La militante anti-Bouteflika Amira Bouraoui condamnée à un an de prison en Algérie

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La militante Amira Bouraoui, célèbre opposante à l’époque du président déchu Abdelaziz Bouteflika, a été condamnée dimanche à un an de prison. Une décision de justice qui intervient dans un climat de répression accrue.

Ex-militante du mouvement Barakat (“Assez!”), Elle s’est fait connaître en 2014 en jouant l’opposition au quatrième mandat du président Bouteflika. Amira Bouraoui a été condamnée à un an de prison le dimanche 21 juin pour “délit à l’islam”, “délit” au président de la République Abdelmadjid Tebboune et “incitation à violer le confinement”, en “exposant directement la vie d’autrui ou leur physique” l’intégrité en danger “pendant la crise sanitaire.

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L’opposant a également été accusé de “publication (sur les réseaux sociaux) qui pourrait porter atteinte à l’unité nationale” et “informations ou informations, fausses ou diffamatoires, susceptibles de porter atteinte à la sécurité ou à l’ordre public”.

Appel

“Cette condamnation est injustifiée, le dossier est vide. Nous allons faire appel”, a déclaré à l’AFP Me Mustapha Bouchachi, son avocat. L’accusation avait demandé 18 mois de prison à l’encontre de ce militant de “Hirak”, le mouvement de contestation qui avait poussé Abdelaziz Bouteflika à démissionner en avril 2019.

“Ce type de procédure judiciaire qui dure depuis des mois ne peut apaiser les esprits politiquement parlant. Ce n’est pas le meilleur moyen de s’ouvrir à la société, aux militants et à la révolution pacifique”, a expliqué Bouchachi.

Amira Bouraoui, gynécologue de 44 ans, mère de deux enfants âgés de 12 et 16 ans, a été immédiatement emprisonnée. Elle a été arrêtée chez elle mercredi soir et placée en garde à vue.

Les condamnations des militants de Hirak augmentent

La justice a multiplié ces derniers jours les poursuites et les condamnations de militants de “Hirak”, d’opposants politiques, de journalistes et de blogueurs, le pouvoir cherchant à stopper le retour de la protestation au moment du début de la déconfinement.

La plupart des poursuites sont fondées sur un nouveau code pénal, adopté à la hâte le 22 avril au milieu d’une crise sanitaire due au Covid-19.

Cette vague de répression a fait dire à certains détracteurs du pouvoir que la situation des droits de l’homme en Algérie est pire aujourd’hui qu’à l’époque de Bouteflika, notamment en ce qui concerne la liberté de la presse.

Depuis le 7 juin, le pays assouplit les restrictions imposées pour endiguer la propagation du nouveau coronavirus, bien que toute forme d’assemblage soit strictement interdite depuis la mi-mars.

Cela n’a pas empêché, vendredi dernier, des centaines d’Algériens de reprendre les manifestations dans les provinces, notamment en Kabylie (nord-ouest), selon des sources locales.

Procès de proches de Bouteflika

Près de 500 personnes ont été arrêtées à travers le pays lors de ces manifestations interdites, avant que la majorité d’entre elles ne soient libérées, selon Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne des droits de l’homme (LADDH).

Parmi la centaine de manifestants placés en garde à vue après leur arrestation vendredi, près de vingt ont été placés dimanche sous mandat d’arrêt. Les autres ont été soit condamnés à des peines de prison, soit suspendus, soit condamnés à une amende, soit libérés dans l’attente de leur procès.

Avant la vague d’arrestations de vendredi, le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) avait identifié une soixantaine de prisonniers liés au “Hirak” en détention.

Né en février 2019 d’une énorme marre, le “Hirak” exige un changement du “système” en place depuis l’indépendance en 1962. En vain, jusqu’à présent, même s’il a obtenu le départ d’Abdelaziz Bouteflika après vingt ans au pouvoir .

De plus, les vastes enquêtes pour corruption et favoritisme lancées après la chute d’Abdelaziz Bouteflika ont conduit à une série de procès.

Dimanche, l’homme d’affaires Ali Haddad, ancien patron omnipotent des patrons liés à l’ex-président, est revenu en justice à Alger lors d’un nouveau procès pour corruption. Deux anciens premiers ministres du président Bouteflika – Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal – sont accusés de ce procès, qui a été reporté au 23 juin.

Avec AFP





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