La Tunisie se prépare à un gouvernement de technocrates

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Le futur cabinet tunisien, présenté lundi soir par le Premier ministre désigné, Hichem Mechichi, compte huit femmes sur 28 ministres et secrétaires d’État. Parmi eux, des hauts fonctionnaires, des universitaires et des cadres privés.

En Tunisie, le Premier ministre désigné, Hichem Mechichi, a présenté lundi 24 novembre son futur gouvernement, le deuxième en six mois, composé majoritairement de technocrates, et qui doit encore obtenir l’approbation du Parlement.

De nombreux partis parlementaires se sont dits mécontents d’avoir été démis du cabinet, tout en évoquant la nécessité de voter la confiance dans ce gouvernement pour éviter d’entraîner le pays, déjà en difficulté économique, vers des élections législatives anticipées.

Le futur cabinet compte huit femmes sur 28 ministres et secrétaire d’État, dont beaucoup sont peu connues du grand public. Parmi eux, des hauts fonctionnaires, des universitaires ou des cadres du secteur privé.

Parties séparées

Un patron de banque, Ali Kooli, prend la tête d’un ministère centralisant l’Economie, les Finances et l’Investissement. Les Affaires étrangères ont été confiées à Othman Jarandi, un diplomate de carrière qui avait déjà occupé ce poste en 2013. Le ministre de la Défense Ibrahim Bartagi est un universitaire, selon plusieurs médias.

Hichem Mechichi, un Enarque de 46 ans, ignore ainsi les appels du parti d’inspiration islamiste Ennahdha et de son allié libéral Qalb Tounes, à former une équipe politique composée de membres des différents partis.

Hichem Mechichi est le troisième chef de gouvernement nommé depuis les élections législatives d’octobre 2019, qui ont donné naissance à un Parlement brisé en une multitude de formations antagonistes. Le principal parti, Ennahdha, ne détient qu’un quart des sièges et peine à former une coalition.

Le Parlement doit décider

Un Premier ministre choisi par Ennahdha n’avait pas réussi en janvier à convaincre une majorité de députés. L’actuel chef du gouvernement, Elyes Fahfakh, nommé par le président Kais Saied, a été contraint de démissionner en juillet par Ennahdha, au milieu d’un conflit d’intérêts présumé.

Hichem Mechichi, actuel ministre de l’Intérieur, a également été choisi par Kais Saied, mais son cabinet ne comprend que quelques ministres sortants.

Le sort du gouvernement doit être décidé lors d’une session parlementaire exceptionnelle dans les dix prochains jours. Le gouvernement devra alors obtenir le soutien d’au moins 109 députés sur 217. Sinon, le président Saied, très critique du système parlementaire partisan, pourrait dissoudre l’Assemblée et convoquer des élections anticipées pour début 2021.

Des finances préoccupées

Les partis, et en particulier Ennahdha, s’inquiètent de l’impact d’une telle crise sur l’opinion publique, déjà exaspérée par les querelles politiques qui agitent le Parlement, alors que les finances du pays sont inquiétantes. Cette réticence est accentuée par les sondages suggérant une percée d’un petit parti anti-islamiste, le PDL, en cas d’élections.

Ennahdha et Qalb Tounes, qui détiennent ensemble 81 sièges, n’ont pas encore pris une position claire. Le leader d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, tout en critiquant vivement le choix d’exclure les partis, décision antidémocratique selon lui, a admis dimanche que ce dernier pourrait se résoudre à soutenir le gouvernement pour éviter une nouvelle élection.

Près de dix ans après la révolution, la jeune démocratie tunisienne est affaiblie par les luttes de pouvoir paralysant la vie politique, et la précarité de son économie, aggravée par la pandémie qui a détruit des milliers d’emplois.

Compromis difficile

Le président Saied, spécialiste inexpérimenté du pouvoir, largement élu en octobre 2019 dans un contexte de méfiance à l’égard des hommes d’affaires depuis la révolution de 2011, a fait des questions sociales sa priorité.

En plus de gérer le rebond de Covid-19, le gouvernement devra reprendre les discussions avec le Fonds monétaire international (FMI), dont le programme quadriennal a expiré au printemps, lutter contre le chômage qui atteint désormais 18%, et tenter de réformer le grand public. secteur, largement déficitaire.

S’il convainc la majorité des députés, il reste à voir quelle sera sa marge de manœuvre, compte tenu de la difficulté à constituer une solide coalition gouvernementale entre des partis peu disposés à faire des compromis.

Avec l’AFP



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