“Il est vrai que lorsque les abonnés d’un opérateur augmentent et que les investissements ne suivent pas, la qualité du réseau se dégrade” – Le Sahel

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L’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) a présenté son rapport annuel d’activité 2019 le 3 juillet. Ce rapport, qui concerne les deux secteurs, montre une baisse significative du chiffre d’affaires et des investissements. compagnies de téléphone. Il contient également les actions entreprises par cette agence étatique pour conduire à l’amélioration des services téléphoniques au Niger, ainsi que les recommandations adressées au Gouvernement.

Hassane Hachimou, dans votre dernier rapport rendu public récemment, on constate un faible taux de pénétration de la téléphonie terrestre. Votre structure a-t-elle pris des mesures pour inciter l’opérateur public en charge de ce secteur et le gouvernement à améliorer cet indice de pénétration?

Comme vous pouvez le voir dans le rapport, le nombre d’abonnés à la ligne fixe était de 164 808 en 2018. Il est passé à 166 467 en 2019, soit une croissance annuelle de près de 2 000 abonnés. La téléphonie mobile est plus accessible, plus pratique et plus pratique que la téléphonie fixe. D’autre part, la téléphonie fixe a aussi ses avantages, notamment pour l’ADSL, mais pas seulement. Depuis l’introduction de la téléphonie mobile, la croissance de la téléphonie fixe a été lente, ce qui est répandu dans le monde entier. Malgré cela, Niger Telecom, opérateur en charge de la téléphonie fixe dans notre pays, travaille en priorité pour maintenir ses abonnés, et d’autre part pour augmenter son nombre d’abonnés. Pour moi, la tendance actuelle à l’augmentation annuelle du nombre d’abonnés à la téléphonie fixe au Niger (+ 1%) ne doit pas nous alarmer car elle s’inscrit dans un contexte global que l’on peut observer dans tous les pays du monde où la téléphonie mobile progresse beaucoup plus rapide que terrestre.

On note également dans le rapport d’activité 2019, une baisse des investissements dans le secteur de la téléphonie, concomitante à une baisse significative de la qualité des services fournis aux clients. L’ARCEP est-elle confiante dans une amélioration des services téléphoniques dans un proche avenir, notamment avec le rachat d’un opérateur de marché par des investisseurs locaux?

Nous l’espérons. La plus forte baisse des investissements provient de l’opérateur Orange Niger, qui a eu des litiges avec les services fiscaux. Pour l’instant, les nouveaux acheteurs ont promis de reprendre les investissements, qui ont en fait débuté avec l’acquisition de la licence 4G.

De plus, il est vrai que lorsque les abonnés d’un opérateur augmentent et que les investissements ne suivent pas, la qualité du réseau se dégrade. C’est pourquoi nous continuons d’appeler les opérateurs à continuer d’investir afin de prendre en compte, entre autres, l’augmentation rapide du nombre d’abonnés à la téléphonie mobile, qui était de 1 200 000 abonnés en un an. L’autre chose qui a contribué à la détérioration de la qualité des réseaux est la distribution de plus en plus de bonus par les opérateurs. Nous avons engagé des discussions à ce sujet afin de faire de la qualité des services fournis une priorité pour tous les opérateurs.

Les opérateurs de téléphonie ont aujourd’hui tendance à vivre avec des sanctions financières plutôt que d’investir des sommes supérieures aux amendes. L’ARCEP a-t-elle des mesures innovantes pour les encourager à investir et à tenir parole?

L’amende est un dernier recours pour nous. Après le premier contrôle d’un opérateur, on procède d’abord par une mise en demeure, suivi d’un second contrôle en mars. L’amende n’est appliquée qu’après un résultat négatif lors du deuxième contrôle. En ce qui concerne les dernières amendes infligées, nous avons pris le plus petit pourcentage de chiffre d’affaires prévu par la loi afin de ne pas trop impacter leurs opérations. Les amendes sont donc plus éducatives qu’autre chose.

En tant que PDG de l’ARCEP, quel message envoyez-vous aux consommateurs de services téléphoniques qui se plaignent au quotidien?

Les consommateurs nigériens doivent continuer à faire confiance aux actions de l’ARCEP. Nous sommes conscients de la détérioration des réseaux téléphoniques ces derniers temps. Outre les amendes, nous faisons beaucoup de choses, y compris l’acquisition de matériel sophistiqué, afin de pouvoir détecter en temps réel les problèmes du réseau téléphonique et demander immédiatement aux opérateurs d’y remédier. Cela aura un impact positif sur la qualité du réseau. L’acquisition de ces matériaux aura lieu au cours de cette année.

Interview par Souleymane Yahaya (onep)



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