La journée de dépassement des ressources naturelles de la Terre s’est retirée en 2020

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En raison de l’épidémie de Covid-19 et du ralentissement économique qu’elle a provoqué, le «jour du dépassement», atteint le samedi 22 août, a chuté de trois semaines en 2020. Cependant, les effets de l’enfermement restent limités sur l’environnement car, selon pour les spécialistes, l’état de la planète continue de se dégrader sur le long terme.

L’humanité a consommé samedi plus de ressources naturelles que la Terre ne peut en renouveler en douze mois: la symbolique «journée de dépassement» est en baisse pour une fois cette année, sous l’effet de la pandémie Covid-19, mais ce n’est pas une bonne nouvelle préviennent ses promoteurs .

Le «Overshoot Day» selon son nom anglais, calculé depuis 2003 par l’ONG américaine Global Footprint Network, vise à illustrer la consommation toujours plus rapide d’une population humaine en expansion sur une planète limitée. Pour le dire de manière colorée, il faudrait 1,6 Terre cette année pour répondre aux besoins de la population mondiale de manière durable.

La date est calculée en croisant l’empreinte écologique des activités humaines (surfaces terrestres et marines nécessaires pour produire les ressources consommées et absorber les déchets de la population) et la «biocapacité» de la Terre (capacité des écosystèmes à se régénérer et à absorber les déchets produits par l’homme , en particulier la séquestration du CO2).

Une échéance toujours plus précoce

Le «dépassement» se produit lorsque la pression humaine dépasse les capacités de régénération des écosystèmes naturels. Selon l’ONG, elle n’a cessé de croître depuis cinquante ans: 29 décembre en 1970, 4 novembre en 1980, 11 octobre en 1990, 23 septembre en 2000, 7 août en 2010.

L’année dernière, elle est tombée le 29 juillet. L’année 2020 marque donc un répit rare, mais imputable aux conséquences de la pandémie mondiale qui a paralysé des pans entiers de l’activité humaine, repoussant la date de trois semaines, et non à un changement systémique.

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“Il n’y a rien à célébrer car cela vient avec la souffrance. Ce n’est pas fait exprès, mais par une catastrophe”, a souligné jeudi Mathis Wackernagel, président de Global Footprint Network lors d’un événement en ligne. Et d’avertir: “C’est comme avec de l’argent: vous pouvez dépenser plus que ce que vous gagnez, mais pas pour toujours”.

Les comportements que le «jour du dépassement» remet en cause et leurs conséquences sont en effet largement documentés par les scientifiques, du changement climatique à la disparition catastrophique des espèces et des écosystèmes.

Encore beaucoup d’efforts à faire

Les derniers rapports des experts de l’ONU identifient clairement les directions à suivre: réduction des émissions de gaz à effet de serre, sortie des énergies fossiles ou encore changement radical du modèle de production agro-alimentaire.

Pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris de 2015 et maintenir l’élévation globale de la température “bien en dessous de 2 ° C par rapport aux niveaux préindustriels, et si possible à 1,5 ° C, les émissions de gaz à effet de serre devraient baisser de 7,6% par an” , seclilon l’ONU.

Selon une étude publiée début août par la revue Nature Climate Change, la baisse sans précédent des émissions de gaz à effet de serre lors des confinements due à Covid-19 (qui pourrait atteindre 8% selon cette étude, plus de 10% selon Global Footprint) va ne rien faire pour ralentir le réchauffement climatique, en l’absence de changement systémique de l’énergie et de l’alimentation.

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Global Footprint Network insiste sur ce point, notamment via la campagne #movethedate (pour repousser la date), en veillant à ce que réduire de 50% les émissions de CO2 résultant de la combustion d’énergies fossiles permettrait de repousser le dépassement de plus de 90 jours, ou réduire de moitié la consommation de protéines animales pendant 15 jours.

Marco Lambertini Directeur général du WWF, partenaire de l’événement depuis 2007, veut espérer qu’après le Covid, et les réflexions qu’il a suscitées sur des modèles de société, les humains pourront «apprendre de ce que cette pandémie a mis en évidence: l’insoutenable, relation gaspilleuse et destructrice que nous entretenons avec la nature, la planète “.

Avec l’AFP



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