Jean Castex au chevet du Guyana au milieu de l’épidémie de Covid-19

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Le Premier ministre Jean Castex est arrivé dimanche en Guyane pour un voyage consacré à la lutte contre le Covid-19. Les hôpitaux sont déjà sous tension, tandis que le pic de l’épidémie sur ce territoire français d’Amérique du Sud est attendu pour la seconde quinzaine de juillet.

Assurer aux habitants de la Guyane “la pleine mobilisation de l’Etat” contre l’épidémie galopante de Covid-19, c’est la mission du Premier ministre, Jean Castex, arrivé dimanche 12 juillet sur ce territoire français d’Amérique du Sud dont les hôpitaux sont sous grande pression.

“La situation épidémiologique semble s’améliorer”, a expliqué Jean Castex, un masque protecteur sur le visage, lors d’un discours à son arrivée. “Cela ne doit rien au hasard […], la mobilisation de l’Etat et de l’ensemble des services publics n’est pas étrangère à cette évolution “, a ajouté le Premier ministre.

Accompagné du ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, et du ministre de la santé, Olivier Véran, Jean castex a atterri à la base aérienne de Matoury, a fait remarquer l’AFP. Le module de réanimation médicale des opérations leur a été présenté à bord d’un avion de transport militaire Airbus A400M.

Il se rendra à Cayenne au centre de crise interministériel qui vient d’être installé, sous les ordres du directeur de crise, Patrice Latron, arrivé jeudi de Paris. Il doit également rencontrer l’hôpital et le personnel élu. Il ira ensuite à l’hôpital de Cayenne et à l’Institut Pasteur.

Le Guyana, toujours dans une situation d’urgence sanitaire comme Mayotte, a enregistré 5 949 cas confirmés de Covid-19 samedi – dont 130 hospitalisations et 23 patients en soins intensifs – et 26 décès. Le pic de l’épidémie est attendu dans la seconde quinzaine de juillet.

Le chef du gouvernement entend noter que “la République est unie et unie et qu’elle n’abandonne en rien la Guyane”, a-t-il déclaré dans une interview au journal France-Guyane.

“Je viens […] avec la volonté de préparer la France à une éventuelle deuxième vague [mais] préserver la vie économique, la vie sociale “, a averti mercredi Jean Castex.

La proximité du Brésil

L’épidémie a considérablement augmenté en Guyane depuis le déconfinement, alors que le territoire avait été relativement épargné lorsque la métropole a été confrontée à la pleine expansion du virus. Le Guyana a été confiné le 16 mars au stade 1 de l’épidémie, comptant moins de 10 cas.

Mais depuis mai, du fait notamment de la proximité de la Guyane avec le Brésil voisin, qui est gravement touché, le virus nuit au système de santé déjà fragile. Les trois hôpitaux de la région – les hôpitaux Cayenne, Kourou et Guyanais occidentaux à Saint-Laurent-du-Maroni -, déjà mobilisés pour les patients victimes de leptospirose ou de dengue, ont entamé le week-end dernier leurs plans blancs.

L’ancienne ministre des Affaires étrangères, Annick Girardin, arrivée fin juin avec des renforts de santé, avait lancé un appel à la solidarité nationale pour faire venir plus de soignants, estimant qu’un total de 300 renforts supplémentaires étaient nécessaires pour permettre d’augmenter le nombre de soins intensifs lits très bas (une trentaine à Cayenne actuellement).

Plus d’une centaine de membres de la réserve de santé sont déjà sur place et, vendredi, 22 militaires du service de santé des armées et du matériel de santé sont arrivés pour soutenir le Centre hospitalier de l’Ouest guyanais (CHOG) à Saint-Laurent du Maroni .

Un hôpital de campagne de défense civile a également été mis en place au centre hospitalier de Cayenne pour recevoir les patients «non Covid».

Évacuations sanitaires

La population et les élus réclament régulièrement l’arrivée de l’hôpital militaire de campagne qui était déjà mobilisé à Mulhouse ainsi qu’à Mayotte pendant la crise et qui dispose de lits de réanimation. Impossible selon le ministre de la Santé, car c’est une structure “qui met longtemps à être démontée, transportée et remontée”.

Plusieurs évacuations médicales de patients ont été effectuées en Guadeloupe et en Martinique, mais le manque de places dans les hôpitaux antillais commence à se faire sentir, a indiqué la directrice de l’Agence régionale de santé (ARS), Clara de Bort.

Pour enrayer l’épidémie, des mesures de reconcentration ciblées ont été mises en place dans certains districts ou communes et un couvre-feu est en vigueur.

Le Premier ministre est notamment attendu par le collectif Mayouri Santé Guyane, composé des principales forces militantes et politiques à l’origine du grand mouvement social de 2017, qui appelle à des mesures et moyens supplémentaires contre l’épidémie, et notamment un plus grand nombre de tests.

“Il y a des difficultés structurelles que je compte aborder”, comme “l’accès guyanais aux services publics et aux soins de santé ou à la capacité de l’économie locale à générer des emplois et des perspectives”, a expliqué le locataire de Matignon en France-Guyane.

Avec AFP





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