la société civile et les «relais communautaires» en première ligne contre Covid-19

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Nathalie Augusto est une résidente amérindienne de Saint-Georges, qui a travaillé comme «relais communautaire» avec l’association! Dsanté.

Au cours des deux premières semaines, j’ai fait du porte-à-porte avec un autre «relais communautaire», pour dire aux gens qu’ils pouvaient aller se faire dépister et pour les informer sur l’épidémie en général, les barrières gestuelles, etc.

Puis une personne du secteur de la santé nous a accompagnés, pour proposer aux personnes âgées de passer le test directement à domicile. C’était généralement quelqu’un de France métropolitaine qui venait travailler en Guyane pendant deux semaines. J’ai souvent dû traduire, car certains résidents ne parlent pas français, mais portugais, créole ou palikur – ma langue maternelle.

Site de dépistage au village Espérance 1, à Saint-Georges, avec deux infirmières et deux “relais communautaires”. Photo envoyée par Nathalie Augusto.

Photo 1: Nathalie Augusto, une autre “relais communautaire” et animatrice de l’association! Dsanté, est sur le point de faire du porte-à-porte dans la ville de Maripa, à Saint-Georges. Photo 2: deux “relais communautaires” mobilisés dans le village de l’Espérance, à Saint-Georges. Photos envoyées par Nathalie Augusto.

Nous avons également distribué des kits alimentaires [selon la sous-préfète, les besoins alimentaires sont “généralisés” en Guyane, NDLR] et des kits de santé, contenant des masques en tissu, du savon, mais aussi des serviettes hygiéniques et des préservatifs.

Préparation de kits, pour les habitants de Saint-Georges. Photo envoyée par Nathalie Augusto.

La plupart des habitants étaient assez réceptifs à nos messages, mais d’autres étaient plus méfiants ou se moquaient de nous. Certains nous ont dit: “Le virus ne va pas nous tuer”, “nous n’allons pas l’attraper si nous buvons de l’alcool”, “le virus a peur du chaud” … Je pense que les plus difficiles à convaincre étaient ceux dans ma communauté parce qu’ils ont tendance à penser qu’ils peuvent eux-mêmes trouver des remèdes contre le virus. En général, au début, de nombreux résidents pensaient que le virus n’existait pas, qu’il s’agissait d’une invention, mais que cela a changé lorsque les premiers cas ont été identifiés.

Nos contrats ont pris fin il y a environ deux semaines, car presque tous les résidents qui souhaitaient se faire tester ont bénéficié de l’appareil. Dans l’ensemble, je me suis senti utile, la plupart des habitants ont compris que nous étions là pour les aider.

Concernant la méfiance de certains habitants, le docteur Bastien Bidaud ajoute:

La Guyane est une mosaïque d’ethnies, de cultures, de langues, de milieux de vie et de contextes socio-économiques très différents. Tout le monde ne réagit pas aux messages de prévention de la même manière. Tout le monde n’a pas la même vision du corps, ni de la maladie. Certains ont un univers magico-religieux très développé. Tout cela rend le travail de prévention et d’information plus difficile, même si nous sommes habitués à travailler avec des médiateurs culturels et à «aller vers».

Des infirmières et un animateur du! Association Dsanté à Trois Paletuviers, une région au nord de Saint-Georges. Photo envoyée par Nathalie Augusto.

Selon Bastien Bidaud, 421 cas positifs ont été enregistrés au total à Saint-Georges (environ 9% de la population). Cependant, il a noté une “diminution du nombre de cas positifs et de consultations pour Covid-19 suspecté au cours des deux ou trois dernières semaines”.

Au total, depuis début mars, 5 949 cas positifs ont été enregistrés dans toute la Guyane, où 26 personnes sont déjà décédées de Covid-19. Les trois hôpitaux de la région sont saturés: ils ont donc lancé un «plan blanc» début juillet, afin de mobiliser toutes les ressources humaines et matérielles possibles dans la lutte contre l’épidémie, dont le pic est attendu mi-juillet.

Dans une chronique publiée lundi dans Le Monde, Christiane Taubira, l’ancienne ministre de la Justice, née au Guyana, a dénoncé le fait que les services publics n’étaient “pas à la hauteur de l’égalité républicaine” dans la région, et que c’était le “prix”. de trente ans de négligence dans la politique de santé publique “.

Article écrit par Chloé Lauvergnier (@clauvergnier).





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