La lutte traditionnelle perd une de ses icônes – Le Sahel

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Le sport nigérien et la lutte traditionnelle en particulier sont en deuil suite au décès de l’ancienne championne Harouna Abdou qui a été appelée à Dieu le vendredi 15 mai 2020 à Tahoua, sa région natale. C’était un gladiateur incomparable, un athlète hors pair. L’histoire se souviendra de la vivacité et du patriotisme de l’homme qu’il a affectueusement appelé “Le taureau de l’Ader” pour avoir honorablement représenté le Niger dans les compétitions internationales. Le défunt avait accordé une interview à notre reporter à Bouza en novembre 2017 dans le cadre du parti tournant Tahoua Sakola que la capitale de la région a accueilli

Surnommé le taureau Ader selon sa taille, Harouna Abdou est l’un des grands animateurs des arènes de 2002 à 2014. Né en 1979 à Sabon Guida dans la commune rurale de Tamaské, il a débuté sa carrière professionnelle en 2002 en parlant de sa carrière sportive , il nous a confié avoir appris la lutte au village dès son enfance. Après s’être installé à Abidjan, il a affronté les grands lutteurs de la région de Tahoua qui partaient pour la Côte d’Ivoire. Par la force des choses, ils ont détecté le talent de la jeune Harouna Abdou, qui peut être très utile pour l’équipe de la région de Tahoua qui recherchait des jeunes talentueux. C’est pourquoi à chaque rencontre, ils l’ont encouragé à retourner dans le giron afin de mettre en valeur son talent. Après de nombreuses tentatives, les anciens ont finalement convaincu Harouna Abdou de retourner dans le pays. À son retour, il a participé à la sélection régionale qui s’est déroulée à Keita en vue de constituer l’équipe qui devrait participer au championnat national de lutte traditionnelle à Tillabéry en 2002. Lors de la sélection, Harouna Abdou s’est imposé en retirant de son chemin toutes ses adversaires. Sélectionné parmi les représentants de la région, il s’est mis au travail pour convaincre rapidement le public national de sa force et de son talent.

Devant la presse, il a avoué ses intentions, c’est-à-dire celles de remporter le prestigieux sabre. Pour certains catcheurs, c’est un cauchemar, pour les optimistes, c’est la confession d’un jeune ambitieux et ils ont cru ses paroles. Les rencontres interrégionales ont été révélatrices du jeune talent “Ader’s Bull” qui a franchi avec succès la première phase, créant ainsi la surprise. Cette année, la finale a opposé deux (2) lutteurs de Tahoua à savoir Hassan Adamou et Harouna Abdou, et c’est Hassan Adamou qui a été couronné champion, Harouna Abdou étant Vice-champion. Après cette première participation, symbole de découverte et de capitalisation des expériences, l’Ader’s Bull dispose désormais d’atouts incontestables.

En 2006, il a affronté le redoutable Oumarou Ali Bindigao de Maradi à Diffa en finale. Le jeune Taureau n’a pas pu résister à la force brutale de l’expérimenté Bindigao au sommet de son art. Loin d’être découragée, Harouna Abdou a poursuivi sa carrière. Au Championnat d’Agadez 2007, il a remporté le sabre devant Tsahirou Natabawa de Maradi. A Dosso en 2008, il prend sa revanche sur Bindigao et devient champion national deux (2) années consécutives. En 2009, il a perdu la finale face à Laminou Maï Daba d’Agadez face à son public de Tahoua.

Harouna Abdou a pris sa retraite à Diffa en 2014 avec deux (2) sabres, trois (3) titres de vice-champion et 9 coupes nationales à son actif. Sur le plan international, Harouna Abdou a vaillamment défendu les couleurs nationales en remportant plusieurs médailles d’or en lutte traditionnelle comme en judo. Même s’il a pris sa retraite, il est toujours avec de jeunes lutteurs dont les conseils et les conseils ont toujours été utiles.

Harouna Abdou n’avait pas de lutte exclusivement. C’est un fermier. Il travaille dans son domaine pendant la campagne agricole pluvieuse et consacre son temps à la culture des oignons dans les campagnes irriguées. Cela lui permet aujourd’hui de prendre soin de sa famille. Au cours de sa vie, l’Ader Bull a toujours plaidé auprès des autorités pour créer les conditions permettant aux jeunes lutteurs de bénéficier de l’expérience de gloires anciennes face à l’émergence de la lutte traditionnelle au Niger. Il a témoigné que dans de nombreux pays qu’il a visités, le gouvernement s’intéresse beaucoup aux athlètes de haut niveau. “Ce qui n’est pas le cas au Niger où vous êtes important quand vous êtes dans l’arène. Et quand vous cessez de vous battre, vous êtes oubliés”, a-t-il déploré, tout en critiquant la façon dont les vieilles gloires sont traitées au Niger.

Harouna Abdou, était à la dernière édition du Sabre National à Maradi où il accompagnait l’équipe de Tahoua. Cette maladie, qu’il traînait depuis près de trois ans, a finalement prévalu. À Dieu Champion.

Laouali Souleymane, Envoyée spéciale (onep)



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