interventions policières contre l’opposition, fortes tensions à Bamako

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Plusieurs personnalités de l’opposition malienne ont été arrêtées samedi, au lendemain d’une journée de mobilisation entrecoupée de troubles quasi insurrectionnels qui ont fait quatre morts. Le Premier ministre malien a déclaré vouloir former très rapidement un “gouvernement ouvert”.

La menace d’une escalade de la violence a continué de planer sur le Mali samedi 11 juillet, avec des interventions policières et des arrestations de l’opposition au lendemain d’une journée de mobilisation marquée par de violentes intrusions au siège de la télévision nationale et du Parlement.

Après Issa Kaou Djim et Clément Dembélé la veille, deux autres dirigeants du soi-disant mouvement du 5 juin, Choguel Maïga et Mountaga Tall, ainsi que deux hommes décrits comme des têtes pensantes, Oumara Diarra et Adama Ben Diarra, ont été arrêtés par le a indiqué des responsables des forces, des responsables et des témoins cités par l’AFP.

Les autorités sont restées silencieuses sur ces opérations.

Bamako sous haute tension

Dans le même temps, la ville qui portait encore les cicatrices de vendredi est restée le théâtre d’affrontements et d’incidents qui ont entretenu un climat de grande nervosité et d’incertitude quant à l’avenir.

Ces incidents se sont intensifiés à l’approche de la soirée, des groupes de jeunes continuant de dresser des barrages routiers, de jeter des pierres et de défier les forces de sécurité.

Les forces anti-émeutes montées sur pick-up et soutenues par un véhicule blindé dispersé au gaz lacrymogène quelque 150 jeunes se sont rassemblés dans le district de Badalabougou près de l’un des trois ponts reliant les deux parties de Bamako par et de l’autre côté du Niger rivière, a noté un journaliste de l’AFP.

Les forces de sécurité ont également pris pour cible le siège de la CMAS, un mouvement d’opposition dirigé par l’imam influent Mahmoud Dicko, membre de la coalition du 5 juin, selon Reuters.

“Alors que nos militants étaient en réunion, ils sont venus et ont attaqué et saccagé notre quartier général”, a déclaré le porte-parole de la coalition Nouhoum Togo.

Symboles de pouvoir visés par l’opposition

Ces interventions policières faisaient suite aux violentes manifestations contre le président Ibrahim Boubacar Keïta qui ont conduit à l’occupation temporaire des locaux de la télévision publique et du Parlement.

Au moins quatre personnes ont été tuées et des dizaines d’autres blessées lors d’affrontements, selon le Premier ministre Boubou Cissé. Ce dernier a promis samedi de former “très rapidement” un gouvernement ouvert.

A lire sur France24.com: qui est Mahmoud Dicko, l’imam rigoureux qui fait trembler le pouvoir?

Le Mali traverse une période de tension depuis les élections législatives de mars dernier, ce qui aggrave une situation déjà délicate compte tenu de la présence de djihadistes.

Le président Ibrahim Boubacar Keïta, réélu pour cinq ans en 2018, s’est dit “ouvert” mercredi à la formation d’un gouvernement d’unité nationale et à la dissolution de l’Assemblée à condition que cela ne provoque pas de nouvelle crise, mais ses opposants ont rejeté ces concessions et demandent sa démission.

Avec l’AFP et Reuters





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