Issaka Souna et son équipe ont-ils la légitimité politique nécessaire pour achever le processus électoral sans exposer le Niger à des risques majeurs?

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Publié dans Politique

Le processus électoral nigérien est déjà trompé par la mauvaise foi et la volonté de le manipuler pour garantir des résultats loin d’être attestés par la réalité politique actuelle. La commission électorale actuelle a-t-elle une légitimité? Dans sa forme actuelle, ce n’est que pour Pnds Tarayya et les partis politiques qui ne savent exister que dans la primauté de l’accord qui a conduit à leur création et sans laquelle ils se seraient nécessairement évanouis. Me Souna Issaka et ses collègues savent que leur mission actuelle n’est ni républicaine ni démocratique, encore moins nationale. Elle porte une plaie béante et malodorante qui fait fuir tous ceux qui ne supportent pas les comportements pesteux, c’est-à-dire détestables et réprouvés parce qu’ils ne sont pas conformes aux normes acceptées.

Quelle est la légitimité de la commission électorale?

La légitimité de la commission électorale dépend nécessairement de sa représentativité. Le Président de la République peut détenir le pouvoir de nomination, son seul acte, isolé comme en l’espèce, ne peut donner à la commission électorale la légitimité dont elle a besoin pour exister en tant que commission électorale nationale indépendante (CENI). Ce n’est sans doute pas un hasard si le législateur a prévu l’étape de la désignation de ses membres par les partis politiques ou groupes de partis politiques dont ils émanent comme avec le code électoral actuel avant toute nomination formelle par le président de la République, dépositaire. du pouvoir suprême. Par conséquent, la nomination par décret du Président de la République représente une formalité administrative qui lui confère, bien entendu, à la fois une valeur symbolique et un sceau juridique, mais ne saurait remplacer la légitimité de la structure structurelle qu’ils composent. Dans le cas du Niger, la commission électorale n’a pas cette légitimité qui doit fonder son action, tant dans le texte de la loi qui la crée que dans sa composition actuelle qui viole le principe de consensus dont elle doit découler.

Cependant, sur les 13 membres sur lesquels elle doit compter, les représentants de l’opposition, pour de nombreux griefs sur lesquels, malheureusement, elle n’a pas suffisamment communiqué, ne siègent pas. Sur les 10 qui y sont assis, seulement trois ne sont pas officiellement étiquetés Pnd. Ce sont des représentants de Jamhuriya, du Mnsd et de la société civile. Même sur ces trois, il y a à dire.

Bien que le groupe soit ouvert aux partis non affiliés auxquels il bénéficie de deux lieux de jouissance en échange de leur caution, important de faire croire à un consensus de la classe politique, la légitimité de l’actuelle commission électorale est toujours contestable. Pour le savoir, posez-vous simplement la question suivante: quelle est la valeur de la caution des partis politiques pour lesquels il n’y a pas de véritable enjeu dans les prochaines élections? Pendant longtemps, les observateurs exigeants se sont demandé si ces parties non affiliées pouvaient se précipiter, non pas pour affirmer leur existence et gagner le respect en tant que tel, mais uniquement pour arracher quelque chose au pouvoir. Représentant uniquement un courant symbolique dont les membres ne seront pas sur la ligne de départ des sections locales, à plus forte raison lors des élections législatives et présidentielles. Loin de nous l’idée d’affirmer que les partis politiques insignifiants le resteront à vie. Mais l’expérience a montré que la plupart des petits partis ont été créés par leurs fondateurs pour servir d’instruments de vile négociation afin de fournir des subventions pour …

La commission électorale actuelle ne peut que conduire le Niger vers des côtes dangereuses. Ce n’est pas un hasard si les partenaires financiers refusent de mettre la main dans la poche. Ils disposent d’informations suffisantes et fiables sur le processus électoral pour en ajouter davantage. Car, la réalité est plus complexe que le tableau ne le suggère, trop beau pour être vrai, que Brigi Rafini et Mohamed Bazoum, le père du code électoral actuel et qui espère en retirer le plus d’avantages, tentent de vendre.

Les griefs de l’opposition ne se limitent pas aux quatre articles surlignés: 8, 12, 80 et 81. La publication d’un article intitulé «Un code électoral pour des élections querelleuses» par un collègue de La Place révèle l’ampleur des désaccords et les conséquences du maintien un code électoral problématique. Me Souna Issaka et ses collègues, qui savent que le processus électoral est fortement hypothéqué par le manque de légitimité politique qu’il doit être écouté, considéré et inspirer confiance aux partenaires.

La question qui se pose et qui, selon des informations fiables, expliquerait le refus poli des partenaires de mettre la main dans la poche, est la suivante: y a-t-il au sommet de l’Etat le moindre désir d’organiser à ce jour les prochaines élections ? Sinon, y a-t-il un souci d’exécuter le programme électoral comme prévu? Nous sommes en tout cas dans une sorte de quadrature du cercle dont nous ne voyons aucune issue. D’une part, le pouvoir en place, qui étouffe sous un problème financier inextricable, attend, comme une bouffée d’air frais, l’apport financier des partenaires pour pouvoir avancer dans le processus électoral; d’autre part, les partenaires extérieurs attendent un signal fort du gouvernement prouvant sa bonne foi pour organiser des élections inclusives, libres et transparentes. Cependant, la validation du code électoral par le pouvoir en place, avec les modifications qui le mettent en place, supprime les perspectives d’aide financière des partenaires extérieurs. La commission électorale tourne donc en rond, sans tableau de bord clair. Des élections pacifiques sont-elles possibles avec une telle loi électorale qui garantit les Pnd “Élections jouées et résultats connus à l’avance”?
Il est définitivement NON et ceux qui, dans leurs petits coins, s’efforcent de minimiser les risques que cela pose pour la tranquillité sociale et la stabilité du pays sont certainement des aveugles qui ne voient pas autour d’eux pour comprendre la gravité de la situation dans laquelle nous nous dirigeons. vers.

BONKANO

24 mai 2020
La source: Le canard en furie

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