“Je reste convaincu que l’ampleur de la crise économique dans nos Etats nécessite un soutien financier qui va au-delà d’un simple moratoire”, a déclaré SE. Issoufou Mahamadou – Le Sahel

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“Excellences, Mesdames et Messieurs, Envoyés spéciaux,

Je vous souhaite une chaleureuse bienvenue à cette vidéoconférence. La création de ce groupe de travail composé des meilleurs pays africains en termes de ressources humaines pour aider le continent à faire face à l’impact économique de COVID-19 est une excellente initiative du président Cyril Ramaphosa que je salue.

Je voudrais également saisir cette occasion pour présenter mes sincères condoléances à Tidjane Thiamains ainsi qu’à sa famille, à la suite du décès de son fils. Que Dieu lui accorde le paradis, Amen.

Mesdames et Messieurs,

La pandémie de Covid-19 aura de graves conséquences socio-économiques sur notre continent.

Au niveau de la CEDEAO, le taux de croissance initialement prévu à 3,3% tombera à 2% si la pandémie se terminait en juin 2020 et à -2,1% si elle persistait au-delà du second semestre 2020, entraînant notamment une baisse des recettes fiscales et une hausse du chômage et la pauvreté. Pour faire face à la situation, les chefs d’État de la CEDEAO ont adopté les mesures suivantes:

-élaboration par les Etats membres d’un plan de réponse prenant en compte la lutte contre la propagation de la pandémie et d’un plan de relance économique post-pandémique;

-Mise en place de soutiens importants pour soutenir les secteurs sociaux et les couches sociales les plus défavorisés (filets sociaux);

– soutien à l’initiative de l’Union africaine pour annuler la dette publique et restructurer la dette privée des pays africains;

– convocation d’une réunion du Conseil de convergence pour examiner l’impact de la pandémie COVID-19 et ses implications sur les performances en termes de convergence macroéconomique en 2020 et pour les années à venir;

Mesdames et Messieurs,

Nous saluons les annonces du G20 et du Secrétaire général des Nations Unies, en particulier, d’un moratoire sur les dettes des États les plus fragiles.

Je reste convaincu que l’ampleur de la crise économique que connaîtront nos États nécessite un soutien financier qui va au-delà d’un simple moratoire. Un moratoire, c’est-à-dire une simple suspension des remboursements jusqu’à la fin de l’année me semble insuffisant car nos pays ont besoin de nouvelles ressources financières. Même l’annulation de la dette ne sera pas suffisante, surtout quand on pense aux inégalités qu’elle va générer entre les pays bénéficiaires. Ainsi, pour citer des exemples, une annulation de dette correspond à une réduction de 59 $ par habitant pour la République démocratique du Congo, 981 $ par habitant pour la République du Congo, 53 $ par habitant pour le Burundi, 439 $ par habitant pour le Rwanda, $ 145 par habitant pour le Niger et 1 185 $ par habitant pour la Mauritanie. Cela signifie que les pays touchés par la pandémie et qui ne sont pas endettés subiront une double peine.

De plus, l’Afrique a l’ambition d’atteindre les objectifs de développement durable et ceux de l’Agenda 2063. L’Afrique a donc besoin de nouvelles ressources non seulement pour faire face à la pandémie mais aussi pour relancer l’économie à travers la mise en œuvre de projets structurants de l’Agenda 2063 notamment la zone de libre-échange continentale africaine, le plan de couverture des infrastructures, le plan de développement industriel et le plan de développement agricole.

Pour financer ces investissements, il sera certainement nécessaire de concevoir des financements publics et privés innovants à travers un ambitieux plan Marshall. Je vous rappelle que le plan Marshall pour la reconstruction de l’Europe a coûté 4% du RNB américain pendant cinq ans. C’est une opportunité pour la communauté internationale d’atteindre l’objectif de 0,7% du PIB à consacrer à l’aide publique au développement. Nos pays doivent bien sûr mobiliser davantage de ressources internes. Il faut également créer des conditions leur permettant de recevoir davantage d’investissements étrangers directs. Pour ce faire, il est impératif de mettre en place un nouveau paradigme, une nouvelle gouvernance politique et économique mondiale, gouvernance qui s’appuiera davantage sur la solidarité, l’égalité, la justice et la dignité.

Je suis convaincu que votre Task Force remplira sa mission de mobiliser des ressources financières qui permettront à notre continent, non seulement de faire face à la pandémie, mais aussi de préparer l’après-Covid-19 dans les meilleures conditions.

Je vous remercie.”.

UN P



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