La Renaissance en difficulté

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Publié dans Politique

La Renaissance a connu les pires moments de sa gouvernance. Pris par ses actes de mauvaise gouvernance, il fait face depuis des semaines à de vives critiques de la part des Nigérians de tous bords qui ne peuvent pas comprendre comment, quand vous faites semblant d’aimer votre pays, vous pouvez le faire saigner blanc jusqu’à un tel niveau de criminalité. Pourtant Issoufou et son système avaient œuvré pour donner une image irréprochable de leur gouvernance, jouant avec les discours pour peaufiner leur image en oubliant qu’au lieu que ce soient eux qui disent le bien de leur gestion, c’est aux Nigériens qui bénéficient de leurs actions qu’ils devraient laissez-le faire des éloges pour célébrer leurs actions s’ils le méritent. Mais ce sont eux-mêmes qui peuvent chanter en vain leur gouvernance, en disant à quiconque veut les entendre que ce serait incomparable, car “les promesses seraient tenues” ou que personne n’aurait fait comme eux. Ce sont leurs propres griots et les Nigériens ne peuvent être félicités, surtout lorsque la réalité qu’ils vivent est assez différente.

Depuis que les socialistes refusaient de partager le pouvoir, le voulant pour eux seuls, nous avions compris que c’était refuser toute transparence dans la gestion des affaires publiques. Ils aiment les manigances, les affaires juteuses, et pour cela, ne peuvent pas traiter en toute transparence avec un autre, il était un allié, afin de ne pas avoir à partager et être seul pour profiter de ce qu’ils considèrent comme “leur pouvoir”. Alors que Bazoum Mohamed pourrait avoir le courage de reconnaître que leur régime aura péché en ne combattant pas l’impunité et en particulier en punissant les crimes dont les camarades étaient coupables, un autre, un de leurs amis – Feu Salif Diallo dans ce cas – qui a travaillé à la Renaissance comme conseiller à la présidence du Niger tout en étant un adversaire déclaré de Blaise Campaoré alors au pouvoir; avait été ennuyé par la gestion de ses amis, en se confiant à un journal international dans lequel il exprimait toute sa stupéfaction de les voir en un temps record se lever du sol et construire des bâtiments insolents au prix de centaines de millions quand lui, pour sa modeste villa au Burkina, a mis des années à finaliser. L’homme par cette critique qui se libère de toute considération, montre combien même s’ils pouvaient être amis et socialistes, il pourrait être si différent de ne pas comprendre et d’accepter leur façon de gérer. Cette appréciation peut, à elle seule, nous faire comprendre la monstruosité des crimes dont les camarades nigérians étaient coupables, tous les pillages systématiques que les hommes de la Renaissance pouvaient effectuer pour leur confort et pour la “tranquillité” du clan. Si l’ami aurait pu s’en dégoûter, c’est sans doute parce qu’il avait atteint les sommets de l’intolérable de se plaindre et de le confier à un journal. Pourtant, les hommes qu’il a critiqués l’ont bien aidé.

Mais alors que les Burkinabés pourraient être prompts à sanctionner un tel comportement, comme ils viennent de donner l’exemple, où après une dénonciation par la société civile, il n’a pas hésité à emprisonner un ministre de la défense, accusé d ‘”infraction d’apparence”, au Niger pour plus grave , avec en plus, le sang des hommes qui accablent les pirates de l’air et leurs complices, nous tâtonnons, hésitons, à la recherche de quelques subterfuges pour éviter les camarades criminels, la honte et l’humiliation.

Pouvons-nous également être un bon leader lorsque nous ne sommes pas en mesure de réprimer notre camp afin qu’il serve de leçon et que la loi ait une fonction pédagogique pour avoir un effet dissuasif d’abord sur ceux à qui nous avons confiance en leur confiant des missions et qui doivent pouvoir le mériter par leur comportement vis-à-vis des affaires publiques, vis-à-vis du bien public que la Constitution a consacré. Cependant, Zaki comme il aime appeler ses fans n’a jamais eu l’audace de punir ceux qui, dans sa gestion, ont commis le pire détournement de fonds de l’histoire du pays. Cependant, comme au Burkina Faso, pays des hommes droits, comme si nous, nous ne devrions plus être, pour le délit d’apparition, au Niger, nous aurions pu avoir la même intransigeance pour traquer les camarades associés à la gestion des services publics. affaires et qui sont coupables de détournement de fonds. Pourquoi alors ne devraient-ils pas aller en prison alors que la faute est reconnue et qu’elle est grave? Sont-ils plus nigérians qu’un autre? Pourquoi voulez-vous régler à tout prix une affaire aussi grave à l’amiable? Les Nigériens peuvent-ils accepter cette double arnaque? La société civile, l’opposition et tous les partis politiques patriotiques, les syndicats et les autorités centrales, tous les Nigériens, peuvent-ils continuer à garder le silence et à regarder les hommes traiter un cas d’une telle ampleur à leur convenance, en dehors des principes de droit, juste pour protéger la clan? N’est-il pas urgent de former un front national contre ce vaste complot qui est mené contre le peuple après avoir volé son argent et ruiné son armée? Combien de temps allons-nous garder le silence? Faut-il donc croire qu’un peuple n’a que les dirigeants qu’il mérite? Comment se fait-il que le président Issoufou, si rigoureux dans ses discours pour prêcher la gestion parcimonieuse des fonds publics, manifeste aujourd’hui tant de faiblesses à l’égard de ses camarades, qu’il ne peut s’empêcher de paraître impuissant à piller l’État, pour voler les Nigériens de leur des biens? Comment cela lui est-il arrivé?

On peut extrapoler pour trouver des réponses à cette situation surprenante qui porte gravement atteinte à l’image d’un homme qui a travaillé pendant toute son opposition à se construire une image modèle de lui-même, image qui malheureusement ne peut plus le reconnaître aujourd’hui. Il y a d’abord la sentimentalité par laquelle il croyait devoir de la gratitude, quel que soit le degré de tergiversation envers ceux envers qui il se croyait redevable, pour leur pardonner leurs fautes. Et l’on dit que l’homme serait reconnaissant en amitié d’avoir quitté son enfer conscient de cette faiblesse, “paître” jusqu’à vider toutes les prairies pour ne laisser aucun pâturage aux prochains prédateurs qui, souvent arrivés tard, l’image de ce Mnsd, devait se contenter de récoltes dérisoires, glanées dans l’empire dévasté de la Renaissance. Mais il y a pire. Puisqu’il a fait le choix d’associer la famille à la gestion de l’État et en particulier du Fils, il ne peut que se rendre vulnérable, montrant et offrant par cette autre faiblesse, un argument au sein de son système même, aux autres doutent de son action et ses prétendues rigueurs. Ne peut-il plus faire confiance à un autre dans le parti, faute de pitié pour l’enfant qu’il vient sacrifier dans cette jungle où, forcément, à l’intérieur comme à l’extérieur de son système, «on ne peut pas avoir pitié de ses épaules politiques encore fragiles dont une ombre paternelle protège, et laisse peut-être agir à sa guise jusqu’à la faute? Cependant, quand elle est connue de tous, et surtout quand tout le monde sait que la faute est aussi dans la maison, on peut aimer lutter contre l’impunité, cela ne peut être délicat que pour un père qui, comme un père Goriot, pourrait aimer jusqu’au la folie des enfants, ne peut pas non plus voir leurs excès, encore moins leurs défauts. Se peut-il donc que ce soit ce drame que vit le Père de la Nation que de telles actions imprudentes auraient pu perdre et plonger dans la dépression? Assez de spéculations, et laissez le temps révéler des secrets, car comme le dit le célèbre musicien Bob Marley, “le temps nous le dira”.

Rien ne nous permet donc de l’admettre encore, mais les développements futurs des dossiers de la Défense devront certainement lever les coins de voile pour révéler toutes les ramifications de l’affaire, toutes ses complicités et ses complications, et certainement les sérieux secrets qui justifient ces grands des silences autour de l’affaire scabreuse sur laquelle, pendant quelque temps, au pouvoir, personne n’ose s’aventurer, tous ayant peur de ses gourmandises.

Pourquoi est-ce que tout le monde se tait aujourd’hui, incapable de dire un mot sur le scandale du siècle?

Il va sans dire que la Renaissance a réalisé la gravité de son crime, se rendant compte qu’elle ne peut utiliser aucun autre subterfuge pour faire taire l’affaire, et calmer l’indignation d’un peuple qui n’en fait pas partie. Et les gens ne comprennent pas. Les Nigérians ne comprennent pas. Peut-être même que le socialisme lui-même ne comprend pas.

Et cette question inquiétante vient: Issoufou, ne peut-il pas être au courant de toute cette mascarade? Personne ne peut y croire, surtout lorsqu’il s’agit d’une question aussi sensible et sérieuse que celle de la sécurité, pour laquelle la Constitution fait de lui le chef suprême des forces armées. Dire que tout aurait dépassé sa tête ne peut être qu’une incongruité que même les esprits naïfs ne peuvent pas croire. Mais alors pourquoi hésite-t-il à agir, à punir à la hauteur des fautes commises par des personnes qui auraient abusé de sa confiance et qui portent ainsi leur sérieux. le sang des enfants de la nation sur leurs mains avides? Peut-il donc avoir les mains sales ainsi qu’une partie du suspect, ne serait-ce que parce que son entourage immédiat pourrait être impliqué dans la mafia?

Faut-il croire qu’Issoufou est victime de ses choix complaisants de ne pas savoir choisir le bon homme au bon endroit? Il peut être risqué de favoriser les personnes pour lesquelles, au nom d’une parenté ou d’une relation, il peut être difficile de punir. Comme quoi, il est interdit à quiconque d’être un Kountché. Ah, grands hommes, quand tu nous manques! Aussi, on pourrait penser que les socialistes nigériens, pour leur formation politique, n’ont pas lu que Le Prince de Machiavel, et qu’ils auraient pu compléter leur culture du livre avec Antigone par Jean Anouilh qui, face à l’entêtement d’Antigone à braver les lois de la ville qu’il a le devoir de respecter et de faire respecter, sait se dessaisir, tirant les leçons de la dialectique du droit et du devoir, des considérations familiales dans lesquelles les jeux de la petite fille pourraient le pousser à assumer ses obligations de leader qui ne peut pas faire de compromis et être faible même lorsqu’il doit appliquer la loi contre sa nièce qui l’aurait violé et qui pourrait entraîner son propre fils dans la mort, qui devrait se marier. Un leader a besoin d’une main lourde qui ne peut trembler face à aucun défi lorsque les circonstances l’exigent. Issoufou Mahamadou, peut-il comprendre que l’heure est sérieuse et qu’il est désormais face à lui-même. On peut donc comprendre l’état d’esprit d’un homme qui fait face à un drame cornélien: châtier d’être laissé avec sa conscience et avec un peuple sachant qu’une telle audace pourrait conduire son régime à sa chute inévitable, ou tenter l’impunité pour un si grave importe, de s’exposer et de faire face au peuple et à l’histoire? Le choix n’est difficile que pour le prince pris au piège. C’est le bordel.

C’est d’autant plus compliqué pour le régime qui a vainement tenté d’utiliser la pandémie comme bouclier pour se protéger de la vague suscitée par l’audit du ministère de la Défense. Il s’avère d’ailleurs que le régime ne parvient même pas à construire une solidarité même fictive autour de l’affaire derrière laquelle il aurait souhaité que tous les membres du MRN s’unissent pour maintenir sa cohésion et abriter un pouvoir qui tremble d’être découvert dans de tels cas graves.

Sinon, comment pouvons-nous conclure un accord sur le mal, surtout quand nous ne faisions pas partie de ceux qui auront profité de la saison de dévastation qui a renversé l’État?

Mais encore une fois, pourquoi, malgré l’indignation du peuple, celle de son ministre de la Défense profondément dégoûté par la découverte des dommages et la gravité des actes incriminés, le magistrat suprême hésite à donner l’exhortation exemplaire qui est essentielle et à être en phase avec les gens qui gémissent? Ne peut-il pas sacrifier ceux cités dans l’affaire ne serait-ce que pour se protéger des soupçons de complices préjudiciables à sa propre réputation, ici et ailleurs dans le monde où il est allé chercher ces médailles? jonque qui fait de lui le champion de tout? Qu’a-t-il à protéger en ne montrant pas une réelle volonté d’élucider le dossier sur lequel le peuple l’attend et qui met un point noir, une tache même sur sa fin de gouvernance?

Issoufou, parce qu’il est appelé à partir prochainement, ne doit plus continuer à jouer un rôle dilatoire pour reporter un procès qui ne peut, en tout état de cause, avoir lieu qu’aujourd’hui, demain ou un autre jour. Pour les enfants morts, pour leur mémoire, pour la trahison dont ils sont les victimes inoubliables, le peuple doit exiger justice et réparation, car il est immoral de bâtir son confort sur le cadavre des autres. Ce crime, pour l’histoire, ne peut donc rester impuni. S’il ne le fait pas, quelqu’un d’autre le fera un jour. Nécessairement.

Après tout, les hommes passent, les institutions restent!

Gobandy

06 juin 2020
La source: Le monde aujourd’hui

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