Israël divisé, les responsables craignent une recrudescence

0
81



Publié le: Modifié:

Le plan du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d’annexer une section stratégique de la Cisjordanie occupée divise le pays et fait craindre aux Israéliens une explosion de colère palestinienne.

Déterminé à lancer le processus d’annexion d’un tiers de la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu doit présenter la stratégie de son gouvernement à la population début juillet.

Un projet qui suscite quelques inquiétudes dans le pays, où certains craignent les conséquences sécuritaires et diplomatiques de la mise en œuvre du plan. Il prévoit l’annexion de la vallée du Jourdain, une bande de terres agricoles qui représente 30% de la Cisjordanie, et plus de 130 colonies, ainsi que la création d’un État palestinien sur un territoire réduit sans Jérusalem-Est pour capitale . Un territoire loin des aspirations des Palestiniens qui plaident toujours pour la solution des deux Etats.

Dans la société israélienne, certaines voix s’élèvent contre les plans du Premier ministre, qui sont conformes à la logique du “plan de paix” présenté par Donald Trump fin janvier. Une vingtaine d’associations ont appelé à une grande manifestation le 6 juin dans le sud de Tel Aviv, à Jaffa, contre l’annexion et pour “un avenir sans occupation et sans effusion de sang”.

Peur d’une troisième intifada

Le Jerusalem Democratic Institute, un centre de recherche basé à Jérusalem, a publié un sondage le 3 juin qui montre que si 50% des Israéliens soutiennent le projet, 31% s’y opposent et 19% “ne s’expriment pas”. “Et sur les 711 personnes interrogées, 58% pensent que” l’opportunité historique “présentée par Benjamin Netanyahu pourrait conduire à une troisième Intifada, un soulèvement palestinien contre l’occupation.

Parce que la colère se prépare dans les territoires palestiniens, où ce vendredi, des centaines de Palestiniens ont manifesté dans plusieurs villes de Cisjordanie pour protester contre le projet d’annexion de Benjamin Netanyahu et la colonisation. À Tulkarm, dans le nord, l’armée israélienne a tiré des grenades assourdissantes et des gaz lacrymogènes pour empêcher des dizaines de manifestants de s’approcher d’un point de passage militaire.

La menace d’une explosion de la colère palestinienne est prise au sérieux en Israël, d’autant plus que le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a annoncé à plusieurs reprises qu’il ne serait plus lié par les accords signés avec Israël et les États-Unis, et que le fin de la coopération avec l’État hébreu, y compris dans le domaine de la sécurité.

Si elle est mise en œuvre, une telle mesure pourrait menacer un calme relatif en Cisjordanie, où vivent près de 2,7 millions de Palestiniens et plus de 450 000 colons israéliens, selon les analystes, consultés par l’AFP.

“Un été chaud”

Le Premier ministre Mohammed Shtayyeh a mis en garde contre un “été chaud” si l’État hébreu poursuivait le projet d’annexion et a mis en garde contre “des conséquences dangereuses” en cas d’annexion “illégale” de territoires.

“Chaque foyer, chaque jeune … tous les éléments sont là pour mettre le feu à la poudre, si Israël devait annexer [des pans de la Cisjordanie]”Pour sa part, a averti dans une interview accordée récemment à la chaîne israélienne Kan, Mahmoud al-Habbash, conseiller de Mahmoud Abbas.

En Israël, les médias rapportent que dans les coulisses, un certain nombre de responsables de la sécurité israéliens, en service et à la retraite, s’opposent à l’annexion en général, et en particulier en tant que mesure unilatérale, craignant des répercussions sur le terrain, voire l’effondrement de l’Autorité palestinienne qui plongez le territoire dans le chaos.

Même si le projet est salué par une grande partie de la classe politique israélienne, ces responsables estiment qu’il n’y a rien à gagner à inclure dans la loi une situation qui, de toute façon, existe déjà de facto sur le terrain.

Risques diplomatiques

L’autre préoccupation est le risque diplomatique international et régional d’une telle décision unilatérale. “Si Israël annexait la vallée du Jourdain en juillet, cela conduirait à un conflit majeur avec le royaume hachémite”, a averti le roi Abdallah de Jordanie, dont le pays est, avec l’Égypte, signataire d’un traité de paix avec l’État hébreu, lors d’une entretien accordé mi-mai à l’hebdomadaire allemand Spiegel.

Pour sa part, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a déclaré la semaine dernière que la France travaillait avec d’autres pays européens pour définir une position, voire une réponse commune, en cas d’annexion par Israël des colonies de Cisjordanie.

Des avertissements qui, pour le moment, n’ont pas détourné Benjamin Netanyahu de son projet “d’écrire un nouveau chapitre glorieux de l’histoire du sionisme”.



Source

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici