La guerre des clans continue – Niger Inter

0
130


Contrairement à l’annonce faite lundi dernier par le secrétaire général de Moden Fa / Lumana, Mallam Sani Mahaman, déclarant qu ‘”il n’y a plus de crise au sein du parti et que cette page est désormais tournée”, force est de constater que le différend reste encore entre les partisans du président par intérim Noma Oumarou et le reste des membres du Bureau politique national qui le contestent.

Pour preuve, à peine quelques heures après la réunion du lundi 24 août 2020 qui a réuni les deux blocs Lumana qui se disputent la présidence du parti, Noma Oumarou, en sa qualité de président par intérim, reconnu comme tel par la justice nigérienne , a sorti la note circulaire N ° 003 / SG / P / BPN par lequel il rappelle d’abord à ses opposants politiques internes que “c’est lui, le président par intérim de Moden Fa / Lumana, jusqu’au prochain congrès ordinaire du parti”.

Aussi, par cette note circulaire qui désavoue le secrétaire général du parti, Mallam Sani Mahaman, quant à ses propos tenus devant la presse, annonçant «la fin de la crise à Lumana Africa», Noma Oumarou met en garde tous ceux qui tentent de lui refuser son statut de président par intérim du parti.

Ce faisant, a-t-il déclaré, “ils violent volontairement toutes les décisions administratives et judiciaires, la plupart définitives, ayant confirmé qu’il est le président par intérim du parti”.

Réagissant à la réunion du 24 août, présidée par le président par intérim du parti, les partisans du Noma Oumarou ont tenu à dénoncer l’attitude sournoise de certains mauvais esprits du Bureau politique national qui n’ont jamais été en phase avec le président par intérim. Lors de cette réunion, ont-ils expliqué, “ces individus voulaient piéger Noma pour le faire se remettre en question”.

En effet, dans leur lettre du 22 août, certains membres du Bureau politique national, dont certains suspendus, pensant être plus malins que les autres, ont demandé à Noma Oumarou, en sa qualité de président par intérim du parti, de “se réunir pour août prochain. 29, une session extraordinaire de la conférence nationale du parti, entre autres, pour prévoir l’élection d’un président par intérim du parti ».

Une façon pour eux, de le tromper puis de lui voler la présidence intérimaire du parti, alors que la justice s’est définitivement prononcée sur la question.

Mais très vite, Noma a compris la démarche malsaine des signataires de la lettre du 22 août et de leurs complices. Une manœuvre sournoise qu’il a vite déjouée, d’où la circulaire circulaire N ° 003 / SG / P / BPN qui coupe l’herbe sous leurs pieds, quand certains d’entre eux commencent à occuper les médias pour faire croire aux militants que «tout est revenu à la normale au sein du parti “.

La manœuvre déjouée, le président par intérim de Moden Fa.Lumana, Noma Oumarou a saisi cette occasion pour confirmer la tenue, pour le 19 septembre prochain à Niamey, de la conférence nationale et du congrès ordinaire du parti qui devra se prononcer sur «la vie». du parti, les modifications nécessaires à apporter aux textes fondamentaux, ainsi que le renouvellement des organes directeurs du parti ».

Loin de réunir les deux clans qui se disputent la présidence du parti, la réunion du 24 août, bien qu’ayant enregistré la participation des principaux protagonistes de la crise, n’a pas du tout été une masse de réconciliation pour “la famille. Lumana »Qui n’arrive toujours pas à surmonter cette épreuve, à cinq mois des élections générales de 2020-2021.

Une guerre sournoise de positionnement …

Depuis le départ en exil doré du dirigeant de Lumana et les déboires juridiques qui l’ont mis en situation d’inéligibilité, des guerres sournoises de positionnement ont éclaté au sein du parti Lumana FA, où le désordre et l’indiscipline sont à leur comble.

Au MODEM FA LUMANA AFRICA, les blessures sont si difficiles à cicatriser qu’elles risquent de se transformer en effusion de sang d’activistes auprès d’autres partis politiques de la place à la veille des élections générales. Le temps presse pour les élections et le Lumana est loin d’être en ordre de bataille avec l’enchevêtrement juridique sans fin.

Certains observateurs prédisent même que la très grande divergence d’intérêts au sein du parti conduirait à terme à son effondrement. Cependant, ce qui est difficile à prévoir, c’est comment les experts de Lumana pourront se détacher des brides qui les retiennent dans ses arcanes sans être accusés d’avoir trahi le prince, le manitou à qui ils doivent obéissance et déférence?

D’autres soutiennent que la ligne rouge a été franchie depuis que Noma Oumarou a amené le juge à voir Hama Amadou déchu. Ce dernier est désormais réduit à un simple activiste. Noma Oumarou est le seul maître à bord malgré le combat arrière mené par les «légitimistes».

Peut-être, est-ce une opportunité tant recherchée par ces fans quasi inconditionnels de Lumana et admirateurs émus de Hama Amadou de prendre leurs distances et leur liberté? Dans ce cas, ils ne seront plus dans les conditions de disciples d’un certain gourou qui tient tête à tous les membres de ce qui semble être une secte du point de vue de son fonctionnement.

Et face à la situation qui risquerait de détruire leurs espoirs de voir l’un des leurs à la tête du pays à la fin des échéances électorales de 2021, de nombreux militants pensent à un Plan B.Bien que, depuis longtemps déjà, le leader incontesté et incontestable du parti a annoncé les couleurs en disant substantiellement que “quiconque m’empêchera de présenter ma candidature sera lui-même empêché”.

De sa création à nos jours, la posture du MODEM FA LUMANA AFRICA se caractérise par une sorte de culte dédié au leader. Et de cette posture est née la lutte sous forme de fixation des militants vers un objectif bien déterminé: détruire le pouvoir en place même s’il fallait passer par l’insurrection populaire, amener Hama Amadou à la présidence présidentielle par tous les moyens et d’éclater le PNDS Tarayya en mille morceaux.

Les limites objectives de “après moi le déluge” …

Si tel est le sens de la République, l’appartenance à un parti politique est un libre choix et grâce à cette liberté de choix, le citoyen peut mettre fin à cette adhésion sans encourir de représailles d’aucune sorte.

Mais pour des observateurs avertis, cette querelle à Lumana est prévisible pour au moins deux raisons, à savoir la disqualification du président du parti. Et la deuxième raison est inhérente à l’impasse dans laquelle Lumana s’est plongé en prêtant serment de maintenir un candidat qui serait un étranger au vu de ses ennuis juridiques. Le manque de débat et de perspectives d’avenir au sein de Lumana est en soi une prison pour tous ceux qui ont une ambition politique. Face à ce qui ressemble à un suicide collectif au sein de ce parti, la partition interprétée par Noma Oumarou met en évidence les limites objectives du «après moi le déluge» en politique.

Oumar Issoufa et Tiemago Bizo





Source

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici