La justice algérienne rejette la demande de libération du journaliste Khaled Drareni

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La demande de mise en liberté provisoire du journaliste Khaled Drareni, en détention depuis fin mars et devenu le symbole de la lutte pour la liberté de la presse, a été refusée mercredi par la justice algérienne, selon le Comité national pour la libération du les détenus.

Khaled Drareni est toujours en détention. La justice algérienne a refusé mercredi 27 mai, la demande de libération provisoire du journaliste, en détention depuis fin mars, a déclaré à l’AFP le Comité national pour la libération des détenus (CNLD). Incarcéré au centre pénitentiaire de Kolea, à l’ouest d’Alger, le 29 mars, en attendant son procès, le journaliste est devenu le symbole de la lutte pour la liberté de la presse.

“L’acte d’accusation du tribunal d’Alger a confirmé le rejet de la demande de libération provisoire du journaliste détenu Khaled Drareni”, a déclaré Kaci Tansaout, porte-parole de la CNLD, une association de soutien aux prisonniers.

Mettre fin au «harcèlement ciblé des médias indépendants»

Directeur du site d’information en ligne Casbah Tribune et correspondant de la chaîne de télévision française TV5Monde et de l’ONG Reporters sans frontières (RSF) en Algérie, Khaled Drareni est accusé “d’incitation à un rassemblement non armé et d’atteinte à l’intégrité du territoire national”. Ce dernier avait couvert, début mars à Alger, une manifestation de “Hirak”, le mouvement anti-régime populaire qui a secoué l’Algérie pendant plus d’un an jusqu’à sa récente suspension en raison de l’épidémie de Covid-19.

“Khaled Drareni n’a commis aucune infraction au code pénal algérien. C’est un journaliste qui faisait son boulot. Il est accusé d’avoir filmé la marche du 7 mars” d’Hirak “à Alger, a expliqué à l’AFP l’un de ses avocats, Me Mustapha Bouchachi.

“Les conditions de mise en prison ne sont pas réunies”, a ajouté l’avocat. “Maintenant, il est en prison et il n’y a pas eu d’enquête. Je considère que la loi n’est pas respectée par le système judiciaire algérien.”

De leur côté, plusieurs ONG algériennes et internationales de défense des droits de l’homme et de la liberté de la presse ont exhorté les autorités algériennes à libérer Khaled Drareni et à mettre fin au “harcèlement ciblé par les médias indépendants”.

En baisse de 27 places par rapport à 2015, l’Algérie apparaît cette année au 146e place (sur 180) au classement mondial de la liberté de la presse 2020 établi par RSF.

Près de 50 prisonniers d’opinion et politiciens en prison

Depuis le début de la pandémie de coronavirus en mars et l’arrêt forcé des marches, les organisations de défense des droits de l’homme dénoncent la répression qui s’opère, malgré les risques sanitaires, contre les opposants politiques, les journalistes et les médias indépendants mais aussi contre les jeunes internautes qui postent leurs opinions sur Facebook.

Selon le dernier décompte de la CNLD, près de 50 prisonniers d’opinion et politiciens sont toujours en prison. Parmi eux, Hicham Sahraoui a été condamné mercredi à un an de prison, dont six mois fermés par le tribunal d’Ain Temouchent (ouest), selon la CNLD.

En outre, Toufik Hassani, un ancien policier célèbre d’Algérie, arrêté à plusieurs reprises après avoir pris publiquement position en faveur de “Hirak”, a été entendu mercredi par le juge d’instruction de la prison de Ténes (ouest d’Alger), où il est emprisonné depuis son arrestation, le même jour que Khaled Drareni.

Selon son comité de défense, l’affaire Hassani fait toujours l’objet d’une enquête. Il est accusé de cinq crimes, notamment “d’atteinte à l’intégrité du territoire national”, de “provocation directe à une assemblée non armée” et “d’agression ou de violence contre les services de sécurité”.

À la fin de l’enquête, les cinq chefs d’accusation peuvent être retenus. Le juge d’instruction peut également ordonner le licenciement de chacun d’eux.

Avec AFP





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