la justice libère Karim Tabbou, figure emblématique de “Hirak”

0
42



Publié le: Modifié:

La justice algérienne a décidé jeudi de libérer Karim Tabbou, figure emblématique du mouvement populaire anti-régime de “Hirak”. Ce geste pourrait annoncer d’autres sorties d’opposants, à la veille de l’anniversaire de l’Indépendance.

Une libération symbolique. La justice algérienne a décidé jeudi 2 juillet de libérer la figure emblématique de “Hirak”, Karim Tabbou. “La demande de mise en liberté provisoire a été acceptée. Tabbou sera libéré jeudi”, a déclaré l’un des avocats de l’opposant, Maître Abdelghani Badi.

Il devrait être libéré jeudi après-midi.

Emprisonné depuis le 26 septembre 2019, Karim Tabbou a été condamné en appel le 24 mars à un an de prison pour “atteinte à l’intégrité du territoire national”.

Au cours de ce procès, l’accusé a refusé de comparaître sans la présence de ses avocats, mais le juge a refusé d’accéder à sa demande. Karim Tabbou avait été malade lors d’une audition, victime d’une hypertension artérielle, selon ses avocats.

L’opposant est également poursuivi pour “atteinte au moral de l’armée” dans une autre affaire, dont le procès a été reporté au 14 septembre.

Soixante-dix prisonniers d’opinion derrière les barreaux

Les ONG des droits de l’homme ont salué la décision de la justice algérienne. “L’Algérie, a finalement libéré Karim Tabbou. Un grand soulagement en attendant les autres”, a immédiatement tweeté Said Salhi, le vice-président de la Ligue algérienne des droits de l’homme.

“Bonne nouvelle: liberté provisoire pour #KarimTabbou”, a ajouté Amnesty International, qui avait lancé une campagne internationale pour sa libération. Et d’exiger “la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers d’opinion en Algérie”.
“Karim Tabbou libéré par ses ravisseurs. Il reste tous les autres. Il restera alors en justice”, a tempéré Abdellah Benadouda, fondateur de Radio Corona International (RCI), une station pro “Hirak” basée aux États-Unis.

Selon le Comité national pour la libération des détenus, une association de soutien, près de 70 prisonniers d’opinion sont actuellement derrière les barreaux, la plupart pour des publications Facebook.

Geste d’apaisement avant l’anniversaire de l’Indépendance?

Karim Tabbou est l’un des visages et des voix les plus célèbres de “Hirak”, le mouvement de protestation anti-régime qui a éclaté le 22 février 2019. Leader d’un petit parti d’opposition non enregistré, l’Union démocratique et sociale (UDS), son portrait a été régulièrement brandi lors de manifestations hebdomadaires en Algérie.

“Nous sommes heureux pour Tabbou et sa famille, c’est une décision qui est la bienvenue. Nous attendons la libération de tous les détenus, ce serait un bon geste d’apaisement”, a déclaré un autre avocat, Me Mustapha Bouchachi.

Un premier signe? Mercredi soir, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a gracié six détenus, dont trois liés à “Hirak”. La présidence a rendu compte de cette clémence dans un communiqué publié avant le 58e anniversaire de l’indépendance, célébré dimanche, qui est l’occasion d’appels à l’unité nationale.

Depuis son élection le 12 décembre 2019, Abdelmadjid Tebboune avait décrété plusieurs grâces présidentielles au profit de milliers de prisonniers, mais jusqu’à présent, les détenus de “Hirak” ont été exclus.

Outre Karim Tabbou, une autre militante connue, Amira Bouraoui, a également été libérée jeudi.

Avec AFP





Source

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici