“Il nous appartient de renforcer la position stratégique du CILLS en termes de coordination et d’harmonisation des politiques régionales de sécurité alimentaire et nutritionnelle”, a déclaré SE. Issoufou Mahamadou – Le Sahel

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Excellences, chefs d’État et de gouvernement,

Mesdames et Messieurs, Présidents des Institutions,

Mesdames et Messieurs, membres du gouvernement,

Monsieur le Secrétaire exécutif du CILSS,

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi de saluer tous les participants à cette session virtuelle de la 19e Conférence des chefs d’État et de gouvernement du Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS), qui se tient dans un contexte caractérisé par des crises multiformes, en particulier la sécurité et la santé.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Depuis cinquante ans, le CILSS contribue à l’émergence d’une réelle prise de conscience des vulnérabilités du Sahel et des solutions qu’elles appellent. Elle a œuvré dans une perspective de développement et d’intégration de ses pays membres, dans une dynamique qui a permis la réalisation d’un ensemble de programmes régionaux et nationaux dans les domaines de la sécurité alimentaire, de la maîtrise de l’eau et de la lutte contre la désertification.

Afin de maximiser l’impact des interventions dans la sous-région, le besoin s’est fait sentir, à partir de 1998, d’harmoniser les programmes de coopération entre la CEDEAO, l’UEMOA et le CILSS. Ainsi, en 1999, la CEDEAO a directement confié au CILSS la mise en œuvre de son programme d’action régional de lutte contre la désertification en Afrique. En 2006, la CEDEAO et le CILSS ont signé un accord de coopération faisant du CILSS «la branche technique» de la CEDEAO en matière de sécurité alimentaire et de lutte contre la désertification. Depuis, les efforts d’harmonisation et de convergence ont justifié d’importants transferts de fonds de la CEDEAO et de l’UEMOA pour la mise en œuvre de programmes relevant de son champ d’action, dont entre autres le «programme de prévention prioritaire». et gestion des crises alimentaires et autres catastrophes naturelles (PREGES / ACN) »de la politique agricole de la CEDEAO (ECOWAP / PDDAA), le« Réseau de prévention et de gestion des crises alimentaires (RPCA) », le système intégré d’information agricole (ECOGRIS), le programme d’action sous-régional de lutte contre la désertification en Afrique de l’Ouest et au Tchad (PASR / AO), ou la transformation du Centre régional d’Agrhymet en centre climatique régional pour le Sahel.

L’expertise technique du CILSS étant largement reconnue, elle s’est progressivement étendue aux pays côtiers (Bénin, Côte d’Ivoire, Guinée et Togo). Le CILSS s’est transformé avec succès en un centre d’excellence couvrant toute la région ouest-africaine et a attiré de nombreux nouveaux projets et programmes de développement dans les domaines de la résilience, du pastoralisme et du changement climatique, avec de nombreux partenaires.

L’aboutissement du processus de réforme organisationnelle, entamé après la crise de 2016, avec un nouveau schéma organisationnel, institutionnel et administratif, permettra au CILSS de prendre un nouveau départ. Je lance un appel à tous pour une mise en œuvre rigoureuse des recommandations formulées dans le cadre de cette réforme, d’autant plus que les défis qui se dressent devant nous restent non résolus en ce qui concerne la situation alimentaire et nutritionnelle dans la région, fortement impactée par les effets de la crise de sécurité, les effets du changement climatique et l’invasion de la chenille légionnaire d’automne (CLA) et, ces derniers temps, par la pandémie de Covid-19 et les menaces d’une crise acridienne qui se profile à l’horizon. Par ailleurs, selon la dernière analyse du Cadre Harmonisé de mars 2020, il est à noter que plus de 17 millions de personnes sont sous la menace de l’insécurité alimentaire.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Au Niger, la mise en œuvre de l’Initiative 3N – Nigeriens Feed Nigeriens – nous a permis de relever ces défis, avec beaucoup de succès. Ainsi, sur la période 2011-2019, le Gouvernement a consacré 13% des ressources mobilisées au développement rural. L’accent a été mis sur l’augmentation des rendements des cultures pluviales, la mobilisation de l’eau pour les cultures irriguées, l’installation de la maison du fermier pour l’approvisionnement en intrants, la restauration et la défense des terres, ainsi que le suivi et le traitement des zones infestées par la chenille légionnaire d’automne (CLA). La place centrale occupée par les cultures irriguées dans l’initiative 3N nous a conduit à mettre un accent particulier sur l’accès à l’énergie à faible coût, notamment à travers la construction en cours du barrage de Kandadji.

Afin d’augmenter les investissements dans le secteur agro-pastoral, le Fonds d’Investissement pour la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (FISAN) a été mis en place ainsi qu’un mécanisme d’assistance à l’appui des populations vulnérables, afin de garantir la sécurité alimentaire générale. Pour aider les populations vulnérables, nous avons conçu et mis en œuvre des plans de soutien dans lesquels une moyenne annuelle d’environ 200 milliards de FCFA a été injectée, à travers des actions telles que des distributions ciblées de céréales gratuites, des ventes de céréales à prix modérés, des opérations de travail contre rémunération et opérations de transfert d’espèces. En moyenne, plus de 1,4 million de personnes ont bénéficié de ces plans d’accompagnement chaque année depuis 2011. En 2020, le plan d’accompagnement a été porté à 300 milliards pour prendre en compte l’effet supplémentaire de Covid-19 sur les populations. personnes vulnérables et déplacées, estimées à 3 millions de personnes.

“J’invite tous les partenaires à continuer et à accroître leur soutien au CILSS”

Excellences, Mesdames et Messieurs,

«Investir dans la recherche de la sécurité alimentaire et dans la lutte contre les effets de la sécheresse et de la désertification, pour un nouvel équilibre écologique au Sahel», tel est le mandat du CILSS dont les actions doivent être mises en synergie, pas seulement avec celles de la CEDEAO et l’UEMOA, mais aussi ceux de la Commission Climat Sahel, dont le plan d’investissement contribuera sans aucun doute à la résilience des populations et des écosystèmes de la région du Sahel. Il nous appartient donc de renforcer la position stratégique du CILLS en termes de coordination et d’harmonisation des politiques régionales de sécurité alimentaire et nutritionnelle, en vue de réduire la pauvreté des populations sahéliennes. Notre institution commune pourra ainsi mieux contribuer au développement durable du Sahel.

Le contexte social et économique actuel dans lequel vivent les États membres de l’Afrique de l’Ouest – impactés par les crises liées au changement climatique, les crises sécuritaires et la pandémie COVID19 – nous rappelle suffisamment la prévoyance de nos prédécesseurs qui déjà en 1998, recommandaient d’aller vers une rationalisation des organisations intergouvernementales.

Alors que nous entamons nos discussions sur la nécessaire réforme du CILSS, en ma qualité de Président en exercice de la CEDEAO, je note et salue les efforts inlassables consentis et je voudrais nous inviter à aller plus loin dans la rationalisation, pour plus d’efficacité. et l’efficacité des interventions pour le bien-être des populations du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest. Enfin, Excellences, Mesdames et Messieurs, je voudrais inviter tous les partenaires à poursuivre et à accroître leur soutien au CILSS, afin de l’aider à accomplir son ambitieux et noble mandat.

Je vous remercie.



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