La Sierra Leone fait un premier pas vers l’abolition de la peine de mort

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Le gouvernement de la Sierra Leone a annoncé, mercredi, au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU son souhait d’abolir la peine de mort dans le pays. La dernière exécution remonte à 1998 : celle de 24 officiers, fusillés sur une plage proche de Freetown pour une tentative de coup d’État.

“Respecter les droits humains fondamentaux”. Le gouvernement sierra-léonais a décidé de soumettre au Parlement l’abolition de la peine de mort, a indiqué, mercredi 12 mai, le vice-ministre de la Justice, Umaru Napoleon Koroma.

Cette ancienne colonie britannique d’Afrique de l’Ouest a souvent été critiquée par les défenseurs des droits de l’Homme pour avoir maintenu jusqu’à présent la peine de mort dans son arsenal juridique. Aucune exécution n’a cependant eu lieu depuis plus de vingt ans, les sentences étant généralement commuées en peine de réclusion à perpétuité.

“Une fois que la législation aura été soumise au Parlement et qu’elle aura été approuvée, c’en sera fini de l’histoire de la peine de mort” dans ce pays pauvre de quelque 7,5 millions d’habitants, a félicité Umaru Napoleon Koroma.

Le gouvernement du président Julius Maada Bio a “pris cette décision pour faire respecter les droits humains fondamentaux des Sierra-Léonais”, a ajouté le vice-ministre.

La dernière exécution remonte à 1998

La date à laquelle le texte sera présenté au Parlement n’était pas connue dans l’immédiat, mais le gouvernement a fait part de sa décision, mercredi, au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, a précisé Umaru Napoleon Koroma.

La Constitution sierra-léonaise de 1991 prévoit la peine capitale pour le vol aggravé, le meurtre, la trahison et la mutinerie. En 2020, 39 condamnations à mort ont été prononcées dans le pays, soit près du double qu’en 2019, selon Amnesty International.

Mais la dernière exécution remonte à 1998 : celle de 24 officiers, fusillés sur une plage proche de Freetown pour une tentative de coup d’État.

Malgré un sol regorgeant de diamants, la Sierra Leone est l’un des pays les plus pauvres de la planète. Son économie, gangrenée par la corruption, a été dévastée par une guerre civile atroce (1991-2002) qui a fait quelque 120 000 morts.

Un outil de pression

En 2004, la Commission vérité et réconciliation mise en place après la guerre civile avait conclu que le conflit avait “abouti à l’avilissement de la vie et de la dignité humaine” et que les gouvernements successifs avaient “abusé de la peine de mort pour éliminer des opposants politiques”. Aussi avait-elle appelé l’État à renoncer à la peine capitale, pour “montrer l’exemple”.

Mais dans les années qui ont suivi, le moratoire sur les exécutions a été fragilisé par la montée de la violence des gangs et la pression d’une opinion publique réclamant des sanctions plus dures. Les dirigeants ont pour leur part brandi le possible recours à la peine de mort pour tenter d’endiguer ces violences.

L’ambassadeur de l’Union européenne en Sierra Leone, Tom Vens, a salué la décision du président Bio, élu en 2018. “Nous poursuivrons notre partenariat avec vous pour promouvoir un agenda progressiste en matière de droits humains”, a déclaré sur Twitter le représentant de l’UE, qui a fait de l’opposition à la peine capitale l’un des principes de sa diplomatie.

Selon Amnesty International, fin 2020, on comptabilisait 144 pays abolitionnistes en droit ou de facto, c’est-à-dire n’ayant pas procédé à des exécutions au cours des dix dernières années. Soit près des trois quarts des États dans le monde.

Avec AFP



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