La Nation rend hommage à un grand serviteur de l’Etat – Le Sahel

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Deux jours après le décès de l’ancien président de la République, M Mamadou Tandja, à Niamey, les funérailles officielles ont été organisées au Palais de la Présidence, hier jeudi 26 novembre. Autour du Président de la République Issoufou, des hautes personnalités dont des anciens chefs d’Etat se sont réunis pour rendre les honneurs suprêmes de la Nation  à celui qui a été un militaire loyal et patriote de carrière, un cadre de commandement dévoué, un ambassadeur exemplaire, un homme politique devenu président de la République visionnaire et pragmatique, bref un serviteur  du peuple au sens vrai du terme.

C’est à 9 heures exactes que le Président de la République  Issoufou Mahamadou  est arrivé au Palais pour se joindre aux hommes et femmes allés se recueillir, avec lui, devant la dépouille de l’ancien  Président  que de nombreux nigériens appellent affectueusement « Baba Tandja » et prier pour le repos éternel de son âme. Après l’hymne national et la sonnerie aux morts, le corps est porté par des éléments mixtes des Forces de Défense et de Sécurité sous la direction du commandant du groupement national des Sapeurs-pompiers, le colonel Sidi Mohamed. Dans un  silence total, les porteurs arrivent au pied de la table pour déposer le cercueil enveloppé du drapeau national  contenant le corps de l’illustre personnage, suivis par toute l’assistance, de regards affligés.

Ce silence et l’émotion vive se lisant sur tous les visages dont certains en pleurs renseignent à suffisance sur la grandeur de l’homme, ce qu’il vaut et qu’il incarne pour les nigériens en général, représentés pour la circonstance par ce gotha réuni autour du Président Issoufou Mahamadou. Ce beau monde débout, têtes baissées et  uni dans la douleur de la perte d’un monument qui a tout et tant donné pour son pays est là  pour lui dire «Adieu».   Comme toujours en pareilles circonstances, le moment de l’oraison funèbre est arrivé. Un de ses proches amis, collaborateurs en la personne de l’ancien Premier ministre et ancien médiateur de la République, M Mamane Oumarou, a eu l’insigne honneur mais aussi  la lourde tâche de se mettre devant la dépouille de son ami pour prononcer ce discours d’hommage à l’illustre disparu.  A pas lourds, Mamane Oumarou avance et arrive devant ce cercueil enveloppé du drapeau national contenant le corps de l’ancien Président de la République,  celui-là même  qui a été, pour lui, un collaborateur et  un collègue, un compagnon politique, puis un président de la République pour parler de sa vie, sa carrière militaire, administrative, diplomatique et  politique. L’ancien Président Tandja était avant tout un soldat, forgé dans la pure, dure et  rude tradition militaire ayant intégré les rangs des Forces Armées Nigériennes en février 1963 après avoir été libéré de l’armée coloniale française qu’il a servie de 1956 à 1963. L’homme qui a une carrière militaire, administrative, diplomatique  et politique bien remplie  a servi exclusivement  son pays, a dit M Mamane Oumarou soulignant que  chaque nigérien était convaincu que sa «mission est justement d’être au service de ce  peuple,

notamment de  son monde rural, des femmes et de la jeunesse».  Né en 1938 dans la ville de Mainé Soroa, dans  sa carrière de soldat, l’ancien ami de longue date de Mamane Oumarou a gravi les échelons dans ce noble corps jusqu’au grade d’officier supérieur des FAN de lieutenant-colonel avant sa retraite en 1991. Hormis son parcours militaire, le Président Tandja a été un administrateur militaire aux qualités exceptionnelles que lui reconnaissait le général  Seyni Kountché, alors  Président du Conseil Militaire Suprême (CMS) dont lui-même était membre plus de 13 années durant. Ce qui lui a valu toute la confiance de son patron et compagnon qui l’a nommé préfet par deux fois (Maradi et Tahoua), puis ministre de l’intérieur durant son règne. Par la suite, il sera ambassadeur au Niger et à nouveau ministre de l’intérieur. Le couronnement de cette riche carrière de ce multi médaillé ayant bénéficié de hautes distinctions et décorations, a été la magistrature suprême que le peuple lui a confiée en 1999, une fonction qu’il exerça pendant plus d’une décennie avec pragmatisme et don de soi, comme toutes les autres fonctions qu’il a occupées au cours de sa longue carrière. En effet, a rappelé l’ami Mamane Oumarou, après sa retraite qu’il ne voulait pas tranquille parce qu’estimant qu’il pouvait encore servir son pays, Mamadou Tandja, qui a sacrifié sa jeunesse au service de la Nation nigérienne, s’est engagé en politique au sein du MNSD qu’il a dirigé plusieurs années, lequel parti politique lui a permis de se hisser à la présidence de la République. Et c’est là qu’il se révélera à l’ensemble du peuple nigérien et qu’il fera valoir davantage son pragmatique, qu’il fera preuve de son patriotisme pour le Niger et de son attention particulière pour l’intérêt général   au-delà de toute autre considération, a laissé entendre l’ancien médiateur de la République. Au magistère qu’il a placé sous le signe de la lutte contre la pauvreté et l’amélioration des conditions de vie des populations, le Président Tandja a montré son attachement à la justice sociale et le respect des biens publics, a dit l’orateur le qualifiant d’homme de conviction et d’action prêt à tous les sacrifices. Il  a déployé toute son énergie et fait preuve d’initiative pour réussir son pari de faire reculer la pauvreté au Niger, restaurer ou pérenniser la paix et la sécurité. Mamane  de vouloir pour preuve la flamme de la paix qui a amené 17 fronts armés à déposer les armes dès le début de son 1er mandat.  Pour la jeunesse, celui qu’on affectionne de «Baba Tandja» a redonné le sourire aux contractuels et  aux étudiants,  d’une part en procédant au recrutement sans concours et  en augmentant le montant des pécules et d’autre part créant les IUT et dotant l’université et instituts de moyens conséquents et en institutionnalisant l’aide sociale aux étudiants non boursiers. Au plan politique, l’auteur de l’oraison funèbre a mis l’accent sur la paix et la stabilité institutionnelle ayant prévalu dans le pays sous son magistère, lui qui est l’initiateur de plusieurs  cadres idoines de dialogue social et politique. Mamane Oumarou a conclu en disant que le peuple éploré du Niger et à qui il manque aujourd’hui,  lui reste reconnaissant. A ses deux (2) épouses et ses dix (10) enfants qu’il a cités nommément les larmes aux yeux, l’ancien  médiateur a exprimé la compassion et  présenté les condoléances de la Nation,  tout en ajoutant que c’est le peuple nigérien dans son ensemble qui devient orphelin avec le rappel à Dieu du Président Tandja Mamadou. A la fin de la lecture de l’oraison funèbre, une fatiah a été dite pour demander à Dieu de couvrir le défunt de  bénédiction. Le Président de la République, après s’être incliné devant le cercueil en guise de respect, est allé présenter personnellement ses condoléances à la famille du disparu. C’est dans l’ambulance du groupement national des sapeurs-pompiers que le corps du Président Tandja est sorti du palais  de la Présidence, devant une foule chagrinée, à destination de l’Aéroport international Diori Hamani d’où un avion l’amène à sa ville natale de Mainé Soroa pour le dernier et ultime voyage sans retour. Repose en paix Baba Tandja !

Zabeirou Moussa(onep)



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