La haine que nous donnons … – Le Sahel

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Alors, que se passe-t-il dans le pays de l’Oncle Sam? Très malin qui peut nous dire exactement ce qui se passe dans la tête de ces policiers hargneux animés par une envie inextinguible de tirer à tout prix sur des Afro-Américains, comme sur… jeu! À peine trois mois après le meurtre barbare de George Floyd, étouffé sous les genoux d’un sinistre policier blanc, et qui en plus d’avoir mis le feu à l’Amérique, a ému le monde entier dans un tonnerre de condamnations, voici ce que ” un autre policier a vient de récidiver, dimanche 23 août à Kenosha (Etat du Wisconsin) en levant son arme contre un autre noir, Jacob Blake, puis en appuyant sept fois sur la détente tout en visant dans le dos, et jusqu’au bout portant!… Criblée de balles, la victime est actuellement entre la vie et la mort dans un lit d’hôpital. Cette scène horrible, qui a été filmée et partagée par un témoin, a donné le résultat que l’on connaît: un soulèvement général de la communauté noire qui est sortie pour exprimer sa marre de la persistance des violences policières contre la leur. C’est dans ce contexte que mercredi dernier, à son tour, un adolescent blanc a pu s’armer d’un fusil pour tirer sur la foule des manifestants, tuant deux personnes et blessant deux personnes.

Cette flambée de crimes, à connotation fortement raciste, perpétrés contre les Noirs, nous montre toute la pertinence du film “ The Hate U Give ” ou “ La haine que nous lecture ”, sorti en 2018, à travers lequel le réalisateur George Tillman JR. voulait attirer l’attention du monde sur les pures réalités de la violence raciste qui dominent désormais la vie quotidienne de la communauté noire américaine. Et dans la vraie vie, comme dans ce film, tout se passe comme si les actions de ces policiers, prompts à dessiner et à tirer sur des noirs, portaient en eux le germe d’une haine irrésistible qu’il faut forcément donner à l’autre. , sachant bien que “la haine appelle la haine”. Sinon, rien ne pourrait expliquer la répétition de la série noire de gaffes policières qui, à chaque fois, déclenchent des manifestations et des émeutes géantes.

Je me souviens encore de cette scène pathétique du film “ The Hate U Give ” où la jeune fille, Starr Carter (actrice principale), mégaphone à la main, parlait à la police alors qu’elle chargeait, avec une rare violence, une foule de manifestants est venu demander justice pour Khalil, un jeune noir qui venait d’être brutalement abattu par la police. «Nous pouvons parler, nous pouvons hurler; mais ils (la police) refusent de nous entendre! (…) Combien de morts faudra-t-il avant que vous compreniez? Elle leur a dit. Mais cette voix frêle appelant à la raison, ils ne pouvaient pas l’entendre …

Aujourd’hui, la question que tout le monde se pose dans le monde est de savoir quand et comment cet effusion de sang prendra-t-il fin? Malheureusement, à en juger par les déclarations fortes ponctuées de discours dans le cadre de la campagne électorale en cours aux États-Unis, et qui tendent à encourager la rigueur et la force contre les manifestants noirs, on se rend compte que certains acteurs politiques n’ont pas encore compris l’importance de briser le cercle vicieux de la violence raciale de sitôt.

Assane Soumana (onep)



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