La démission d’Hassan Diab “ne résout pas l’équation à laquelle sont confrontés les Libanais”

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Suite à la démission du gouvernement du Premier ministre libanais Hassan Diab, Sibylle Rizk, directrice des politiques publiques de l’ONG Kulluna Irada qui travaille sur la réforme politique au Liban, a expliqué mardi sur France 24 les défis auxquels sont confrontés les Libanais afin de transformer leur colère en un véritable “nouveau travail politique”.

Le Premier ministre libanais Hassan Diab a annoncé, lundi 10 août, la démission de son gouvernement, après le départ de plusieurs membres de son équipe sous la pression de la rue qui accuse la classe politique d’être responsable de la double explosion dévastatrice et meurtrière du port de Beyrouth.

Suite à cette annonce, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a appelé à “la formation rapide d’un gouvernement qui fera ses preuves auprès de la population”. Mais pour Sibylle Rizk, directrice des politiques publiques de l’ONG Kulluna Irada interrogée mardi sur France 24, “la démission d’Hassan Diab ne résout pas l’équation à laquelle sont confrontés les Libanais”.

“Le seul espoir est la pression populaire”

Cette démission “ne satisfait pas les Libanais car le système de pouvoir au Liban ignore les institutions”, affirme le représentant de cette ONG qui œuvre pour la réforme politique au Liban. Selon Sibylle Rizk, Hassan Diab n’était pas indépendant, le pouvoir étant «entre les mains d’un club de personnalités que tout le monde connaît, représentant des leaders communautaires qui ont prouvé qu’ils ne voulaient pas lâcher les rênes».

Quelques mois après le début d’un mouvement de protestation de grande ampleur contre la crise politique et économique, l’invité de France 24 nous assure: «Le seul espoir, c’est la pression populaire». Une pression très forte qui a déjà fait tomber deux gouvernements, rappelle-t-elle. “Mais il a fallu deux drames d’une ampleur sans précédent.” En effet, le Liban a subi pendant plusieurs mois la pire crise financière de son histoire, entraînant l’appauvrissement de sa population. La double explosion au port de Beyrouth – qui a fait plus de 150 morts et 6 000 blessés, et 300 000 personnes sans abri – n’a fait que raviver les manifestations contre la corruption, l’irresponsabilité et l’insouciance des dirigeants libanais.

Cependant, prévient Sibylle Rizk, “pour qu’elle s’exprime et se transforme en projet politique, cette colère populaire doit se structurer autour d’un nouveau travail politique”.

“Nous avons besoin d’un État”

Le départ du gouvernement de Hassan Diab permettra-t-il l’émergence de nouvelles personnalités politiques? «Ce sont les hommes et les femmes du Liban qui font le changement», a poursuivi le représentant de Kulluna Irada, faisant référence à un Liban «trop longtemps divisé le long des failles communautaires», qui doit maintenant être reconstruit politiquement sur la base des liens qui unissent les Libanais, en établissant une relation directe entre les citoyens et leurs représentants politiques. “Nous avons besoin d’un État. C’est un défi énorme.”



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