concept nationaliste d ‘«ivoirité», ce qui signifie que les quatre grands-parents d’un Ivoirien sont nés dans le pays et qu’il doit y avoir vécu pendant les cinq dernières années pour être éligible – une manœuvre destinée à écarter Alassane Ouattara. de l’élection présidentielle de 1995, à l’époque haut fonctionnaire du Fonds monétaire international (FMI) et domicilié aux États-Unis.

Une fois élu, sans adversaire majeur, HKB surfe sur le nationalisme mais sa présidence, minée par la corruption, s’effondre en quelques heures à Noël 1999 face à une mutinerie de soldats qui se transforme en putsch militaire, le premier de l’histoire du pays .

“Aujourd’hui, il veut sa revanche sur ce putsch qu’il a mal géré. Il veut aussi sa revanche sur Ouattara, qu’il a soutenu (en 2010) mais qui, selon lui, n’a pas respecté son engagement de redonner le pouvoir au PDCI en 2020. Il ne veut pas rester dans l’histoire comme celui qui a perdu le pouvoir du PDCI de Houphouët », a déclaré un observateur.

Amoureux des cigares et des bons vins, HKB, que beaucoup qualifient de “très proche de ses sous”, s’était en effet allié à son ancien ennemi en 2005 pour créer une alliance électorale, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

Troisième de l’élection présidentielle de 2010 derrière Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié tient son engagement et soutient activement ce dernier tout au long de la crise post-électorale (2010-2011), qui a tué près de 3 000 personnes en quelques mois.

Après une lune de miel (Alassane Ouattara avait même eu le troisième pont à Abidjan nommé Bédié) avec le chef de l’Etat, qu’il soutient toujours à l’élection présidentielle de 2015, HKB s’est à nouveau brouillé avec lui en 2018, en raison de l’élection présidentielle d’octobre prochain.

Une fois officiellement investi par son parti, M. Bédié devra convaincre les électeurs de l’élection présidentielle d’octobre qu’à 86 ans, il n’est pas trop vieux pour diriger le pays.

Avec l’AFP



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